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Engorgement à l'hôpital de London à cause du manque de lits de longue durée

Le centre hospitalier universitaire Health Sciences de London.

L'hôpital Health Sciences de London

Photo : CBC / Dave Chidley

Radio-Canada

De 2014 à 2017, des milliers de patients qui avaient besoin de soins de longue durée ont occupé des lits du pavillon Victoria de l'hôpital Health Sciences de London, en Ontario.

Durant cette période, le plus grand hôpital de London a accueilli 5569 personnes qui attendaient d’être admises ailleurs. Globalement, cela représente près de 109 000 jours de soins.

Un de ces patients a même attendu deux ans et demi avant d’être envoyé dans une résidence pour personnes âgées.

Ces chiffres ont été obtenus par CBC, en vertu d’une demande d’accès à l’information.

Ces données n’étonnent pas Victoria McKenna.

L’infirmière de longue date, qui a travaillé au pavillon Victoria et est présidente de l’Association des infirmières de l’Ontario, affirme que les compressions constantes dans le système de santé ontarien ont mené à cette situation.

C’est bien malheureux, mais c’est devenu notre réalité, même si ces chiffres sont impressionnants.

Victoria McKenna, infirmière et présidente de l’Association des infirmières de l’Ontario

En 2016, une unité de 15 lits destinée aux patients en transition vers d’autres types de soins a été complètement éliminée.

La direction de l’hôpital avait perdu le financement provincial de 1,7 million de dollars.

Une population vieillissante

L’avocat et militant Graham Webb rappelle que la population vieillit et que le financement des hôpitaux est insuffisant.

Selon le président de l'Advocacy Centre for the Elderly (ACE), il n’y a pas assez de places dans les résidences de soins de longue durée et les patients restent à l’hôpital parce qu’ils n’ont nulle part où aller.

M. Webb, qui milite pour les droits des aînés depuis plus de 20 ans, maintient que la situation n’a jamais été aussi critique.

Il raconte que l’hôpital a utilisé ce qu’il qualifie de tactique d’intimidation pour amener ces patients à quitter l’établissement.

Certains ont en effet reçu des lettres les informant qu’ils devront payer 1840 $ par jour pour les soins à partir du moment où ils n’auront plus besoin d’être dans un hôpital où l'on offre des soins aigus.

Il n’est pas légal de facturer ces frais exorbitants, et les patients à qui on demande de partir devraient refuser.

Graham Webb, avocat et militant pour les droits des personnes âgées

Selon lui, ce genre de pression mise sur les patients est chose de plus en plus courante.

Partout en province

Selon la vice-présidente de l’hôpital, Julie Trpovski, son établissement connaît la même augmentation de patients qui ont besoin de soins alternatifs que tous les autres hôpitaux en Ontario.

D’ailleurs, la province estime que 15 % des 20 000 lits dont dispose l'Ontario sont occupés par des patients qui n’ont pas besoin de soins aigus.

Le premier ministre Doug Ford a annoncé en octobre un investissement de 90 millions de dollars afin d’aider à désengorger le système de santé, en ajoutant 1100 lits.

Le gouvernement libéral de Kathleen Wynne avait fait une annonce presque identique en 2017, qui prévoyait un investissement de 100 millions en santé et l’ajout de 1200 lits.

D'après les informations de Colin Butler de CBC

Windsor

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