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Un homme endormi forcé de quitter l’avion avant le décollage

Un homme regarde vers la gauche, assis sur une chaise, arbre de Noël et fenêtre en arrière-plan.
Stephen Bennett compte poursuivre WestJet en justice pour obtenir compensation. Photo: Radio-Canada
Radio-Canada

Un homme de Burnaby, en Colombie-Britannique, qui a récemment souffert d'un accident vasculaire cérébral (AVC), affirme avoir été humilié par WestJet, qui l'a forcé à quitter un avion pour Cuba parce qu'il s'était endormi peu avant le décollage.

Stephen Bennett avait pris des somnifères et dormait très profondément peu avant le départ de l’avion de Toronto le 13 octobre, ce qui a soulevé l’inquiétude d’au moins un des membres de l’équipage.

M. Bennett explique que le médicament lui avait été prescrit par son médecin peu avant son voyage, parce qu’il était fatigué et souffrait de douleurs à la jambe. Il a de la difficulté à marcher sans assistance depuis qu’il a eu un AVC, il y a deux mois.

Je me suis senti comme si je n’avais pas de droits

Stephen Bennett

WestJet affirme avoir fait ce qu’il fallait, parce qu’elle doit agir par « excès de prudence » lorsqu’elle détermine si un passager est, ou non, apte à rester dans l’avion, afin de prévenir tout problème grave qui pourrait se produire en plein vol.

Mais Stephen Bennett estime que la décision de la compagnie aérienne est injuste, parce qu’il a fini par se réveiller avant le décollage et que des membres du personnel médical l’ont déclaré assez en forme pour le transport aérien.

Réveillé avant le décollage

M. Bennett se trouvait à l’aéroport de Toronto pour un vol de correspondance entre Vancouver et Cayo Coco, sa destination finale, où il se rendait en compagnie de son fils et de sa femme, Josefa Sapelino. Une agente de bord a d’abord demandé à cette dernière de réveiller son mari, mais Mme Sapelino explique avoir décidé de ne pas le déranger quand il n’a pas répondu à un petit coup de coude de sa part.

La passagère Shelley Hickey, assise de l’autre côté du couloir, explique que l’agente de bord est ensuite revenue, demandant que Josefa Sapelino tente de nouveau de réveiller M. Bennett.

un homme et une femme, avec la salle d'un restaurant en arrière-planLa femme et le fils de Stephen Bennett l'ont accompagné lorsqu'il a dû quitter l'avion. Photo : Stephen Bennett

« Elle a dit qu’il devait être éveillé au cas où il y aurait un accident aérien, qu’il devait être alerte », dit Shelley Hickey.

Elle précise que M. Bennett était réveillé et alerte environ cinq minutes plus tard.

L’équipage a alors demandé à une passagère infirmière d’évaluer son état. Selon Mme Hickey, elle a confirmé qu’il allait bien.

Mais des ambulanciers sont arrivés avec un fauteuil roulant et ont sorti l’homme de l’avion.

« [L’agente de bord] a dit : "Vous devez partir, nous ne pouvions pas vous réveiller. Vous êtes une urgence médicale, et c’est pour la sécurité de tous les passagers", dit M. Bennett. J’étais tellement humilié. »

Deux secouristes l’ont alors amené sur la passerelle d’embarquement, ont vérifié ses signes vitaux et ont déterminé qu’il était apte à voyager, soutient M. Bennett. Il a aussi appelé un de ses médecins, qui lui a envoyé un courriel confirmant qu’il était en état de s’envoler.

Mais l’équipage ne l’a pas fait remonter à bord.

J’étais en pleurs. Ils sont devenus l’équipe médicale, juge et jury.

Stephen Bennett

Sa femme et son fils sont sortis avec lui.

WestJet appuie l’équipage

WestJet ne commente pas les cas spécifiques, mais la compagnie soutient la décision de l’équipage. Elle renvoie à la réglementation fédérale, qui statue que les transporteurs aériens peuvent refuser d’embarquer « toute personne ayant un comportement indiquant qu'elle peut présenter un risque pour la sécurité de l'aéronef, des personnes à bord ou de leurs biens ».

La silhouette d'un pilote vue de l'extérieur d'un appareil de Westjet.Westjet augmente le nombre de vols entre Calgary en Alberta et Whitehorse au Yukon. Photo : La Presse canadienne / Darryl Dyck

La porte-parole Lauren Stewart explique que c’est du devoir des membres d’équipage de refuser quiconque pourrait ne pas être en état de voler.

Ce faisant, ils permettent de réduire le risque qu’un incident médical se produise en plein vol, indique-t-elle.

La famille tout de même partie pour Cayo Coco

Shelley Hickey dit qu’un membre de l’équipage a indiqué à Stephen Benett qu’il pourrait prendre un autre vol : « On lui a assuré qu’on prendrait soin de lui une fois qu’il serait débarqué. »

M. Bennett indique que tout ce qu’on était en mesure de lui offrir, c’était le prochain vol de WestJet à destination de Cayo Coco, qui partait sept jours plus tard.

Or, ayant déjà réservé un forfait d’une semaine dans un tout-inclus pour 4000 $, avec WestJet Vacations, la famille a dû réserver des billets pour un vol d’Air Canada, partant deux jours plus tard.

En plus de payer plus de 1200 $ pour trois nouveaux billets d’avion, la famille a dû débourser 432 $ pour un hôtel à Toronto, et a manqué deux jours de vacances.

« Nous avons perdu tant d’argent », déplore Stephen Bennett.

« Nous soutenons les décisions de notre équipage, et croyons que ce que nous avons offert à notre client est raisonnable, dans les circonstances » dit la porte-parole Lauren Stewart.

Stephen Bennett affirme qu’on ne lui a offert aucune compensation jusqu’à maintenant, sauf un surclassement de sièges dans le vol de retour de Cuba. Il compte poursuivre WestJet en justice.

L’Office des transports du Canada signale que les passagers qui pensent qu’on leur a injustement interdit de rester à bord d'un avion peuvent déposer une plainte auprès de l’organisme.

Avec des informations de Sophia Harris, de CBC

Colombie-Britannique et Yukon

Transports