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Débats des chefs : l'ex-gouverneur général David Johnston en comité

L'ex-gouverneur général du Canada David Johnston.

L'ex-gouverneur général David Johnston s'est présenté en comité parlementaire, le mardi 6 novembre 2018, pour discuter de sa nomination comme commissaire aux débats des chefs.

Photo : La Presse canadienne / Sean Kilpatrick

La Presse canadienne

David Johnston signale qu'il a l'intention de laisser aux médias un rôle important dans le façonnement des débats des chefs et qu'il ne compte pas s'immiscer dans les décisions plus pointues, comme la sélection des animateurs.

L'ancien gouverneur général s'est présenté en comité parlementaire, mardi, pour discuter de sa nomination à titre de commissaire aux débats. Il s'est dit « honoré » d'avoir été choisi afin de piloter l'exercice et a promis de verser son salaire à des oeuvres caritatives.

À la table du comité, les représentants des partis d'opposition l'ont interrogé sur la manière dont il a été désigné par le gouvernement de Justin Trudeau – c'est-à-dire de façon unilatérale.

Le témoin n'a pas souhaité se prononcer sur cette question. « C'est une décision qui ne relève pas de ma responsabilité, et je suis prêt à servir », a expliqué M. Johnston en mêlée de presse à l'issue de sa comparution.

Nomination unilatérale

Au cours de la séance, le député néo-démocrate David Christopherson s'est longuement et vigoureusement insurgé contre le fait d'avoir été placé devant cette nomination unilatérale des libéraux.

C'est un embarras abyssal et une insulte au Parlement que le gouvernement libéral pense qu'il peut unilatéralement déclarer, par décret, comment le processus des débats va fonctionner, comment les règles vont être établies, et qui va le faire.

David Christopherson, député néo-démocrate

Au moins deux débats

En dévoilant la mise sur pied de cette commission, la semaine dernière, les libéraux remplissaient un engagement contenu dans leur plateforme électorale de 2015. Le but était de mettre fin aux « manoeuvres partisanes entourant les débats ».

La commission sera chargée d'organiser au moins deux joutes oratoires, une en français et l'autre en anglais. Elle en confiera la production à un diffuseur ou un consortium de diffuseurs, qui rendra le débat disponible gratuitement pour quiconque souhaite le diffuser.

La mise sur pied de cette nouvelle entité a suscité des questions quant au rôle des médias, qui pilotent traditionnellement l'exercice. À l'issue de son témoignage, l'ex-gouverneur général a suggéré qu'il comptait leur laisser une marge de manoeuvre appréciable.

Sur le choix des animateurs, par exemple, il a dit vouloir fournir avec le comité consultatif des « orientations ». Car « trop aller dans les détails [...] pourrait faire en sorte que ce serait notre idée plutôt que celle des experts », a-t-il allégué en mêlée de presse.

L'ancien représentant de la reine a par ailleurs été questionné à la table du comité sur l'un des critères déterminant si un chef de parti obtiendra ou pas un carton d'invitation – celui d'« avoir une chance légitime de remporter des sièges lors des prochaines élections ».

Il a convenu que cette condition laissait place à une certaine « interprétation », mais il s'est dit certain de pouvoir arriver à trancher.

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