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Confiance ébranlée en Abitibi-Témiscamingue envers NAV Canada

La mairesse Diane Dallaire, le président de la Chambre de commerce de Rouyn-Noranda Jean-Claude Loranger, Stéphanie Lamarche de Tourisme Abitibi, Anthony Lebailly de Propair et le commandant Simon Chouinard d'Air Creebec.

Une coalition d'acteurs politiques et économiques réclament la poursuite du service de navigation de nuit à Rouyn-Noranda

Photo : Radio-Canada / Lise Millette

Radio-Canada

Alors que NAV Canada tenait une soirée de consultation au Centre des congrès de Rouyn-Noranda pour expliquer son projet d'informatisation du système de veille météorologique, une coalition d'acteurs économiques et politiques logeait un étage plus haut, pour dénoncer cette séance dont la conclusion est « écrite à l'avance ».

Un texte de Lise Millette

« Nous sommes plus préoccupés que jamais devant ce partenaire inflexible », a déclaré Diane Dallaire, qui a multiplié les démarches auprès de NAV Canada pour renverser la proposition de remplacer les services d’aide à la navigation de nuit par un système automatisé appelé AWOS.

La mairesse Diane Dallaire a répété quel la fin du service de navigation de nuit à l’aéroport de Rouyn-Noranda se résumait à dire que les citoyens de l’Abitibi-Témiscamingue appartiennent à une région « de seconde zone ». La gestionnaire générale de la région d’information de vol de Montréal, pour NAV Canada, Lyne Moreau, prétend le contraire.

On a ce système de météo automatisée dans 91 aéroports au Canada. C’est un système qui a évolué avec les années et c’est un système éprouvé. Selon nous, il n’y a pas d’enjeu de sécurité avec le système automatisé pour la météo. On a plusieurs types d’aéroports qui ont ces installations, dans le Nord-du-Québec, dans l’Ouest canadien aussi, donc une variété d’aéroports, dont plusieurs, ressemblent à Rouyn, a affirmé la gestionnaire.
Le commandant Simon Chouinard, d’Air Creebec, n’est pas de cet avis.

Le commandant a raconté avoir dû patienter 45 minutes sur une piste, avec une visibilité pourtant excellente, parce que le système AWOS lui envoyait des informations erronées. Ce système a préséance sur l’œil humain, de sorte que le pilote est tenu de s’y conformer. Il a également exposé que l’aéroport de Chibougamau possède un tel système et que celui-ci connaît des ratés.

Depuis l’installation d’un système automatique pour la météo, on a vu une dégradation de la qualité de l’information transmise aux pilotes, des visibilités qui étaient sous-estimées ou surestimées. Les équipages de vol ont besoin de la visibilité pour décoller, mais aussi pour atterrir. Avec une information erronée, les pilotes sont malheureusement pénalisés et doivent être contraints à ne pas décoller même si les conditions sont favorables. Ce sont des frais économiques supplémentaires, de la pression supplémentaire, des retards de vols : les conséquences sont multiples, a souligné le commandant Chouinard.

Pourtant, Lyne Moreau de NAV Canada maintient que le service est présent dans 91 aéroports au pays et que le système a fait ses preuves. Elle ajoute que l’état de l’achalandage à Rouyn-Noranda ne justifie pas de garder une équipe en place.

Portrait de Lyne Moreau dans la salle de consultation au centre de congrès de Rouyn-Noranda

Lyne Moreau, gestionnaire générale de la région d’information de vol de Montréal

Photo : Radio-Canada / Lise Millette

Quand on parle de Rouyn, où il y a trois aéronefs par nuit, ça ne demande pas un service de navigation aérienne. C’est comme ça, en faisant des ajustements avec les niveaux de services, qu’on réussit à garder les redevances et les coûts les plus bas possible. Nous devons le regarder pour l’ensemble du Canada, avoir le bon niveau de service aux bons endroits et à trois mouvements par nuit, ça ne justifie pas le maintien de service de navigation aérienne, a mentionné la gestionnaire de NAV Canada.

Le directeur des opérations chez Propair, Anthony Lebailly, accuse NAV Canada ne n’avoir pas mis ses informations à jour. Son entreprise a obtenu le contrat de Medevac, pour l’évacuation médicale d’urgence, pour la région de la Baie-James. Depuis un an, il assure que son nombre de vols de nuit a augmenté.

Depuis le 1er novembre, nous avons deux équipages de nuit, en tout temps, pour les avions Medevac pour la Baie-James. Deux avions pourraient décoller en même temps. On voit dans nos chiffres que le nombre de Medevac est exponentiel la nuit. NAV Canada ne publie pas cette information. Avec les services diminués à Rouyn-Noranda, des avions pourraient ne pas décoller de Rouyn-Noranda, parce qu’ils n’auraient pas le bon service pour partir ou en revenant ce qui pourrait réduire la qualité des services à la Baie-James pour avoir accès aux soins, a déclaré M. Lebailly.

Tourisme Abitibi s’inquiète également de la situation. La directrice Stéphanie Lamarche a plaidé pour une desserte aérienne de qualité alors que son organisation tente de faire rayonner la région comme une destination pour les touristes européens.

Les touristes, ce qu’ils recherchent c’est l’accessibilité et la sécurité

Stéphanie Lamarche, directrice générale adjointe de Tourisme Abitibi.

NAV Canada tient une seconde soirée de consultations ce mardi, à 19h, à la salle des Chevaliers de Colomb de Val-d’Or. La formule sera la même qu’à Rouyn-Noranda, du personnel posté devant des tableaux pour répondre aux questions des participants, sans présentation ni période de questions publiques.

Selon la gestionnaire Lyne Moreau, NAV Canada espère pouvoir remettre son rapport final et ses recommandations le 30 novembre auprès de Transport Canada.

Abitibi–Témiscamingue

Transports