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Universités, cégeps et enseignants ne veulent pas être oubliés par le gouvernement Legault

Des élèves de 5e et 6e année en classe avec leur professeur
Les négociations ne devraient débuter qu’au cours de la fin de l’année 2019, pour la mise en place d’une nouvelle convention collective des enseignants à la rentrée scolaire de 2021. Photo: Radio-Canada / Mireille Roberge

Alors que le gouvernement Legault a multiplié les promesses concernant la petite enfance, les universités, les cégeps et les enseignants réclament une hausse des investissements. Les différentes strates de l'enseignement supérieur ne veulent pas être oubliées et élèvent la voix afin d'obtenir, elles aussi, des budgets adéquats.

Un texte de Romain Schué, correspondant parlementaire à Québec

« Si on veut être capables de lutter à armes égales avec les autres universités du pays, mais aussi du reste de la planète, il faut réinvestir dans les universités », soutient Daniel McMahon, secrétaire-trésorier du Bureau de coopération universitaire (BCI).

Ce dernier, également recteur de l’Université du Québec à Trois-Rivières, évoque un écart « d’environ 800 millions de dollars » avec « les établissements du reste du Canada et de l’Ontario depuis le début 2010 », en raison de nombreuses compressions budgétaires.

« Malgré le fait que les universités québécoises se positionnent bien, un écart important demeure néanmoins entre le financement de fonctionnement par étudiant accordé aux établissements québécois et la moyenne canadienne », précise Suzanne Fortier, vice-chancelière de l’Université McGill.

Soulignant le peu d’engagements concrets pris par la CAQ durant la dernière campagne électorale pour l’enseignement supérieur, le BCI espère une « cohérence » entre le discours de François Legault qui prône « le développement économique et l’innovation » et les prochains budgets de son gouvernement.

« Les universités sont au cœur de la recherche et de l’innovation, ce sont des moteurs de développement dans chacune des régions où ces établissements sont implantés », affirme Daniel McMahon.

On veut être capables de donner aux étudiants la même qualité et le même environnement que ce qu’ils peuvent retrouver ailleurs. C’est légitime. Avec la mondialisation, on est en concurrence avec toute la planète.

Daniel McMahon, secrétaire-trésorier du BCI

Puisque François Legault s’est engagé à ne pas revoir les frais de scolarité des étudiants à la hausse, une autre source de financement doit être trouvée, rappelle-t-il.

« On n’a rien contre cette décision politique, mais cet écart doit être compensé. Il faut être conséquent pour que les universités ne soient pas perdantes », souligne-t-il avant de faire référence à la bonne santé financière du gouvernement, qui a annoncé des surplus de 3 milliards de dollars.

Rehaussement du financement demandé par les cégeps

Évoquant « beaucoup d’inquiétude » avec la fusion, au sein d’un même ministère, de l’Éducation et de l’Enseignement supérieur, Lucie Piché, la présidente de la Fédération des enseignantes et enseignants de cégep (FEC-CSQ), espère une oreille attentive de la part du gouvernement caquiste.

« On ne dénigre pas les problèmes au primaire et au secondaire, mais les problèmes dans tout le réseau sont immenses. On a peur de ne pas être entendus et que le ministre soit enseveli sous les dossiers », confie-t-elle en évoquant les besoins criants de « rehausser le financement des cégeps ».

Celui-ci doit devenir « stable et récurrent », sans mauvaises surprises au cours des prochaines années après « d’énormes coupures qui n’ont pas été comblées malgré les réinvestissements de ces deux dernières années », ajoute-t-elle.

Le président de la fédération des cégeps du Québec, Bernard Tremblay, réclame quant à lui « une stratégie nationale pour l’enseignement supérieur ».

« Le défi de l’éducation ne s’arrête pas à 16 ans avec le diplôme en secondaire 5 », assure-t-il.

On est dans une époque où il faut voir l’éducation dans son ensemble, de la petite enfance au doctorat.

Bernard Tremblay, président de la fédération des cégeps du Québec

Avoir un ministre responsable à la fois de l’Éducation et de l’Enseignement supérieur pourrait cependant avoir l’avantage de faire avancer plus rapidement les dossiers, imagine néanmoins Bernard Tremblay.

« Deux ministères, ça implique deux structures. Pour se parler, c’est lourd. Avoir un seul ministre comme interlocuteur, ça permet d’avoir une vue d’ensemble », juge-t-il.

Les enseignants veulent de meilleurs salaires

Alors que la CAQ s’est engagée, avant la campagne électorale, à supprimer les six premiers échelons de la grille salariale – le PLQ avait réalisé à la même promesse – afin d’offrir une meilleure rémunération aux nouveaux enseignants, ces derniers, nettement moins bien payés que leurs homologues des autres provinces, en attendent davantage.

« La valorisation des salaires est un enjeu incontournable », résume Nathalie Morel, vice-présidente à la vie professionnelle de la Fédération autonome de l’enseignement (FAE).

Celle-ci ne doit pas se limiter aux jeunes professeurs, clame-t-elle, en évoquant la pénurie d’enseignants.

Les professeurs au Québec sont sous-payés. Oui, il faut parler de ceux qui débutent dans le métier, mais il faut aussi avoir des conditions d’attraction et de rétention.

Nathalie Morel, porte-parole de la FAE

L’organisation du travail doit également être revue, ajoute-t-elle, en demandant au ministre Roberge de se pencher sur « les facteurs à risque », « les questions de santé mentale » et les « problèmes de sommeil et de santé » qui poussent des enseignants « à prendre plus tôt leur retraite » ou à multiplier les arrêts de travail.

Les négociations, cependant, ne devraient débuter qu’au cours de la fin de l’année 2019, pour la mise en place d’une nouvelle convention collective à la rentrée scolaire de 2021.

Le ministre de l'Éducation lors de son assermentation.Jean-François Roberge, le ministre de l'Éducation et de l'Enseignement supérieur, promet de prochains réinvestissements. Photo : Radio-Canada / Mathieu Potvin

Le ministre Roberge rassurant

Au cours d’une entrevue accordée à Radio-Canada la semaine passée, le ministre de l'Éducation et de l'Enseignement supérieur, Jean-François Roberge, s’est voulu rassurant.

« Il va y avoir un lent réinvestissement en enseignement supérieur comme en éducation. On va augmenter graduellement les budgets, a-t-il mentionné. C’est vrai qu’on en a moins parlé en campagne, mais je ne suis pas en train d’apprendre comment fonctionne le réseau. »

Aucune compression ne devrait être annoncée, avait ajouté l’ancien enseignant et ex-porte-parole de la CAQ en matière d'éducation.

« Il n’est pas question pour mon gouvernement de jouer au yoyo avec les budgets, de couper en début de mandat, puis de faire croire à la troisième année que c’est une priorité du gouvernement, a-t-il annoncé. Ça va être une priorité tout le temps. »

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