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Une députée néo-démocrate exclue de son caucus après avoir dénoncé « une culture d’intimidation »

Lors d'un événement de campagne électorale, Robyn Luff tient sa jeune fille que salue Rachel Notley, tout sourire.
Robyn Luff a annoncé mardi qu’elle ne comptait pas se représenter aux prochaines élections. Photo: La Presse canadienne / Mike Ridewood
Radio-Canada

La députée de Calgary-Est, Robyn Luff, a été expulsée de son caucus lundi soir après avoir menacé de ne plus participer aux activités de l'Assemblée législative. Robyn Luff tente ainsi de dénoncer « une culture de peur et d'intimidation » au sein du parti.

« En raison de ses actions, les députés du NPD ont perdu confiance en sa capacité d’agir de façon loyale et constructive », explique le parti par communiqué. Les députés néo-démocrates ont convenu de l’expulsion de Robyn Luff lors d’une rencontre à Edmonton lundi soir.

Plus tôt dans la même journée, la députée alléguait dans une lettre aux médias que son caucus l’empêchait de représenter adéquatement les citoyens de sa circonscription. Elle a dénoncé le contrôle des ministres sur ses interventions en chambre et la trop grande importance qu’accorde le caucus au respect de la ligne du parti.

Mardi, Robyn Luff a adressé une nouvelle lettre aux médias dans laquelle elle donne des exemples de ce contrôle. Il lui aurait été interdit, par exemple, d’être photographiée en compagnie du chef du parti néo-démocrate fédéral, Jagmeet Singh, et de la députée transfuge Karen McPherson.

« Une culture toxique »

Celle qui siège depuis 2015 condamne la « rhétorique hyperpartisane » des élus et l’absence de réel débat sur les projets de loi. « Tout ce qui se passe à l’Assemblée législative est prédéterminé, écrit-elle, tout est programmé pour compter quelques points partisans au détriment des règles de procédure. »

En raison de cette culture toxique, je ne crois pas que les citoyens albertains soient adéquatement représentés.

Robyn Luff, députée de Calgary-Est

Dans ses lettres, elle affirme que les députés dissidents sont isolés et craignent que leur candidature ne soit pas renouvelée.

À l’approche des élections provinciales, de telles critiques résonnent davantage, remarque Frédérique Boily, professeur en sciences politiques à l’Université de l’Alberta. L’expert s’étonne que la dissidence de Robyn Luff éclate quelques jours à peine après le congrès du parti sur le thème de l’unité. « Les moindres fissures d’unité au sein du parti risquent d’affaiblir son message » dit-il.

Robyn Luff a annoncé mardi qu’elle ne comptait pas se représenter aux prochaines élections.

Réaction d'autres élus

Le leader du gouvernement à la chambre, Brian Mason, a confirmé que le bureau de la première ministre a été en contact avec la députée récalcitrante depuis plusieurs jours. Il nie qu’elle est victime d’intimidation et rappelle qu’en dépit de ses intentions de boycotter les activités de la Chambre Robyn Luff a le devoir de s’y rendre pour représenter sa circonscription.

La députée de Calgary-MacKay-Nose Hill, Karen McPherson, indique avoir connu une situation semblable à celle de Robyn Luff avant de quitter, elle aussi, le parti. Élue sous la bannière du NPD, elle s’est depuis ralliée au Parti albertain.

« Je la comprends, explique la transfuge. Le sentiment d’être intimidée, je peux certainement le corroborer. » Selon elle, d’autres députés néo-démocrates ont vécu la même frustration.

Du côté de l’opposition, le leader en Chambre, Jason Nixon, a qualifié les allégations de Robyn Luff de « choquantes et extrêmement inquiétantes ». « Nous avons une femme élue qui représente 50 000 Calgariens qui se sent incapable de faire son travail parce qu’elle est malmenée par la direction du NPD », résume-t-il.

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