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Élections de mi-mandat : les démocrates remportent la Chambre, les républicains conservent le Sénat

La leader de la minorité à la Chambre des représentants Nancy Pelosi célèbre la victoire des démocrates aux élections de mi-mandat.

Photo : Reuters / Jonathan Ernst

Radio-Canada

Deux ans après la victoire surprise de Donald Trump à la présidence des États-Unis, les Américains confirment cette fois-ci les résultats anticipés : les démocrates reprennent le contrôle de la Chambre des représentants, portés notamment par une vague de candidates victorieuses, et les républicains sont en bonne voie de consolider leur majorité au Sénat.

Un texte de Sophie-Hélène Lebeuf

À l'issue des élections de mi-mandat de mardi, démocrates et républicains se partagent donc le contrôle du Congrès, mais l'ampleur de leur victoire respective à la Chambre et au Sénat reste à préciser.

Au lendemain du scrutin, le dépouillement n'a pas encore permis de déterminer les vainqueurs d'un peu moins de 20 courses à la Chambre, dont plusieurs en Californie. Au Sénat, l'issue de deux luttes n'est toujours pas connue. Un troisième siège sénatorial fera l'objet d'un deuxième tour à la fin du mois.

S’ils ont échoué à faire déferler une vague bleue sur la Chambre des représentants, les démocrates ont néanmoins retrouvé la majorité qu’ils avaient perdue en 2010. Les médias prédisent qu'ils obtiendront quelques sièges de plus que les 23 nécessaires pour reprendre le contrôle de la Chambre.

À 15 h, mercredi, les démocrates comptaient 223 sièges, contre 199 pour les républicains, selon CNN. Les projections variaient légèrement d'un média à l'autre.

Les démocrates ont engrangé des gains importants dans l'État de New York, en Pennsylvanie, en Iowa, en Illinois, en Virginie et au Texas.

En Pennsylvanie, les démocrates ont réalisé un gain net de trois sièges, bénéficiant du redécoupage de la carte électorale, que la Cour de l’État avait jugée en faveur des républicains.

Le sort de la Chambre s'est joué dans des districts qui avaient élu des représentants républicains en 2016, mais avaient préféré Hillary Clinton à Donald Trump. Dans plusieurs cas, il s'agit de banlieues éduquées et aisées, traditionnellement républicaines. Dans plusieurs de ces districts, les sondages révélaient que les électrices républicaines étaient réfractaires au président.

Sharice Davids lève le poing en l'air en s’adressant à ses partisans.

La démocrate Sharice Davids s’adresse à ses partisans à la suite de son élection comme représentante du troisième district du Kansas, le 6 novembre 2018.

Photo : Associated Press / Colin E. Braley

Au Kansas, un État conservateur, les électeurs d'un de ces districts ont élu une démocrate au profil atypique. Sharice Davids, une combattante professionnelle d'arts martiaux mixtes, sera une des deux premières Autochtones du Congrès et la première lesbienne à représenter son État à Washington.

La délégation démocrate en Californie devrait conquérir quelques bastions républicains au coeur du comté d’Orange, en banlieue de Los Angeles. Le démocrate Harley Rouda semble en voie de défaire le républicain Dana Rohrabacher, dans l'eau chaude en raison de liens troubles avec la Russie. Ils sont toujours au coude-à-coude, plus de 12 heures après la fermeture des bureaux de vote.

Dans cet État, les électeurs ont par ailleurs réélu le républicain Duncan Hunter, un pro-Trump accusé de détournement de fonds électoraux.

À New York, un autre partisan du président accusé de délit d'initié, Chris Collins, a lui aussi obtenu un nouveau mandat.

Selon les projections, un nombre record de femmes – une centaine – devraient faire leur entrée à la Chambre en janvier 2019.

Le record de 85 femmes a été établi en 2016. La Chambre en compte actuellement 84. Le contingent féminin sera essentiellement formé par des démocrates.

D'après les estimations du New York Times, 114 millions d’Américains ont voté, contre 83 millions en 2014.

Un nouveau rapport de force entre la Chambre et la Maison-Blanche

Nancy Pelosi, souriante, derrière un podium, entourée de quelques personnes, dont deux enfants.

La leader de la minorité démocrate à la Chambre des représentants des États-Unis, Nancy Pelosi, célèbre sa victoire à Washington.

Photo : Reuters / Jonathan Ernst

Dans un message laconique publié sur Twitter tard mardi soir, le président Donald Trump a pour sa part revendiqué un « immense succès », malgré une victoire en demi-teintes.

Fait à noter, il a appelé la leader de la minorité démocrate actuelle à la Chambre, Nancy Pelosi, pour la féliciter.

Au lendemain du scrutin, il a joué la carte de la collaboration, tout en mettant en garde les démocrates contre toute tentative de multiplier les enquêtes à son endroit.

Certaines commissions de la Chambre présidées par les démocrates risquent de vouloir enquêter sur de présumés conflits d’intérêts de Donald Trump, notamment avec la Russie et l’Arabie saoudite, ou de son administration et voir les déclarations de revenus de Donald Trump, qu'il a toujours refusé de rendre publiques.

À la Chambre, il devra à tout le moins composer avec une majorité démocrate beaucoup plus hostile.

Dans un discours de victoire prononcé depuis la Californie, dont elle est l’une des représentantes, Nancy Pelosi a averti, sans nommer explicitement le président, qu'il y aurait dorénavant un réel équilibre des pouvoirs avec la présidence.

Nancy Pelosi a néanmoins promis de mettre en œuvre un programme bipartisan.

[Une Chambre] démocrate travaillera pour trouver des solutions qui nous rassemblent. Nous en avons tous assez de la division.

Nancy Pelosi, leader de la minorité démocrate à la Chambre des représentants

Nancy Pelosi, qui a déjà dirigé la majorité démocrate de la Chambre, veut reprendre ce rôle, mais certains démocrates, notamment au sein de la nouvelle génération d'élus, réclament un nouveau leadership pour leur parti.

Elle a promis de défendre les intérêts des Américains, notamment en protégeant leur accès à une assurance maladie même en présence de problèmes de santé existants.

Plusieurs femmes démocrates feront figure de pionnières

La démocrate Ilhan Omar est souriante alors qu'elle s'adresse à ses partisans à la suite de son élection.

La démocrate Ilhan Omar s’adresse à ses partisans à la suite de sa victoire dans le 5e district du Congrès du Minnesota, le 6 novembre 2018.

Photo : Associated Press / Hannah Foslien

Les démocrates afficheront un visage plus diversifié, entre autres grâce à leurs candidates féminines victorieuses.

Rashida Tlaib, du Michigan, et Ilhan Omar, du Minnesota, deviennent les premières musulmanes élues au Congrès.

Une autre Autochtone, elle aussi démocrate, écrira l'histoire avec Sharice Davids : Deb Haaland, du Nouveau-Mexique.

Au Massachusetts, Ayanna Presley, dont l'élection était une formalité en l'absence de tout candidat républicain, sera la première Afro-Américaine à représenter son État au Congrès.

Fait à noter, la Pennsylvanie, dont la délégation à la Chambre était entièrement masculine, comptera dorénavant quatre femmes, toutes démocrates, sur 18 représentants.

Les républicains victorieux au Sénat

Ted Cruz s'adresse à ses partisans, le micro à la main.

Le républicain Ted Cruz a célébré sa victoire après avoir conservé son siège.

Photo : Reuters / Cathal McNaughton

Sur les 35 sièges en jeu cette année (dans 33 États), 26 étaient occupés par des démocrates.

Profitant d’une carte électorale qui les favorisait, les républicains conserveront le Sénat et consolideront sans doute leur majorité.

Ils disposeront d'un minimum de 51 sièges, tandis que les démocrates sont assurés de 46 sièges, selon les projections de CNN.

Le contrôle du Sénat se jouait dans une douzaine d'États, où l'issue des courses était incertaine. Le président a d'ailleurs multiplié les rassemblements partisans dans plusieurs États républicains cruciaux.

Les républicains ont défait des démocrates vulnérables dans des États qui avaient soutenu Donald Trump avec de très vastes majorités lors de la présidentielle de 2016.

Trois démocrates sont ainsi tombés au combat, forcés de s'effacer devant des partisans enthousiastes du président.

Au Dakota du Nord, le représentant Kevin Kramer a évincé Heidi Heitkamp, dans un scénario qui semblait joué d'avance. L'opposition de la sénatrice à la nomination du juge Brett Kavanaugh à la Cour suprême, le mois dernier, a sans doute été le clou dans le cercueil. Sa décision a été impopulaire dans un État qui a voté pour Donald Trump avec une marge de 36 points.

Le procureur général du Missouri, Josh Hawley, a battu Claire McCaskill. En Indiana, Mike Braun, un homme d’affaires qui, à l’instar de Donald Trump, se positionne comme « l’outsider voulant assainir le marécage de Washington », a battu Joe Donnely.

Les républicains ont également réussi à protéger leurs acquis. Ils ne défendaient que neuf sièges, dont plusieurs châteaux forts.

Au Texas, le sénateur républicain Ted Cruz a résisté aux assauts du démocrate Beto O’Rourke, qui avait réussi à enthousiasmer les démocrates et bon nombre d’indépendants.

La républicaine Martha Blackburn a conservé le château fort républicain du Tennessee, malgré la présence d'un candidat vedette chez les démocrates : Phil Bredesen, ancien maire de Nashville et ex-gouverneur. Elle sera la première femme élue sénatrice de cet État.

Notons que l'ancien gouverneur du Massachusetts Mitt Romney, candidat malheureux lors de la présidentielle de 2012, fait, sans surprise, son entrée au Congrès comme sénateur de l'Utah.

Un gain et quelques survivants chez les démocrates

La représentante démocrate Jacky Rosen s'adresse à ses partisans après sa victoire.

La représentante démocrate Jacky Rosen fera son entrée au Congrès en janvier prochain.

Photo : Associated Press / John Locher

Dans sa défaite démocrate au Sénat, le parti a cependant chassé un républicain.

Au Nevada, la représentante démocrate Jacky Rosen a battu Dean Heller, l’unique républicain à défendre un État qui a préféré Hillary Clinton en 2016.

Joe Manchin, seul démocrate à avoir approuvé la nomination du juge Brett Kavanaugh à la Cour suprême, a pour sa part conservé son siège en Virginie-Occidentale. Les électeurs de l'État sont pourtant des pro-Trump convaincus : en 2016, le président y a été élu avec 42 points d’avance.

Malgré un procès pour corruption, qui a avorté, son collègue Bob Menendez, du New Jersey, a été réélu.

Au Montana, le sénateur démocrate sortant, Jon Tester, a remporté la lutte serrée qui l'opposait au républicain Matt Rosendale, le vérificateur de l’État. Très populaire auprès de l’électorat de l'État, le président Trump avait fait de cette course une affaire personnelle. Il reproche à Jon Tester d'avoir fait dérailler la nomination de son candidat au poste de secrétaire des Anciens Combattants.

Les électeurs ont confié la tâche de terminer le mandat de l’élu démissionnaire du Minnesota, qui sera échu en 2022, à sa successeure intérimaire, Tina Smith.

Des États en prolongation

Un montage montre le sénateur démocrate de la Floride Bill Nelson (à gauche) et le gouverneur républicain Rick Scott.

Le sénateur démocrate Bill Nelson défend son siège contre son opposant républicain, le gouverneur Rick Scott.

Photo : Reuters / Kevin Kolczynski

La majorité exacte du Sénat ne sera connue qu'à la fin du mois, à l'issue d'un deuxième scrutin au Mississippi.

Outre cet État, deux autres sont toujours dans la balance, et les dépouillements se poursuivent pour départager les vainqueurs des vaincus.

En Arizona, la représentante Martha McSally tentait de garder dans le giron républicain le siège du républicain Jeff Flake, ardent critique du président Trump.

La première femme pilote de chasse de l’armée américaine affrontait la représentante démocrate Kyrsten Sinema, une centriste qui a déjà milité pour le Parti vert. Une certitude : la candidate victorieuse sera la première femme à représenter l’Arizona au Sénat. L’État n’a pas eu de sénateur démocrate depuis plus de 20 ans.

Comme prévu, la Floride fait l'objet d'une lutte très serrée entre le sénateur démocrate sortant, Bill Nelson, et le gouverneur républicain sortant, Rick Scott. À peine 0,4 point de pourcentage sépare les deux adversaires. Une différence de moins de 0,5 point de pourcentage entraîne un recomptage automatique, mais le sénateur Nelson a déjà réclamé un nouveau dépouillement.

Au Mississippi, un deuxième scrutin sera nécessaire, puisqu'aucun des candidats n'a obtenu 50 % des voix lors de l'élection primaire de qualification. L'élection, qui se déroulera le 27 novembre, opposera les deux meneurs : la successeure intérimaire du sénateur démissionnaire, la républicaine Cindy Hyde-Smith, et le démocrate Mike Espy, un ancien représentant de la Chambre qui a été secrétaire à l’Agriculture dans l’administration de Bill Clinton. Cindy Hyde-Smith est la favorite dans cet État favorable aux républicains.


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