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Des Gatinois en Australie pour participer aux Championnats du monde de sauvetage sportif

Le reportage de Kim Vallière

Même l'automne bien installé, un groupe de sauveteurs de Gatineau n'hésite pas à revêtir les habits protecteurs nécessaires pour affronter l'eau glaciale des lacs de l'Outaouais. Ils nagent, courent et naviguent pour se préparer à représenter le Canada aux Championnats du monde de sauvetage sportif, à Adélaïde, en Australie.

Un texte de Kim Vallière

Quinze membres du Club de sauvetage sportif de Gatineau participeront à l'événement, dès le 16 novembre. Pendant 6 jours, ils participeront à 10 épreuves en piscine et 12 à la plage.

On est un petit peu nerveux, fébriles, mais excités plus que stressés, je dirais, raconte Manon Fournier, en marge d'un des nombreux entraînements du groupe au Centre sportif de Gatineau. Ces sauveteurs améliorent leur forme physique et raffinent leurs techniques depuis des mois.

Les Gatinois compétitionneront dans la catégorie des maîtres, qui regroupe des athlètes de 30 ans et plus qui sont ensuite divisés selon leur âge. Environ 1000 athlètes, de près de 200 clubs d'un peu partout sur la planète, se disputeront le titre mondial.

C'est le seul sport dont le but ultime est de sauver des gens. C'est sûr que c'est vraiment intéressant pour ça.

Mylène Lepage, membre du Club de sauvetage sportif de Gatineau

Tous doivent posséder une certification de sauveteur pour être admissibles. C'est vraiment le sport qui nous permet de nous entraîner pour être en forme comme sauveteur, précise Mylène Lepage. Elle participera à cette compétition internationale pour la première fois.

Dans le sauvetage sportif, on jumelle plus de quatre sports et avec des équipements qui sortent un peu de l'ordinaire. Comme en piscine, on va faire des compétitions de natation, des compétitions de vitesse, mais avec des mannequins, avec des bouées tube, avec des palmes. Donc, on doit ajuste notre corps à toutes ces disciplines, indique Mme Fournier, qui a participé aux Championnats du monde en France, en 2014.

Deux femmes et un homme dans une piscineDes membres du club de sauvetage sportif de Gatineau à l'entraînement Photo : Radio-Canada / Kim Vallière

Le volet plage rassemble des épreuves de courses sur le sable, en plus de courses sur l'eau avec des aquaplanes et des surfs skis — des embarcations qui aident les sauveteurs à aller repêcher des victimes.

Chaque athlète a sa propre préparation à faire, explique un vétéran du sauvetage sportif au Canada, Daniel Bérubé. Cet été, j'ai fait la traversée du lac Ontario en aquaplane, j'ai fait aussi une course de 100 km, juste pour me préparer pour le mois de novembre, pour être sûr de bien faire.

Les attentes sont élevées pour les Québécois. Plusieurs sont détenteurs de records canadiens dans la discipline et ont déjà été médaillés aux Championnats du monde.

M. Bérubé espère même améliorer son record du monde au 100 m portage, une épreuve où le participant doit nager 50 m, avant de récupérer un mannequin et le ramener sur le reste de la distance.

Je l'ai fait en 1 min 07 s. Je pense que je suis capable d'améliorer mon temps; on a travaillé très fort cette année, mentionne-t-il, en ajoutant qu'il fonde également beaucoup d'espoir sur le relais masculin en portage de mannequin.

Battre les Australiens

Les Canadiens savent qu'ils doivent miser sur leurs performances en piscine pour espérer battre les autres nations, en particulier les Australiens. Ces derniers ont inventé le sport et ils seront en territoire connu.

On sait qu'en plage, ils sont extrêmement forts, parce qu'ils sont nés dans les vagues. Nous autres, on essaie bien d'en trouver, mais il faut aller d'un bout à l'autre du pays et c'est un peu loin. On sait que le calibre va être relevé, ajoute Manon Fournier, une mère de trois enfants.

Le Canada a remporté les Championnats du monde de sauvetage sportif à deux reprises dans les 12 dernières années, grâce à ses bonnes performances en piscine.

En France, il y a quatre ans, on avait fini premier. On avait battu les Australiens en piscine par une centaine de points, mais en plage, ils nous avaient détruits, se souvient Daniel Bérubé.

Si le sauvetage sportif demeure peu connu ici, la discipline est particulièrement répandue en Australie. Ici, tout le monde trouve ça vraiment ridicule et ne comprend pas trop pourquoi on le fait, mais là-bas, c'est normal pour les gens, ils font carrière en sauvetage, ajoute Mylène Lepage.

Ottawa-Gatineau

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