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Matane risque de rater la création de 200 emplois fédéraux

Édifice René-Tremblay à Matane

Édifice René-Tremblay à Matane

Photo : Radio-Canada / Joane Bérubé

Radio-Canada

L'Agence du revenu du Canada (ARC) pourrait confier un des plus importants contrats fédéraux de numérisation de documents à une entreprise privée de Toronto au lieu d'avoir recours aux services internes de Travaux publics Canada à Matane.

Un texte de Joane Bérubé

Tout près de 200 emplois pourraient être créés à Matane si le projet de salle de courrier numérique de l’Agence du revenu y est implanté.

Des documents que nous avons obtenus nous permettent de constater que l’ARC travaille depuis plusieurs mois sur ce projet de numérisation et de gestion de son courrier entrant.

Le tout représente 14,5 millions d’éléments de correspondance à numériser annuellement.

Avec des salaires variant entre 40 000 $ et 75 000 $, ce contrat génèrerait des retombées économiques importantes pour la région de Matane.

Expertise matanaise

Le bureau de Matane, qui a déjà rencontré l’ARC sur son projet, dispose de toute la compétence et de l’expérience nécessaires pour obtenir ce contrat.

L'édifice René-Tremblay à MataneAgrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

L'édifice René-Tremblay à Matane

Photo : Radio-Canada / Joane Bérubé

Il s’agit d’une expertise reconnue sur le plan national, souligne Yvon Barrière, vice-président exécutif de l’Alliance de la fonction publique du Canada (AFPC) pour la région du Québec.

Le centre de Matane est devenu spécialisé dans le domaine et dessert déjà plusieurs ministères et organismes fédéraux. Le service de numérisation de Matane supervise aussi des activités d’imagerie qui se déroulent à Ottawa pour d’autres ministères.

Le service offert par Travaux publics est concurrentiel et l’ARC économiserait si le travail était effectué à Matane, soutient le syndicat.

L’APFC souhaite que le contrat soit accordé à l'interne, aux fonctionnaires de Matane, et que l’ARC renonce à lancer un appel d’offres vers le privé.

Cet appel d’offres pourrait être lancé sous peu, croit le syndicat.

Des réparations qui tardent

Toutefois, le principal problème du centre de Matane, c’est l'espace actuel et l'absence de plan de rénovations majeures du bâtiment construit en 1975

Le traitement du courrier entrant de l’Agence du revenu représenterait en effet quatre fois le volume de documents actuellement traités par le centre d’imagerie de Matane.

Véhicules stationnés dans la rueAgrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

L'édifice compte près de 400 employés dont plusieurs se stationnent dans les rues avoisinantes faute de place dans le stationnement.

Photo : Radio-Canada / Joane Bérubé

Déjà, l’entrepôt serait plein et les espaces de numérisation seraient à peine suffisants, selon le syndicat.

Les dossiers sont toujours à l’étude, indique le ministère des Travaux publics. Présentement avec la structure actuelle du bureau de Matane, ils ne peuvent pas accueillir le projet à moins d’avoir une expansion ou une location de locaux , indique Yvon Barrière.

Il ne faut pas, dit-il, passer à côté parce que si, par malheur, ce contrat va au privé, on risque de ne pas le revoir sur les tablettes du bureau de Matane. On risque d’avoir un contrat pour cinq ans, renouvelable et de le perdre pour les 20, 25 prochaines années.

Le vice-président de l’AFPC craint que ce soit aussi un très mauvais signal pour l’avenir du bureau de Travaux publics à Matane. Si d’autres ministères veulent aller au diapason du numérique et veulent obtenir les services du bureau de Matane et qu’il n’y a pas de volonté de politique d’agir, on risque de perdre de nouveaux contrats dans les prochaines années.

L’Alliance demande que le ministère des Travaux publics et des Services gouvernementaux du Canada (TPSGC) s’engage fermement à réaliser dans les plus brefs délais, des travaux de rénovations et d’agrandissements de l’édifice René-Tremblay.

Le Syndicat soutient que ces travaux ont déjà été planifiés, mais qu’ils sont sans cesse repoussés.

Appui des élus demandés

Le député d’Avignon–La Mitis-Matane–Matapédia, Rémi Massé, a déjà rencontré le syndicat à cet égard et dit travailler à l’avancement du dossier.

L’Alliance interpelle aussi Diane Lebouthillier, ministre du Revenu et députée de Gaspésie-Îles-de-la-Madeleine, pour qu’elle et son collègue Rémi Massé interviennent rapidement.

Le Syndicat, ajoute M. Barrière, veut travailler en concertation avec les élus, quand je parle des élus, j’inclus même le maire de Matane qui, j’espère, va collaborer et faire les pressions nécessaires pour que Matane puisse avoir ce type de contrat là que je juge important pour la région de Matane et pour la région du Québec.

La ministre du Revenu national, Diane Lebouthillier, se lève pour intervenir en Chambre. Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

La ministre du Revenu national, Diane Lebouthillier

Photo : La Presse canadienne / Sean Kilpatrick

Appelée à commenter, la ministre du Revenu n’a pas voulu accorder d’entrevue.

Elle a indiqué par écrit qu’elle allait continuer à faire valoir l'importance des emplois en région tout en refusant de commenter le dossier de la création d'une salle de courrier numérique de l'ARC à Matane.

L’Alliance craint que sans intervention politique, le dossier n’échappe à la région.

Gaspésie et Îles-de-la-Madeleine

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