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Le Boeing 737 de Lion Air avait un problème récurrent d'anémomètre

Un moteur de l'avion de Lion Air qui s'est écrasé.
Un ouvrier aide son collègue pendant qu'un moteur à turbine du Boeing 737 de Lion Air est soulevé au port de Tanjung Priok à Jakarta. Photo: Reuters / Beawiharta Beawiharta
Radio-Canada

L'enregistreur de données de vol, l'une des deux boîtes noires du Boeing 737 de Lion Air qui s'est écrasé dans la mer de Java le 29 octobre dernier, indique que l'appareil avait éprouvé des problèmes d'anémomètre au cours de ses quatre derniers vols, ont révélé les enquêteurs lundi.

Les équipages de ces vols avaient tous eu un problème similaire avec leur indicateur de vitesse de l'air, a confirmé le chef de la commission nationale indonésienne de sûreté des transports (KNKT), Soerjanto Tjahjono.

« Lorsque nous avons ouvert la boîte noire, nous avons effectivement constaté que le problème technique était la vitesse de l'avion », a déclaré le chef de la KNKT. « Les données de la boîte noire ont montré que les deux vols avant celui de Denpasar (Bali)-Jakarta avaient également connu le même problème ».

Les données téléchargées de l’enregistreur de vol de l’avion concordent avec les rapports indiquant que la vitesse et l’altitude de l’avion étaient irrégulières après son dernier décollage.

Soerjanto Tjahjono a tenu à faire ces précisions afin de répondre à la colère de proches des victimes et pour faire taire les rumeurs circulant sur les médias sociaux.

Malgré cette avancée, les experts de la sécurité de l’aviation soutiennent qu’il est trop tôt pour déterminer la cause de l’écrasement. Le KNKT a tout de même demandé à Boeing et aux autorités américaines de déterminer quelles sont les interventions à faire pour prévenir d’autres défaillances du même genre sur ces avions qui volent à travers le monde.

« Nous élaborons, avec le bureau national de la sécurité dans les transports des États-Unis et Boeing, des inspections détaillées de l’indicateur de la vitesse du vent », a-t-il ajouté. Les enquêteurs sont incapables de préciser pour l’instant s’il s’agit d’un problème mécanique ou d’entretien, ni si les autorités américaines allaient ordonner des inspections de tous les appareils du même type.

« Nous ne savons toujours pas où se situe le problème, quelles réparations ont été effectuées, quels ouvrages de référence ont été utilisés, quelles composantes ont été retirées », a déclaré le chef du sous-comité du KNKT sur les accidents aériens, Nurcahyo Utomo. « C’est ce que nous tentons d’établir : quels ont été les dommages et comment ont-ils été réparés ».

Un pneu du Boeing 737 de Lion Air qui s'est écrasé.Un travailleur aide un collègue à charger un pneu du Boeing 737 de Lion Air qui s'est abîmé en mer, sur un chariot élévateur, Photo : Reuters / Beawiharta Beawiharta

M. Tjahjono a précisé que la présence de nombreux petits débris et la faible étendue de l’endroit où ils ont été trouvés montrent que l'avion a percuté l'eau à très grande vitesse.

L'avion était intact lorsqu'il a plongé dans la mer, il n'a pas explosé dans les airs et le moteur de l'avion tournait lorsqu'il a touché l'eau à haut régime. La perte de toutes les pales de la turbine témoigne du fonctionnement du moteur de l’appareil au moment de l’impact.

Soerjanto Tjahjono

Les équipes de recherches tentent toujours de localiser l’enregistreur de conversations du poste de pilotage, la deuxième boîte noire, qui livrerait des informations sur les problèmes auxquels ont été confrontés les pilotes.

Boeing refuse de commenter.

L’avionneur américain a livré 219 appareils 737 MAX, selon le site Internet de la société, et 4564 autres ont été commandés.

Le Boeing 737 MAX est une version plus économique en carburant de son populaire appareil monocouloir du manufacturier. Il s’agit du premier écrasement de ce type d’avion, que les transporteurs aériens ont introduit dans leur flotte l’an dernier.

Des familles blâment Lion Air

Le cofondateur de l’entreprise Lion Air Rusdi Kirana n’a pas été invité à prendre la parole par le ministre indonésien des Transports, Budi Karya Sumadi, lors de la rencontre organisée entre les proches et les responsables supervisant l’enquête et les recherches.

L’homme d’affaires s’est toutefois levé devant l'assemblée lorsqu'il lui a été demandé de s'identifier, gardant cependant la tête baissée.

Des membres de familles de victimes de l'écrasement d'avion de Lion Air.Des membres de familles de victimes de l'écrasement du vol JT 610 de Lion Air assistent péniblement à une rencontre avec les autorités et les dirigeants du transporteur aérien. Photo : Getty Images / Ulet Ifansasti

« Lion Air a échoué », a déclaré le père d’un passager, Shandy Johan Ramadhan, un procureur du district de l'île où le vol se dirigeait lors de l’écrasement. « Depuis le début de la crise, Lion Air n’a jamais tenté de me contacter. Nous avons perdu notre enfant, mais Lion Air ne nous a montré aucune empathie ».

Une fois la réunion terminée, Rusdi Kirana est parti en coup de vent, évitant les questions des journalistes.

De nombreuses familles attendent dans l'angoisse l'identification de leurs proches disparus dans l’écrasement. Les experts médicaux de la police ont reçu près de 140 sacs mortuaires contenant des restes humains, mais ils n’ont jusqu’ici identifié que 14 des 189 victimes.

Des membres de la famille se demandent pourquoi le Boeing 737 MAX 8, sorti de l’usine seulement 2 mois plus tôt, avait été autorisé à voler après avoir connu des problèmes, notamment une descente rapide après le décollage, lors de son vol précédent.

« Lion Air a dit que le problème était réglé, est-il vrai que le problème a été réglé? a demandé un homme dont le fils était du vol tragique. « Si ce n'est pas le cas, les techniciens responsables doivent être tenus responsables », a-t-il dit.

Ils ont déclaré que l'avion était prêt à décoller de nouveau. Ces mauvais techniciens doivent être traduits en justice pour éviter qu’un tel accident d'avion se reproduise en Indonésie.

Témoignage d'un homme qui a perdu son fils

L'écrasement de l'avion de Lion Air est la pire catastrophe aérienne en Indonésie depuis 1997, où 234 personnes étaient mortes dans l’écrasement d’un vol du transporteur Garuda près de Medan. En décembre 2014, un vol d’AirAsia, effectuant la liaison entre Surabaya et Singapour, a plongé dans la mer, tuant les 162 personnes à son bord.

Lion Air est l'une des plus jeunes compagnies aériennes indonésiennes, mais elle a connu une croissance rapide, établissant des liaisons vers des dizaines de destinations nationales et internationales.

L’entreprise a pris d'assaut le marché de l’Asie du Sud-Est, une région à croissance rapide qui compte plus de 600 millions d'habitants, et s’y est rapidement implantée.

Avec les informations de Associated Press, et Reuters

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