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Calgary 2026 : de quoi rêvent les opposants aux Olympiques?

Druh Farrell, souriante, devant la bibliothèque centrale de Calgary, sous une averse de neige.

Pour Druh Farrell, il est faux de croire que les Olympiques représentent la solution aux problèmes économiques de Calgary.

Photo : Radio-Canada

Radio-Canada

Alors que s'intensifie la campagne référendaire en vue du scrutin du 13 novembre sur la tenue des Olympiques d'hiver 2026, le camp du non cherche à convaincre les Calgariens de rêver d'un autre avenir pour leur ville.

Un texte de François Joly

Le camp du oui est passé à la vitesse supérieure lundi avec un grand rassemblement qui réunissait notamment plusieurs athlètes olympiques et le maire de Calgary, Naheed Nenshi.

Ceux qui s’opposent à l’organisation des Jeux dans la métropole albertaine ont jusqu’ici centré leurs critiques autour des coûts de l'événement. Le camp du non est toutefois loin de former un groupe monolithique.

Ce texte fait partie d'une série en deux volets. Le camp du oui est également actif à Calgary. De nombreux partisans des Olympiques croient notamment que l'organisation des Jeux représente une occasion de moderniser les infrastructures sportives héritées des Jeux olympiques de 1988.

«  Développer nos communautés  »

Parmi les personnes critiques au processus olympique figure la conseillère municipale Druh Farrell, connue notamment pour ses positions en faveur de la densification urbaine et du développement du transport en commun.

Elle croit que les Jeux olympiques vont lier les mains du conseil municipal, l’empêchant d’investir dans d’autres projets d’importance. « Nous devons investir pour faciliter les déplacements à pied dans nos quartiers et donner plus de vie à nos rues commerciales », explique-t-elle.

Elle craint également que les sommes allouées aux Jeux ne ralentissent les efforts consacrés à la prévention des inondations.

Une ville d’entrepreneurs

À l’opposé du spectre politique se trouve le collègue de Druh Farrell au conseil municipal Sean Chu. Cet élu, connu pour son conservatisme fiscal, rêve d’une ville prospère dans laquelle les nouvelles entreprises voudraient venir s’installer.

« Je veux qu’on soit une ville accueillante pour les entreprises, explique-t-il. Je voudrais qu’on élimine les réglementations inutiles et que chacun ait un bon emploi payant, et pas seulement dans l’industrie du pétrole, mais dans tous les secteurs de l’économie. »

Il souhaite aussi trouver une solution rapide au fort taux d'inoccupation des immeubles commerciaux du centre-ville.

Sean Chu, souriant, lors d'une entrevue dans le quartier d'Edgemount.

Le conseiller municipal Sean Chu, croit qu'il est urgent de diminuer le compte de taxes des Calgariens.

Photo : Radio-Canada

Selon lui, les coûts des Olympiques vont entraîner des hausses d’impôts qui rendront difficile la relance de l’économie de Calgary. Selon l’entente conclue la semaine dernière entre le comité de candidature, la province et Ottawa, Calgary devrait déjà débourser 370 millions de dollars pour organiser les Jeux. La Ville devrait aussi payer 20 millions de dollars afin de contracter une assurance qui permettrait d'éponger jusqu'à 200 millions de dollars en dépassement de coûts.

Alliance improbable

L’ironie de cette alliance improbable n’échappe pas aux deux conseillers municipaux, qui sont pourtant aux antipodes l'un de l'autre sur la majorité des questions.

« C’est la blague que tout le monde me raconte, dit Sean Chu en riant. Si ces deux-là peuvent s’entendre, vous devriez probablement les écouter! »

Druh Farrell croit pour sa part que tous deux souhaitent être responsables fiscalement et ne pas alourdir inutilement la dette de la ville. Elle réfute également l’argument selon lequel il s’agit d’une occasion incontournable de moderniser les infrastructures sportives de Calgary.

« La plupart de ces infrastructures n’appartiennent même pas à la Ville de Calgary, répond-elle. Plusieurs d’entre elles ne sont même pas sur le territoire de la ville. Je suis certaines que la province et les partenaires comme l’Université de Calgary peuvent s’entendre pour assurer la rénovation de ces installations. »

Pendant ce temps, ajoute-t-elle, plusieurs infrastructures sportives et culturelles de moins grande taille ont grand besoin de réparations. Le centre Arts Commons est par exemple entouré de filets et d'échafaudages pour empêcher des morceaux de béton de tomber des murs.

Diversifier l’économie

Pour la porte-parole du comité Non Calgary 2026, Erin Waite, la candidature de Calgary survient à un moment névralgique dans l’histoire de la ville. « Notre ville est en pleine transformation, affirme-t-elle. Nous devons faire un effort pour diversifier notre économie et nous ne pouvons pas nous permettre d’être distraits pas les Olympiques. »

Erin Waite en entrevue dans le quartier Kensington à Calgary.

Erin Waite croit que l'argent investi dans les Jeux olympiques devrait servir à accélérer la diversification de l'économie.

Photo : Radio-Canada

Elle croit que cette diversification passera par un investissement dans le réseau de l’éducation supérieure. Pour développer de nouveaux secteurs de l’économie, comme les nouvelles technologies, il faudra, selon elle, l’aide du gouvernement.

« C’est un peu comme le développement des sables bitumineux dans les années 1970. Ç'a pris des années de soutien du gouvernement avant d’être rentable. »

Elle craint que les Olympiques ne siphonnent des fonds qui pourraient aider Calgary et toute l’Alberta à se moderniser.

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