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« Brillant », « visionnaire », « remarquable » : pluie d'éloges pour Bernard Landry

Sophie Langlois revient sur la vie et la carrière de Bernard Landry.
Radio-Canada

Les hommages à l'ex-premier ministre du Québec Bernard Landry se sont multipliés après l'annonce de sa mort, mardi, à l'âge de 81 ans. Des compagnons de route et des adversaires de cet ardent indépendantiste ont salué sa contribution au développement du Québec.

Des funérailles d'État seront organisées en son honneur, a annoncé le premier ministre François Legault à l'Assemblée nationale, et les drapeaux du Québec resteront en berne jusqu'à ce qu'elles aient lieu.

M. Legault, qui a été ministre dans le gouvernement péquiste qu'a dirigé M. Landry (2001-2003), l'a décrit comme « un premier ministre brillant », un « amoureux du Québec » et « un homme de devoir » qui a « marqué l’histoire du Québec ».

Comme il le disait souvent : "Le parti avant les hommes, et la patrie avant le parti." Pour lui, c’est quelque chose qui revenait tout le temps. C’était un homme qui avait une grande stature.

François Legault, premier ministre caquiste et ex-ministre péquiste

Il n'a pas manqué de souligner aussi sa contribution indéniable à l'économie du Québec. « Bernard Landry connaissait [...] à peu près chaque entreprise dans chacune des régions du Québec. C’est un peu comme s’il avait tricoté l’économie du Québec! », a-t-il souligné.

L'entrevue de Céline Galipeau avec Lucien Bouchard

Lucien Bouchard a expliqué en entrevue comment Bernard Landry lui avait ouvert la porte vers le poste de premier ministre du Québec, qu'il a occupé de 1996 à 2001.

« Il m’a donné un coup de fil, quelques heures après que M. Parizeau eut donné sa démission. J’étais à Ottawa, chef du Bloc. Il m’a dit : "Si tu y vas, j’y vais pas." Et c’est comme ça que cela s’est fait. On est devenus des amis, des alliés, dans une situation qui était très difficile, et je pense qu’on a fait de belles choses ensemble. »

Les deux hommes n’ont pas tergiversé sur les mandats possibles. « On n’a pas longtemps argumenté pour savoir combien de ministères il aurait. Il en a eu autant qu’il a voulu, et beaucoup », s’est exclamé M. Bouchard, en se remémorant avec bonheur les échanges qu’ils ont eus.

C’était un ravissement de converser avec lui. Une culture extraordinaire. Il faisait des rapprochements avec toutes les périodes historiques, avec tous les personnages, avec la littérature, avec le latin…

Lucien Bouchard, ex-premier ministre péquiste

« C’est un homme assez remarquable; un homme de grand talent », a déclaré l'ex-première ministre péquiste Pauline Marois.

« Il a publié Bâtir le Québec lorsqu’il était ministre d’État au Développement économique sous René Lévesque, un document très important sur les stratégies à développer pour soutenir l’économie dans le Québec qu’il voulait créer », a-t-elle noté.

« C’était un homme ouvert sur le monde, un homme informé et intéressé par ce qui se passait sur la planète », selon Mme Marois

Entrevue avec Pauline Marois et Jean Charest

Pour sa part, l'ex-premier ministre libéral Jean Charest a salué la mémoire d'un « adversaire très coriace ».

« Bernard Landry a eu une carrière remarquable : une cinquantaine d'années pendant lesquelles il a été de tous les combats sur la souveraineté, mais, en plus, il a laissé une grande marque économique. Il a donné ses lettres de créance au mouvement souverainiste en matière d'économie », a déclaré l'ex-chef libéral.

Aux yeux de M. Charest, M. Landry et lui avaient beau être des adversaires en politique, « on partageait dans le fond le même intérêt pour l'avenir du Québec ».

Pascal Bérubé, le chef intérimaire du Parti québécois, qu'a dirigé M. Landry de 2001 à 2005, dit avoir « le coeur brisé » par l'annonce de sa mort. « Au nom du Parti québécois, j'offre mes plus sincères condoléances à sa famille, ses amis et à l'ensemble des indépendantistes québécois. Le Patriote de Verchères n'aura jamais voyagé vers autre pays que le Québec », a-t-il écrit sur Twitter.

« L'homme qui nous quitte aujourd'hui laisse un héritage à sa mesure : volontaire, visionnaire, ambitieux, audacieux », a commenté l'ex-chef péquiste Jean-François Lisée dans un message publié sur Facebook.

« Indépendantiste jusqu'à la moelle épinière, amant de la langue française et de l'histoire, patriote et fier de l'être, Bernard Landry était inépuisable. Toujours à l'affût de ce qui pourrait rendre le Québec plus fort, le porter plus loin, le rapprocher de sa juste place dans le monde », a-t-il ajouté.

Il aurait voulu faire davantage, bien davantage, certes. Mais lorsqu'on mesure, non le chemin qu'il souhaitait parcourir, comme le voulaient aussi Lévesque et Parizeau, mais le chemin qu'il a parcouru, on peut lui dire en toute justice qu'il fut parmi les coureurs les plus exceptionnels du Québec moderne.

Jean-François Lisée, ex-chef péquiste

L'ex-chef péquiste et homme d'affaires Pierre Karl Péladeau a salué en entrevue « l'investissement indéniable de Bernard Landry dans la sphère économique ».

« C'était un tribun exceptionnel », a-t-il souligné.

Bernard Landry et François Gendron rigolent ensemble, à l'Assemblée nationale.François Gendron a salué Bernard Landry, un homme dont l'« héritage est un peu incommensurable ». Les deux hommes sont vus ici en avril 2003. Photo : La Presse canadienne / Jacques Boissinot

Sur les ondes de RDI, l'ancien député péquiste François Gendron, qui l'a côtoyé pendant des décennies, a évoqué un « très grand porteur de la cause » souverainiste, d'une constance extraordinaire ». Il a « marqué le Québec à plusieurs égards », a-t-il ajouté, évoquant par exemple son rôle dans la paix des braves, son influence dans la modernisation de la ville de Québec et sa contribution au développement du secteur technologique.

Mon cher Bernard, je veux te le dire de mon vivant. [...] Je veux que tu saches que tu as été tout un bonhomme pour le Québec, je tiens à te le dire. Je t’ai côtoyé, je t’ai admiré, et tu mérites d’entendre ça avant de partir. Je voulais que tu le saches de ton vivant.

Message que François Gendron dit avoir livré au téléphone à Bernard Landry lundi midi, après avoir eu vent de son état

L'ex-chef bloquiste Gilles Duceppe a salué « un complice, un ami », qu'il connaît depuis 50 ans.

Il a notamment rappelé que Bernard Landry avait été un partisan de la première heure du libre-échange avec les États-Unis. « Pour lui, la souveraineté du Québec, ce n’était pas l’isolement. Il disait souvent : "Dans le mot international, il y a le mot national; c’est les relations entre les nations, ce n’est pas contre les autres." Ça a toujours été la thèse de Bernard Landry. »

Entrevue avec Gilles Duceppe

« Bernard était mon ami; sa mort me fait de la peine », a commenté l'ex-ministre péquiste Louise Harel, qui l'a connu en militant au sein du mouvement étudiant à la fin des années 60.

« Cela fait déjà 50 ans, et je l’ai côtoyé toute ma vie, a-t-elle dit. Bernard était un amoureux inconditionnel du Québec », dont l'influence a été « extrêmement importante ».

« Il demeure l’un des grands monuments de la cause de l’indépendance du Québec depuis très longtemps », a souligné l'ex-ministre péquiste Jean-Pierre Charbonneau.

« Au fil des années, ses convictions n’ont jamais fléchi, sa position est toujours demeurée cohérente : un pays québécois, ce serait la meilleure chose dont on pourrait se doter, a souligné M. Charbonneau. C’est très admirable, il n’a jamais fluctué selon l’air du temps. »

Les deux hommes se font l'accolade en souriant.Bernard Landry et Jean-Pierre Charbonneau en janvier 2002. Photo : La Presse canadienne / Jacques Boissinot

Bernard Landry était l’un des derniers grands ferrailleurs de l’indépendance au Québec. Je pense qu’avec sa mort, cette cause est de plus en plus retardée. Et je suis à peu près certain que je ne verrai pas le jour où le Québec accédera à l’indépendance. C’est un autre de ceux-là qui ont consacré leur vie à vouloir que le Québec accède à la pleine maturité de toutes ses compétences. C’est une immense tristesse.

Yves Michaud, ex-député péquiste

« Mes condoléances aux proches de Bernard Landry », a tweeté la co-porte-parole de Québec solidaire, Manon Massé. « Je retiendrai de lui qu’il a consacré toute sa vie au service public, dans le sens le plus noble du terme. Après sa carrière politique, il a choisi de partager ses connaissances par l’enseignement. »

« Toutes mes condoléances à la famille de l’homme d’État que fut Bernard Landry », a pour sa part commenté l'ex-ministre libérale de l'Économie Dominique Anglade. « Je conserve de bons souvenirs de nos échanges sur le développement économique. »

Ce fut un homme qui a bien servi le Québec pendant de nombreuses années. On doit reconnaître son dévouement envers sa communauté, envers son pays.

Justin Trudeau, premier ministre libéral fédéral

À Ottawa, les députés conservateurs Gérard Deltell et Luc Berthold ont été parmi les premiers à saluer le départ de M. Landry.

« De jeune attaché politique du ministre René Lévesque à ministre sénior et premier ministre, il aura consacré sa vie politique à défendre ses idéaux. Nos sympathies à la famille et proches », a commenté M. Deltell.

« Mes condoléances à la famille de Bernard Landry et à sa famille politique. Il a consacré sa vie au Québec », a ajouté M. Berthold.

À l'étranger, enfin, Joan Maria Piqué, directeur des communications internationales du président de la Catalogne, en Espagne, a salué la mémoire d'« un militant formidable pour la cause de l'indépendance et l'autodétermination » et d'un « grand ami de la Catalogne ».

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