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L'automobile séduit moins les jeunes, même en région

Mikaël Morrissette s'est débarrassé de sa voiture par convictions environnementales.
Mikaël Morrissette s'est débarrassé de sa voiture par conviction environnementale. Photo: Radio-Canada

De plus en plus de jeunes délaissent l'automobile solo. Selon le groupement des assureurs automobiles, en cinq ans, le nombre de jeunes de 16 à 20 ans possédant un véhicule a diminué de 20 % chez les hommes et de 15 % chez les femmes.

Un texte de Catherine Bouchard

Chez les 16-19 ans, le nombre de détenteurs de permis de conduire est passé de 180 219 à 124 258 pour l'ensemble de la province, démontrent des données obtenues auprès de la Société de l'assurance automobile du Québec(SAAQ). En Mauricie, le ratio de jeunes de 16 à 19 ans possédant un permis de conduire est passé de 70 % en 1996 à 50 % en 2017. Pour l'ensemble de la province, le ratio est de 45 % en 1996, contre 28,7 % en 2017, selon des données obtenues auprès de l'Institut de la statistique du Québec et de la SAAQ.

Selon la SAAQ, il y a des raisons démographiques qui expliquent la diminution du nombre de jeunes possédant un permis pour les chiffres provinciaux, mais l'organisme constate qu'ils passent leur permis de plus en plus tard.

Ils vont avoir à se déplacer, mais ils vont penser à des façons différentes de le faire. Ils vont retarder souvent le moment d'aller chercher leur permis de conduire. Ils vont se dire : "Je vais attendre une année, un an, deux ans, trois ans. Je vais me déplacer autrement." Ça peut être le transport en commun, ça peut être du covoiturage. Ça peut être d'autres façons que les jeunes conducteurs ou les jeunes en général vont trouver, remarque porte-parole de la SAAQ, Mario Vaillancourt.

Mikaël Morrissette, 26 ans, s'est d'ailleurs débarrassé de sa voiture en raison de ses convictions environnementales. Je le fais pour mon empreinte environnementale. D'une part, je n'en ai pas besoin et si on peut faire une différence par ces petits gestes-là, pour moi, c'est une bonne motivation, indique M. Morrissette.

Une tendance mondiale

Selon l'organisme en mobilité durable Roulons vert, de plus en plus de jeunes dans les villes québécoises de taille moyenne optent pour un cocktail de transports, notamment pour des considérations écologiques.

C'est remarqué de façon mondiale, je dirais. En Europe, ça fait longtemps, les jeunes vont beaucoup plus vers les attraits technologiques et les alternatives à l'automobile et c'est le fun de voir qu'ici en Mauricie, en région aussi, ça a lieu. J'ai fait aller mes contacts et on constate ça un peu partout au Québec, affirme le directeur général, André Lavoie.

Mikaël Morrissette estime que la complexité de certains déplacements sans automobile à Trois-Rivières ne consiste pas un frein à attirer des talents en région. C'est indéniable que c'est un gros plus dans une ville, que de travailler où il y a beaucoup de transport en commun et où il y a une offre qui est élargie. Je pense que c'est un incitatif à attirer des talents, plutôt qu'un frein à en attirer.

Québec, il n'y en avait pas de congestion avant et maintenant, c'est l'enfer. On peut prendre les devants et offrir une alternative qui a de l'allure. On ne peut pas demander aux gens de changer de mode de transport si on n'offre pas des alternatives viables. C'est là qu'il faut travailler sur les aménagements et sur les outils alentour des déplacements des gens.

Difficile de déterminer hors de tout doute les motivations derrière cette diminution du nombre de permis de conduire et d'auto solo chez les jeunes, mais l'automobile les séduit moins qu'avant.

Mauricie et Centre du Québec

Environnement