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Les magasins Rona qui doivent fermer étaient rentables, soutient leur ancien patron

«Si l’entreprise était demeurée dans les mains de gens qui sont capables de gérer un modèle d’affaires pas uniquement concentré sur un format de magasins […] ces décisions-là n’auraient pas eu lieu», dit Robert Dutton, ancien PDG de Rona.

Photo : Radio-Canada

Radio-Canada

La fermeture, annoncée lundi par Lowe's, de 27 magasins au Canada, dont une majorité de succursales Rona, surprend le syndicat, mais aussi Robert Dutton, ancien PDG de Rona de 1992 à 2012.

En entrevue à Radio-Canada, M. Dutton, qui est également professeur associé à HEC Montréal, se dit convaincu que « si l’entreprise était demeurée dans les mains de gens qui sont capables de gérer un modèle d’affaires pas uniquement concentré sur un format de magasins, […] ces décisions-là n’auraient pas eu lieu ».

Même son de cloche du côté de Michel Nadeau, directeur général de l’Institut sur la gouvernance d’organisations privées et publiques.

M. Nadeau situe le problème dans le chiffre d’affaires de Rona, qui est passé de 400 millions à 5 milliards de dollars, alors que « les profits ne suivaient pas ».

« Il fallait à un moment donné faire le ménage, dit-il. C’est ce que Lowe's fait actuellement. »

Robert Dutton se dit étonné de l’argument de sous-performance avancé par la direction de Lowe's pour justifier cette décision.

« Je suis surpris parce que ce sont des magasins qui étaient performants en 2012, à l’époque où j’y étais », dit M. Dutton, rappelant qu’on est dans « une économie extrêmement positive […] la construction des maisons a repris, les taux d’intérêt sont bas, la rénovation est bonne ».

Qu’est-ce qui fait qu’aujourd’hui que ces magasins-là qui étaient performants dans une période plus difficile ne le soient plus?

Robert Dutton, ancien PDG de Rona et professeur à HEC Montréal

M. Dutton attribue aussi les mesures annoncées au fait que le pouvoir décisionnel n'est plus au Québec.

« C’est bien évident que les grandes décisions se prennent aux États-Unis », affirme-t-il.

Il déplore que le plan de la Caisse de dépôt et placement, dès le départ, était de vendre l’entreprise, « avec les conséquences qu’on a aujourd’hui ».

Pour Michel Nadeau, la restructuration a de toute façon toujours été dans les plans de Lowe's.

Il rappelle que l'entreprise américaine avait fait six promesses au moment de l’acquisition, notamment maintenir le siège social à Boucherville et conserver les enseignes.

Mais ce qui inquiète le plus M. Nadeau, c'est « l’approvisionnement local ».

« Ce qu’on me dit, c’est que les produits achetés chez Rona maintenant viennent souvent de Chine. Ils ne viennent plus des producteurs québécois », souligne-t-il.

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