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La longue histoire d’un 6e lien entre Ottawa et Gatineau

Carte montrant trois tracés potentiels pour un nouveau pont entre Ottawa et Gatineau.

Trois corridors étaient à l'étude par la Commission de la capitale nationale entre 2009 et 2013 pour un futur pont entre Ottawa et Gatineau, dont celui de l'île Kettle.

Photo : Radio-Canada

Radio-Canada

La question du transport interprovincial est un enjeu de taille dans la région de la capitale nationale depuis des décennies. Ceux qui proposent aujourd'hui de relier Ottawa et Gatineau par un train léger sont les derniers d'une longue série d'intervenants qui souhaitent créer un nouveau lien pour enjamber la rivière des Outaouais. Retour sur certains projets prometteurs qui sont tombés à l'eau.

Le pont Masson-Cumberland

La première mouture d’un projet pour connecter l’ancienne ville de Masson, au Québec, et Cumberland, en Ontario, remonte à 1985. Le conseil municipal de Buckingham avait alors adopté une motion pour demander à la Commission de la capitale nationale (CCN) de se pencher sur la possibilité de construire un pont reliant Masson et Cumberland.

Ce lien ne verra cependant jamais le jour. Qu’à cela ne tienne, la famille Bourbonnais — qui assure la liaison interprovinciale à cet endroit grâce à ses traversiers depuis 1947 — décide de prendre le taureau par les cornes. L’entreprise privée souhaite réussir là où le secteur public a manifestement échoué.

C’est ainsi que le 10 novembre 2003, elle présente son propre projet de pont pour connecter l’Outaouais et l’Ontario. Contrairement à la vaste majorité de chantiers du genre, la facture de 32 millions de dollars associée à la construction ne nécessiterait pas un cent de fonds publics : les automobilistes paieraient pour traverser le pont.

Un traversier en hiver.Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Le traversier Bourbonnais de Masson-Cumberland (Archives).

Photo : Radio-Canada

Le traversier, quant à lui, continuerait de faire passer des automobilistes de part et d’autre de la rivière des Outaouais, mais entre les secteurs d'Aylmer et de Kanata.

L’idée semble plaire aux municipalités québécoises, qui y voient de bonnes occasions de développement économique. Les automobilistes habitués de prendre le traversier n’y voient pas non plus de problèmes, puisque le péage proposé s’apparente au prix qu’ils paient déjà pour prendre le bateau.

Le projet reçoit un accueil beaucoup plus froid en Ontario, où certains politiciens régionaux redoutent que la construction d’échangeurs pour mener à l’éventuel pont nécessite la destruction de certains logements.

Il faudra attendre 2007 pour voir un nouveau développement dans le dossier. Alors que l’homme d’affaires Gilles Desjardins s’engage à investir 1 million de dollars pour la réalisation du projet, la CCN lance une étude environnementale examinant six emplacements potentiels pour le pont des Bourbonnais.

Malheureusement pour la famille d’entrepreneurs, aucun emplacement ne fera l’unanimité, et le projet sombrera de nouveau dans l’oubli.

Le pont de l’île Kettle

La construction d’un nouveau pont se réinvite dans l’espace public quelques années plus tard en 2009, alors qu’une nouvelle étude de la CCN souligne la nécessité d’un sixième lien entre le Québec et l’Ontario.

Au mois de mai 2013, la CCN confirme que les environs de l’île Kettle sont le meilleur emplacement pour la construction d’un nouveau pont interprovincial. Le lien routier proposé connecterait la montée Paiement, à Gatineau, à la promenade de l’Aviation, à Ottawa.

Une vue aérienne de la région d’Ottawa et de Gatineau tirée de Google Maps. Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

La CCN recommande le corridor de l'île Kettle pour la construction d'un nouveau pont (Archives).

Photo : Google Maps

Selon une étude, l’île Kettle est le choix optimal pour réduire le trafic au centre-ville d’Ottawa en plus d’offrir le plus grand potentiel de développement économique et les plus bas coûts d’entretien, d’exploitation et de construction.

L’organisme fédéral estimait alors qu’il faudrait de cinq à huit ans et une volonté politique de toutes les parties concernées pour mener le projet à terme. C’est ce deuxième point qui signera l’arrêt de mort du projet.

En juin 2013, la CCN a annoncé qu’elle cesserait de financer l’étude environnementale du pont, une composante vitale à l’avenir du projet. Selon la Commission, c’est l’opposition du gouvernement ontarien qui l’a poussé à changer son fusil d’épaule.

Avec les informations de Daniel Bouchard

Ottawa-Gatineau

Histoire