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L'école Boréale de Ponteix surpeuplée : la direction garde espoir

Une salle sans fenêtre autour de laquelle se trouvent plusieurs étagères remplies de livres. Des jeux de société sont empilés sur une table basse.

L'école Boréale de Ponteix a dû installer sa bibliothèque dans le sous-sol du Centre culturel Royer en raison du manque d'espace.

Photo : Radio-Canada

Radio-Canada

Le nombre d'élèves à l'école Boréale de Ponteix ne cesse d'augmenter depuis les quatre dernières années. Résultat : la seconde classe portative acquise en 2015 par la direction de l'école ne suffit plus et la grande majorité du centre culturel Royer, adjacent à l'école, a été converti en garderie, en classes, en bibliothèque et même en gymnase. Tout l'espace disponible est occupé. Que faire si le nombre d'élèves augmente encore l'an prochain? La direction s'en remet au Conseil des écoles fransaskoises.

Un texte de Marie-Christine Bouillon

L’école Boréale accueille des élèves de la prématernelle à la 12e année. Elle est formée de deux classes portatives dans lesquelles se trouvent six locaux de classe, un petit local servant à des rencontres d’aide pour les élèves et les bureaux de la direction. L’établissement est lumineux et les murs des couloirs sont ornés de différents projets scolaires réalisés par les élèves.

Si ces espaces étaient suffisants l’an dernier, ils ne le sont plus cette année. Assis dans son bureau, le directeur de l’école Boréale, Charles Lorimpo Lamboni, explique comment son équipe a dû faire face au nombre grandissant d’élèves.

« Cette année avec la croissance [du nombre d’élèves] que nous avons eue, qui a commencé l’année passée, on s’est retrouvé dans une situation où on manquait de classes. Donc, on a fait appel à la communauté », se souvient-il.

Plan moyen de M. Lamboni assis derrière son bureau.

Le directeur de l'école Boréale, Charles Lorimpo Lamboni

Photo : Radio-Canada / Marie-Christine Bouillon

« Nous avons la chance d’avoir l’école attenante au centre culturel, si bien qu’on a fait des démarches à leur endroit pour avoir des classes. Ils nous ont libéré beaucoup d’espaces et donc, certaines de nos classes sont dans le centre culturel », précise-t-il.

Inscriptions école Boréale de Ponteix

  • 2015-2016: 34 élèves
  • 2016-2017: 35 élèves
  • 2017-2018: 40 élèves
  • 2018-2019: 47 élèves

Source : Conseil des écoles fransaskoises (CEF)

Ainsi, le local qui servait de bureau à l’association fransaskoise de l’endroit, les Auvergnois de Ponteix, a été converti en classe de maternelle.

Au-dessus d'une porte beige se trouve une affiche indiquant le bureau des Auvergnois de Ponteix. Sur une grande affiche qui couvre presque complètement la porte, on peut lire: « Bienvenue dans la classe de maternelle ».

L'ancien bureau des Auvergnois de Ponteix est maintenant devenu la classe de maternelle.

Photo : Radio-Canada / Marie-Christine Bouillon

Le sous-sol du centre culturel Royer est occupé presque totalement par l’école Boréale. On y retrouve la classe d’anglais et d’arts où les élèves vont par petits groupes à différentes périodes. Bien que l’endroit soit décoré et stimulant, il s’agit d’un local sans fenêtres qui servait autrefois aux archives fransaskoises.

Ces dernières sont maintenant empilées dans une autre salle qui communique avec un grand espace transformé à la fois en bibliothèque et en gymnase. Ce gymnase n'est pas le gymnase principal des élèves, qui se déplacent vers une autre école, l'école élémentaire de Ponteix, pour les périodes sportives. Cependant, M. Lorimpo Lamboni souligne que le gymnase dans le centre culturel est utilisé en cas d’intempéries ou de froid.

Les casiers gris sont emballés dans une pellicule plastique et protégés par des boîtes de carton.

La direction de l'école ne trouve pas d'endroit pour installer de nouveaux casiers. Ils s'entassent donc dans un garde-robe du Centre culturel Royer.

Photo : Radio-Canada / Marie-Christine Bouillon

Espoir

Malgré la précarité de la situation, le directeur de l’école Boréale affirme à plusieurs reprises qu’il croit que la situation va s’améliorer. Mais il ignore quand et comment.

« Je pense que mes [patrons] travaillent fort, mais moi je ne peux pas savoir ce qui se passe, si je n’ai pas une annonce ou si on ne me le dit pas. Mais je sais quand même que la situation de Ponteix, ça les préoccupe sérieusement et qu’ils travaillent fort en ce sens », fait-il valoir.

Un centre culturel vers l'arrière, avec juste devant, une petite portion qui ressemble à une maison mobile. Il s'agit de l'école Boréale. Deux voitures sont stationnées devant le centre culturel

Une des deux classes portatives de l'école francophone à Ponteix est installée très près de l'entrée du centre culturel.

Photo : Radio-Canada

Radio-Canada a tenté d’en savoir plus sur les démarches du Conseil des écoles fransaskoises dans ce dossier, mais n'a pas obtenu de réponse pour le moment. Le président du Conseil scolaire fransaskois, Alpha Barry, n’était pas disponible pour accorder une entrevue dans l'immédiat.

Lors de son passage à Ponteix, Radio-Canada n'a pas pu discuter avec des élèves ou des enseignants sur le terrain ou dans l'école, le CEF a préféré sélectionner un seul intervenant pour l'occasion, le directeur de l'école. Toutefois, quelques parents rencontrés ailleurs dans la municipalité ont souligné l’importance de l’école fransaskoise dans l’éducation de leurs enfants.

C’est le cas de Laura Gloster dont les deux enfants fréquentent le système scolaire fransaskois. Mme Gloster ne parle pas français, contrairement à sa famille et à son conjoint. Elle estime que ses enfants doivent conserver leur héritage francophone et constate qu’elle n’est pas la seule à choisir le système scolaire fransaskois.

« Le nombre d’élèves inscrits ne cesse d’augmenter. Donc, ce serait bien d’avoir plus d’espace pour eux, une bibliothèque, un gymnase, tout ça serait apprécié », souligne-t-elle.

Cependant, elle affirme avec conviction que le manque d’espace ne nuit pas à la qualité de l’enseignement et du milieu de vie que fréquentent ses enfants.

Si le nombre d’élèves augmente depuis la création de l’école, l’amour de ces derniers pour leur établissement scolaire demeure toujours le même. La mère d’un ancien élève maintenant adulte, Gisèle St-Cyr, se souvient de la déception de son fils lorsqu’il a dû quitter l’école Boréale en 4e ou 5e année, pour poursuivre sa scolarité à Gravelbourg.

Mme St-Cyr estime qu’il est primordial d’avoir plus d’espace pour permettre aux petits fransaskois d’apprendre en français.

« Pour garder tous ces enfants-là, pour continuer, ils ont besoin d’une plus grande place. Tu ne peux pas mettre des jeunes ou des petits dans des petits coins parce que ça ne fonctionne pas. Je veux dire, il y a l'extérieur, mais l’hiver, qu’est-ce qu’ils font? S’il y a quelque chose au centre, ils n’ont rien! Il faut qu’ils aillent à l’école anglaise. Pour moi, c’est vraiment très important », lance-t-elle accoudée au bar de son établissement, Le Splitter's.

Plusieurs autres écoles du CEF aimeraient obtenir de nouveaux locaux. L’an dernier, à la suite d’une bataille judiciaire toujours en cours, menée par le Collectif des parents inquiets et préoccupés, les Fransaskois de Regina ont obtenu une nouvelle école temporaire : l’école du Parc.

À Prince Albert, des discussions seraient en cours pour obtenir de nouveaux locaux pour l’école Valois. Quant à Saskatoon, la situation demeure préoccupante, malgré une légère baisse d’inscriptions cette année.

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Éducation