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Attrait et défis des épiceries zéro déchet

Flavie Morin devant plusieurs récipients contenant des aliments de vrac
Flavie Morin a ouvert une deuxième succursale de son épicerie zéro déchet sur l'avenue Cartier en septembre. Photo: Radio-Canada / Nahila Bendali
Radio-Canada

Les épiceries zéro déchet connaissent un engouement à Québec et Lévis avec l'ouverture de nouveaux commerces dans les derniers mois. L'impact de ces épiceries reste toutefois limité dans le domaine alimentaire.

Un texte de Nahila Bendali

Depuis le début du mois de novembre, les Lévisiens qui souhaitent réduire leur consommation de plastique peuvent remplir leurs contenants réutilisables d’aliments en vrac ou de produits ménagers à l’épicerie Bidon Rempli.

La propriétaire de l'entreprise, Anne-Sophie Lemieux, s’est lancée en affaires par conscience environnementale.

La propriétaire de l'épicerie parle avec une cliente à l'intérieur Anne-Sophie Lemieux a ouvert son premier commerce, une épicerie zéro déchet, à Lévis au début du mois de novembre. Photo : Radio-Canada / Éric Careau

Après avoir étudié à Québec dans les dernières années, où elle fréquentait les épiceries zéro déchet, Anne-Sophie Lemieux a souhaité combler un manque sur la rive sud du fleuve. Les épiceries conventionnelles de Lévis ne convenaient plus à son mode de vie.

En allant dans les épiceries conventionnelles, j’ai fait le saut avec la différence de consommation, évoque-t-elle.

C'est grâce à une campagne de sociofinancement et l'appui de la population qu'elle a pu lancer son entreprise. En 35 jours, la femme d’affaires a réussi à récolter 15 000 $ pour démarrer son commerce.

Je suis vraiment contente. On voit que la réponse des gens est positive, affirme la jeune entrepreneure.

Lors de la présence de Radio-Canada le jour de l'ouverture au début du mois, il y avait un va-et-vient constant dans le commerce.

Plus d'offre à Québec

À Québec, l’épicerie la Récolte a pignon sur rue à Limoilou depuis bientôt deux ans. Récemment, une deuxième succursale a ouvert ses portes sur l’avenue Cartier.

On va chercher une nouvelle clientèle qui n’était pas prête à faire les efforts, parce qu’elle était trop loin, explique la propriétaire, Flavie Morin.

L’entrepreneure a remarqué une évolution dans la connaissance du mouvement depuis quelques années.

Au début, il fallait expliquer c’est quoi le zéro déchet. Aujourd’hui, on voit les gens passer, ils ne se posent plus la question, ajoute Mme Morin.

Une cliente remplit son contenant de beurre d'arachides. Les clients rapportent leurs propres contenants et les remplissent dans les épiceries zéro déchet. Photo : Radio-Canada / Nahila Bendali

Encore des défis

Malgré la réponse positive de la clientèle, des défis demeurent pour les propriétaires de ces commerces qui se veulent écoresponsables. L’approvisionnement de produits en vrac peut constituer un casse-tête.

C’est deux grands débats. Soit on achète en gros, mais c’est pas local, ou on achète local, mais c’est petit, illustre Anne-Sophie Lemieux.

Les produits qu'elle ne peut se procurer à proximité viennent de fournisseurs de l'extérieur, ce qui engendre un coût environnemental à cause du transport. La propriétaire mentionne qu'elle tente le plus possible d'acheter localement.

Autre défi : trouver des fournisseurs qui réduisent eux-mêmes l'emballage de leurs produits. Ça peut être difficile de changer les mentalités, selon Flavie Morin.

Les grossistes qui travaillent déjà avec l’emballage, l’entreprise est construite comme ça. C’est important de faire la demande quand même, estime-t-elle.

Elle ajoute que les petits fournisseurs locaux sont plus flexibles sur cet aspect.

Normes à respecter

Flavie Morin est bien consciente par ailleurs qu’elle n’offre pas tous les produits qu’on retrouverait dans une épicerie conventionnelle. On est surtout dans le sec. En vrac, il y a certaines normes à respecter, mais notre but n’est pas d’être une épicerie complète, précise-t-elle.

Une épicerie zéro déchet à QuébecUne épicerie zéro déchet à Québec Photo : Radio-Canada / Nahila Bendali

Impossible de trouver viande, poulet ou poisson dans ces épiceries pour l’instant. Certains consommateurs soucieux de l’environnement demandent aux bouchers des épiceries conventionnelles de mettre leurs produits dans des contenants réutilisables.

Bien que non interdite par le ministère de l'Agriculture, des Pêcheries et de l'Alimentation du Québec (MAPAQ), cette pratique soulève des questions de salubrité, croit l’Association des détaillants en alimentation du Québec.

De son côté la chaîne Metro dit étudier la question, mais ne l’autorise pas pour le moment, toujours pour des questions de salubrité.

Refuser tous les produits à usage unique, réduire la consommation de biens, réutiliser tout ce qui peut avoir une 2e vie, recycler tout ce qui peut l'être, composter les différents déchets organiquesZéro déchet : les 5 règles Photo : Radio-Canada / Vincent Wallon / Flaticon.com

Une lutte à plus grande échelle?

Les clients qui fréquentent les épiceries zéro déchet font de la lutte à l'emballage et au plastique leur combat.

J’ai deux enfants en bas âge, je vois le monde dans lequel ils évoluent. Les océans, c’est un vrai désastre. Le recyclage, ce n’est pas assez. Il faut réutiliser nos pots, lance Marie-Michelle Guay-Breton, une habituée de ces commerces.

L’effort est louable, croit le professeur au département d’économique de l’Université Laval Patrick Gonzalez, mais ce n’est pas assez pour avoir un réel impact.

Il faut encourager des initiatives réglementaires et légales, comme on a au Québec, dit-il.

Le professeur évoque la Loi sur la qualité de l’environnement, qui exige des entreprises de financer la collecte sélective des emballages qu’elles produisent.

Patrick Gonzalez ajoute que l’emballage alimentaire n’est pas la seule constituante de l’empreinte écologique d’un produit.

« Si c’est un produit importé, c’est arrivé par bateau ou par avion. C’est des considérations environnementales beaucoup plus lourdes. »

Québec

Alimentation