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Se séparer de son téléphone, trois heures à la fois

Se débrancher pour reconnecter
Radio-Canada

Garder constamment l'œil sur son téléphone intelligent peut devenir une fâcheuse habitude. C'est pourquoi la campagne Défi 5@8 sans écrans, qui vise à inciter couples et parents à se déconnecter, existe.

Le Défi 5@8 sans écrans consiste à contrer la dépendance aux écrans en se tenant loin des ordinateurs, téléviseurs et autres téléphones de 17 h à 20 h afin de se concentrer sur les humains qui nous entourent. Il se déroule du 5 au 11 novembre.

L'édition 2018 est la deuxième de cette campagne de sensibilisation lancée par Dominique Bernèche, cofondatrice de l’entreprise Les Belles Combines, enseignante de formation et mère de cinq enfants de moins de huit ans. Mme Bernèche était de passage sur le plateau de RDI week-end, dimanche.

« La première édition a été lancée très rapidement à la suite du documentaire Bye d’Alexandre Taillefer. Cela a été une prise de conscience pour moi. Je me suis dit : "On a de jeunes enfants, il faut faire de la prévention" », dit-elle. Le documentaire Bye, diffusé le mardi 5 décembre 2017, traite du suicide et de la cyberdépendance chez les jeunes.

Un adolescent passerait en moyenne 7 heures par jour devant un écran. « Je me suis moi-même interrogée sur ma consommation d’écran. En fait, je me suis demandé si j’étais un bon modèle. C’est vraiment de là que la réflexion [a démarré] », explique Dominique Bernèche.

Était-elle un modèle pour ses enfants? « Je crois que je ne l’étais pas tant que cela », répond-elle.

Le Défi 5@8 sans écrans propose différentes façons de maintenir les troupes occupées pendant toute une soirée : « Jase et joue », « Discute et dessine », « Placote et popote », « Bavarde et bricole », etc.

Avoir du temps

Chargée de s'occuper des réseaux sociaux des Belles Combines, elle reconnaît qu’elle avait souvent le téléphone à la main et qu’elle se faisait souvent déranger pendant qu’elle l’utilisait.

Elle s’est donc donné le défi personnel de passer trois heures par jour sans écran, heures pendant lesquelles les enfants sont à la maison, soit de 17 h à 20 h alors que toute la famille est réunie.

On l’a fait pour une semaine. Cela a très bien fonctionné. Je pense que ç’a été plus difficile pour moi que pour eux. Ils sont jeunes quand même. Je n’ai pas d’ados.

Dominique Bernèche, entrepreneure, enseignante et mère

Elle a constaté avoir plus de temps pour discuter et plus de temps pour faire plein d’activités.

« On a l’impression qu’on est débordés comme parents, puis quand on coupe les écrans, il y a du temps qui apparaît soudainement », admet-elle.

Le fait de se déconnecter a sans surprise un impact dans le développement des relations humaines.

« Quand on se met à parler à nos enfants et à leur dire que c’est important, c’est souvent eux qui nous font la remarque : “Maman, tu es encore sur ta tablette” ou “tu es encore sur ton téléphone” », illustre l'entrepreneure.

Des spécialistes considèrent que trop de temps passé devant des écrans est en train de devenir un problème de santé publique.

Dominique Bernèche souligne que cette campagne de sensibilisation vise justement à dire aux parents qu’il faut d’abord s’arrêter et vérifier quelle est sa consommation d’écrans, puis qu’il importe de réglementer leur consultation à la maison, afin de donner aux enfants des repères qui se traduiront en bonnes habitudes de vie.

Elle compare cette initiative aux bons conseils fournis au sujet de l’alimentation ou aux activités physiques.

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