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Le procès de Joaquin « El Chapo » Guzman s'ouvre sous haute sécurité à New York

Plusieurs agents fédéraux escortent Guzman, menottes aux poings, après son arrivée du Mexique en avion.

Joaquin « El Chapo » Guzman est escorté par des agents fédéraux à son arrivée à New York, après son extradition du Mexique, le 19 janvier 2017.

Photo : Getty Images / Charles Reed/U.S. Immigration and Customs Enforcement

Radio-Canada

Le procès de Joaquin « El Chapo » Guzman, chef présumé du cartel mexicain de Sinaloa et maître de l'évasion, s'ouvre lundi avec la sélection du jury. Des mesures de sécurité exceptionnelles visant à protéger les jurés, les spectateurs et les témoins sont déployées pour l'occasion.

Âgé de 61 ans, Guzman fait face à 17 chefs d’accusation, dont trafic de drogues, complot pour meurtres et blanchiment d’argent. Il a plaidé non coupable à ces accusations, qui pourraient lui valoir la prison à vie s’il n’arrive pas à prouver son innocence.

Extradé aux États-Unis en janvier 2017, après avoir réussi à s’évader à deux reprises d’une prison mexicaine, Guzman est détenu au Metropolitan Correction Center, tout près de l’hôtel de ville de New York, dans un établissement à sécurité maximale surnommé le « Petit Guantanamo ».

Procureurs fédéraux et avocats de la défense entreprennent lundi la sélection des 12 jurés qui seront appelés à se prononcer sur sa culpabilité, et de six jurés suppléants qui seront aussi conscrits pour ce procès, qui devrait durer quatre mois.

La poursuite entend démontrer que Joaquin Guzman a dirigé l’une des plus importantes organisations criminelles au monde, et que le cartel arrivait à faire entrer des tonnes de marijuana, de cocaïne, d’héroïne et d’amphétamines aux États-Unis.

La défense a donné peu d’indications de ce qu’elle entend faire. Dans un document judiciaire, l’un des avocats d’El Chapo, Eduardo Balarezo, a cependant soutenu que son client n’était qu’un « lieutenant », agissant sous les ordres d’autres hommes plus puissants.

Les déclarations d‘ouverture sont prévues pour le 13 novembre.

Une femme tient une porte pendant que deux fillettes s'y engouffrent. La scène est croquée par plusieurs membres des médias. Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

La femme de Joaquin Guzman, Emma Coronel Aispuro, vient assister à une comparution de son mari avec leurs jumelles, le 26 juin 2018.

Photo : Getty Images / KENA BETANCUR

Un jury anonyme et partiellement isolé

La gravité des accusations portées contre Guzman, sa capacité à s’évader et le niveau de violence qu’il serait en mesure de générer ont poussé le juge fédéral Brian Cogan à accepter les mesures de sécurité exceptionnelles réclamées par les procureurs fédéraux.

Au terme de l’enquête préliminaire de l’accusé, le magistrat a par exemple déterminé que les jurés demeureront anonymes, comme cela s’est déjà vu pour des procès de mafieux, pour éviter toute possibilité qu’ils soient menacés ou achetés.

Le nom, l’adresse et le nom de l’employeur de chacun des jurés sélectionnés seront ainsi gardés secrets. Les 18 jurés seront aussi escortés dans leurs déplacements en tout temps par des constables spéciaux, et tenus à l’écart du public pendant le procès.

« À lui seul, le passé de violence de l’accusé – violence qu’il a ordonnée ou faite en son nom – suffirait à justifier un jury anonyme et partiellement séquestré », a écrit le juge Cogan dans sa décision, rendue en février.

« Mais les inquiétudes du gouvernement sont particulièrement pertinentes étant donné que les allégations [contre lui] impliquent des meurtres, des agressions, des enlèvements et la torture contre des témoins potentiels ou ceux soupçonnés de collaborer avec les forces de l’ordre. »

Des jurés potentiels entendus lors d’une étape de présélection se faisaient d’ailleurs demander s’ils s’étaient déjà sentis « inquiétés ou menacés par des gens qu’ils croyaient associés à des crimes impliquant des stupéfiants ».

Le public sera aussi soumis à des mesures de sécurité inhabituelles. Lors de l’enquête préliminaire, des agents fédéraux lourdement armés protégeaient les lieux, et des chiens renifleurs étaient aussi déployés pour détecter du matériel explosif.

Les curieux qui voulaient assister aux procédures devaient par ailleurs passer se soumettre deux fois plutôt qu’une à des détecteurs de métal : l’un avait été installé à l’entrée du palais de justice, l’autre, à l’entrée de la salle de cour.

Le pont de Brooklyn est fermé en direction de Manhattan pour laisser passer le convoi transportant Guzman. le convoi est notamment composé de voitures de police et d'une ambulance. Des curieux suivent ce déplacement.Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Le pont de Brooklyn a été fermé à chaque fois que Joaquin « El Chapo » Guzman a été transporté de Manhattan, où il est détenu, à Brooklyn, où il sera jugé. Cette photo a été prise le 10 octobre, après une comparution.

Photo : Getty Images / TIMOTHY A. CLARY

L’accusé et les témoins sous haute protection

Un certain mystère plane toujours sur la façon dont El Chapo sera détenu pendant le procès. Depuis le début des procédures judiciaires, il y a 19 mois, les autorités ont fermé le pont de Brooklyn à chaque fois qu’il devait être transporté depuis Manhattan.

De plus, le fourgon en question était escorté de plusieurs voitures de police, de membres d’une escouade tactique et d’une ambulance. Un hélicoptère suivait en outre le déplacement du convoi.

Les désagréments ont été tels pour les résidents empruntant le pont de Brooklyn que les avocats de Guzman ont plaidé que cela risquait de contaminer des membres du jury, qu’ils soient frustrés par la fermeture du pont ou impressionnés par le spectacle.

En août, le juge Corgan a affirmé de façon cryptique que le transport de l’accusé ne devrait pas être un problème et a demandé à tous les avocats au dossier de signer des engagements de confidentialité.

Les spéculations vont bon train depuis. El Chapo pourrait-il être transporté en hélicoptère? Par bateau-taxi? Une rumeur avance aussi qu’une cellule spéciale pourrait avoir été construite pour lui sous le tribunal de Brooklyn.

Les témoins qui seront appelés à la barre par les procureurs fédéraux sont aussi sous protection maximale. Certains sont détenus dans des cellules spéciales en attendant leur comparution, tandis que d’autres bénéficient d’un programme de protection des témoins.

Certains des témoins pourraient d’ailleurs témoigner sous des noms d'emprunt.

Parmi ces témoins pourraient se trouver les frères Pedro et Margarito Flores, des trafiquants de drogue de Chicago qui ont brassé des affaires avec El Chapo avant d’être arrêtés en 2008 et qui ont accepté de collaborer avec la justice américaine par la suite.

Selon ce qu’a déclaré un procureur fédéral en 2009, le père des deux hommes a été assassiné au Mexique après qu'ils eurent accepté de retourner leur veste contre El Chapo.

Avec les informations de Agence France-Presse, Reuters, et New York Magazine

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