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Inquiétude face aux nouvelles règles sur les centres de prévention des surdoses

Un homme dont le visage est caché par une casquette se prépare une consommation de drogue. Il est assis par terre.

Les nouvelles réglementations du gouvernement de l'Ontario sont trop restrictives selon le conseiller municipal Joe Cressy. Ils pourraient empêcher de sauver des vies, selon lui.

Photo : Radio-Canada

Radio-Canada

Les bénévoles de certains centres de prévention des surdoses de Toronto déplorent les nouvelles règles imposées par la province en ce qui concerne l'emplacement des sites et ils ne sont pas les seuls.

La nouvelle réglementation, dévoilée le mois dernier par la ministre de la Santé et des Soins de longue durée, Christine Elliott, prévoit que les centres existants pourront poursuivre leurs activités, mais doivent se trouver à une distance de plus de 600 mètres l’un de l’autre.

Cependant à Toronto, plusieurs d'entre eux se trouvent à des distances de moins de 400 mètres.

Gillian Kolla, une bénévole de la Toronto Overdose Prevention Society, ne sait pas ce qui adviendra des centres existants avec ces nouvelles règles.

Les règles sont arbitraires à bien des égards, estime-t-elle.

Nous sommes en pleine crise de santé publique et nous devons être en mesure de réagir de manière flexible.

Gillian Kolla, bénévole du groupe Toronto Overdose Prevention Society
Une femme devant des microsAgrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

La militante Gillian Kolla du groupe Toronto Overdose Prevention Society.

Photo : Radio-Canada

En outre, les nouvelles règles stipulent que les centres situés à moins de 200 mètres d'une école, d'un parc ou d'une garderie doivent mener une consultation auprès de la communauté.

Selon Mme Kolla, il s’agit d’une autre règle trop restrictive.

Ce type de règles arbitraires ne prend pas en compte la situation dans les communautés et ne nous permet pas d'apporter une réponse flexible à ce problème, conclut-elle.

Des politiques lacunaires

Les réglementations publiées par le gouvernement de l'Ontario sont trop restrictives selon le conseiller municipal Joe Cressy.

Celui qui préside le comité de réduction des méfaits au Conseil de santé publique de Toronto dénonce le plafond des 21 centres de prévention des surdoses dans la province.

Nous sommes confrontés à la pire crise des opioïdes au pays et nous allons limiter le nombre de personnes que nous allons sauver? C'est tout à fait ridicule, dit Joe Cressy.

Manifestement, il faut modifier ces réglementations et cette tâche revient au conseil municipal.

Joe Cressy, conseiller municipal de Trinity-Spadina

Quant aux sites des centres de prévention des surdoses existants qui ne répondent pas aux critères de distance du gouvernement, l'élu municipal souligne qu'ils sont là où il y a un besoin.

Le Dr Abnimanyu Sud, un médecin spécialiste des opioïdes, soutient que les politiques de la province en matière de prévention et de traitement des toxicomanes contiennent de fortes lacunes.

Selon les réglementations qui ont été publiées, les centres de prévention des surdoses doivent offrir un service de référencement vers des centres de désintoxication.

Je crains que dans certaines municipalités les patients soient redirigés à des centres de traitements qui n'existent pas.

Dr Abnimanyu Sud, Université de Toronto

Il souligne que ce n'est pas dans l'intérêt du gouvernement de perdre la confiance des patients lorsque des gens meurent tous les jours de surdoses d'opioïdes.

Crise sérieuse

Une porte-parole pour la ministre Elliott assure que le gouvernement prend au sérieux la crise des opioïdes.

Nous savons que nous ne pouvons pas vraiment sauver la vie d'une personne avant de l'aider à vaincre sa dépendance, explique cette même porte-parole.

Le mois dernier, le gouvernement ontarien a annoncé sa nouvelle stratégie pour lutter contre les dépendances aux opioïdes et à d'autres drogues. Dès 2019, des centres de consommation et de traitement remplaceront les anciens modèles de centres de consommation supervisée et de prévention des surdoses.

Les établissements autorisés pourraient commencer la transition vers le nouveau modèle à compter de janvier 2019 et la totalité des 21 centres autorisés devrait être en place d’ici avril 2019.

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Toronto

Crise des opioïdes