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La dépression force un agriculteur de Normandin à tout abandonner

Le bâtiment de ferme avec un silo.
La ferme Boisfort sera démantelée. Photo: Radio-Canada / Mélissa Paradis

C'est la hantise de bon nombre d'agriculteurs : devoir se départir de l'entreprise familiale qui a souvent été entre les mains de plusieurs générations.

Sous peu, le propriétaire de la ferme Boisfort de Normandin devra mettre à l'encan ses vaches en raison des nombreux défis du milieu agricole, ceux qui l'ont mené à la dépression.

Horaires atypiques, manque de main-d'œuvre, baisse des revenus et incertitudes entourant les accords commerciaux, voilà quelques-uns des facteurs qui auront eu raison de la passion qui anime Bruno Fortin depuis 20 ans.

Je me sens un peu un lâcheur, mais ma vie valait plus que ça. C'est ça que le monde doit comprendre. C'est qu'une vie, ça vaut plus qu'une passion ou une job, raconte Bruno Fortin.

Un homme se tient debout dans sa ferme. Derrière, il y a des vaches laitières.Bruno Fortin a mis 20 ans à construire sa ferme. Photo : Radio-Canada / Mélissa Paradis

Pour s'en sortir, Bruno Fortin a passé une semaine à l'Accueil pour les familles d'agriculteurs de Saint-Hyacinthe, une organisation qui offre hébergement et ressources psychosociales.

Pour détecter la détresse chez les producteurs, des sentinelles sont constamment formées, allant de l'ami au banquier.

Je vous dirais que, dans un secteur économique comme l'agriculture ou dans d'autres secteurs, l'homme est encore surreprésenté dans le nombre de suicides au Québec. Mais, la bonne nouvelle, c'est que ça a diminué dans les derniers 10 ans. On a beaucoup plus d'hommes qui sont ouverts à la demande d'aide, explique André Houle, directeur général du Centre de prévention du suicide 02.

Une femme parle au téléphone. Il y a deux écrans d'ordinateur devant elle.Le Centre de prévention du suicide 02 invite les personnes qui en ont besoin de faire appel à ses services. Photo : Radio-Canada

L'Union des producteurs agricoles (UPA) est au fait de cette réalité. Le syndicat tente actuellement de trouver des solutions comme la création d'une coopérative de main-d'oeuvre.

Ça serait de la main-d'œuvre disponible pour des besoins particuliers. Mettons, un producteur a besoin d'une semaine de vacances, ça peut arriver comme tout le monde, ou bien pour des problèmes de santé. Il y a des producteurs qui ont retardé volontairement des opérations médicales parce qu'ils n'avaient pas de main-d'œuvre, souligne Mario Théberge, président régional de l’UPA.

Bruno Fortin ne sait pas ce que lui réserve le futur. S'il choisit aujourd'hui de parler de son expérience, c'est pour encourager les agriculteurs à demander de l'aide alors que la détresse psychologique peut être perçue comme un signe d'échec dans le milieu.

D'après le reportage de Mélissa Paradis

Saguenay–Lac-St-Jean

Santé mentale