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Éducation à la sexualité : des enseignants ne se sentent pas prêts

Les cours d'éducation sexuelle sont obligatoires depuis septembre.
En théorie, les cours d'éducation sexuelle sont obligatoires depuis septembre pour tous les élèves de la province. Photo: iStock

À quelques semaines du début des cours d'éducation à la sexualité dans certaines écoles primaires et secondaires de la région, certains enseignants ne se sentent toujours pas prêts à présenter ces contenus.

Un texte de Catherine Poisson, d'après une entrevue d'Isabelle Lévesque

Pour l'instant, les enseignants ont reçu de l'information et non de la formation, on va se le dire clairement, déplore la présidente du Syndicat de l'enseignement de la région de la Mitis, Martine Cliche.

Ce syndicat représente notamment les enseignants de la Commission scolaire Monts-et-Marées, qui a indiqué, tout comme la Commission scolaire René-Lévesque, que le programme allait débuter en décembre.

En 2017, le gouvernement de Philippe Couillard avait pourtant confirmé que le programme serait obligatoire à partir de septembre 2018 pour tous les élèves du primaire et du secondaire du Québec.

On va commencer à dispenser certains contenus, mais ça va être les premiers balbutiements, précise Mme Cliche.

Les enseignants à qui j'ai parlé ne pouvaient pas affirmer qu'ils étaient prêts parce qu'il y a beaucoup de questions qui restent sans réponse, notamment est-ce qu'on va avoir des personnes-ressources disponibles pour faire face à des situations qui pourraient être délicates?

Martine Cliche, présidente du Syndicat de l'enseignement de la région de la Mitis

Elle affirme que les enseignants ont été informés des différents contenus à présenter aux élèves selon leur niveau de scolarité, et que certaines écoles de la Commission scolaire des Monts-et-Marées ont agi à titre d'écoles pilotes auprès des élèves de première et deuxième années du secondaire. Malgré cela, plusieurs questions demeurent, selon elle.

Écoutez l'entrevue de Martine Cliche à l'émission Bon pied, bonne heure!

Une responsabilité partagée

Le programme d'éducation à la sexualité fait partie des domaines généraux de formation qui sont offerts en complément aux matières régulières, comme le français et les mathématiques. À ce titre, on ne peut pas parler d'enseignement, précise Mme Cliche, puisque l'enseignement est réservé aux enseignants, ce qui n'est pas le cas de l'éducation à la sexualité.

Les domaines généraux de formation, c'est une responsabilité partagée, alors les enseignants mettent la main à la pâte, mais le personnel professionnel ou d'autres intervenants extérieurs peuvent aussi venir dispenser ces contenus, explique-t-elle.

Le programme pourrait donc être présenté par des infirmières ou des intervenantes des Centres d’aide et de lutte contre les agressions à caractère sexuel (CALACS), par exemple.

Il faut que tous les élèves reçoivent les contenus qui leur sont destinés, mais à quel moment et par quelle ressource ça va se faire, ça reste à déterminer, souligne Mme Cliche.

Par exemple, qu'est-ce qu'on va faire avec des classes jumelées de 1re, 2e et 3e années, alors que les contenus destinés aux élèves de 3e année ne sont pas destinés aux élèves de 1re année?

Martine Cliche, présidente du Syndicat de l'enseignement de la région de la Mitis

Mme Cliche rappelle que le dernier ministre de l'Éducation, Sébastien Proulx, avait assuré que les enseignants pourraient choisir sur une base volontaire d'offrir ou non ces contenus. Elle recommande d'ailleurs aux enseignants qui ne se sentent pas suffisamment prêts ou outillés à offrir ces contenus de l'indiquer clairement à leurs supérieurs.

Pour toutes ses raisons, Mme Cliche estime que l'éducation à la sexualité ne sera pas enseignée avant le retour de la période des fêtes.

Le Syndicat de l'enseignement de la région de la Mitis représente aussi des enseignants de la Commission scolaire des Phares.

Gaspésie et Îles-de-la-Madeleine

Éducation