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L’avez-vous vu? De la gomme à mâcher éternelle et les leçons de karaté de la coquerelle

Radio-Canada

Une gomme qui ne perd jamais son goût, créer le parfum des parfums grâce à l'intelligence artificielle et le combat que livre la coquerelle contre la guêpe qui veut la transformer en zombie. Voici quelques nouvelles que vous auriez pu manquer cette semaine.

Un texte d'Alain Labelle


1. Une gomme à mâcher qui ne perd jamais son goût

Des ingénieurs japonais de l’Université de Meiji ont mis au point une gomme à mâcher électrique qui simule une saveur quand on la mâche, et ce, sans jamais perdre son goût.

Naoshi Ooba et ses collègues ont recours à l'effet piézoélectrique, c’est-à-dire la capacité de certains matériaux à produire un courant électrique lorsqu'ils sont tordus ou déformés.

L’invention nippone consiste en un élément piézoélectrique entouré d'électrodes en argent et d'un mince film en plastique de la taille d'une gomme à mâcher classique. L’invention nippone consiste en un élément piézoélectrique entouré d'électrodes en argent et d'un mince film en plastique de la taille d'une gomme à mâcher classique. Photo : Université de Meiji

L’invention nippone consiste en un élément piézoélectrique entouré d'électrodes en argent et d'un mince film en plastique de la taille d'une gomme à mâcher classique.

Mais contrairement à celle-ci, son goût est là pour durer puisque dès qu'on le mâche, l'élément produit un faible courant, insensible et indolore, qui donne une sensation de goût lorsqu'il entre en contact avec la langue.

À l’heure actuelle, la gamme de saveurs se limite à cinq : amer, salé, acide, sucré et umami.

Les 80 personnes qui l’ont testée, toutes nippones, affirment que la texture en bouche rappelle celle d’un niboshi, des sardines desséchées souvent offertes en amuse-gueule ou comme condiment dans la cuisine japonaise. Reste qu’une haleine inépuisable de sardine risque de ne pas plaire à un large public, si bien que les inventeurs travaillent à peaufiner leur prototype et à améliorer la gamme de saveurs.


2. À la guerre comme à la guerre

Une coquerelle (Periplaneta americana) se bat contre une guêpe (Ampulex compressa).Une coquerelle (Periplaneta americana) se bat contre une guêpe (Ampulex compressa). Photo : Université Vanderbilt

Comment les coquerelles (Periplaneta americana) combattent-elles les guêpes (Ampulex compressa) qui transforment leurs victimes en zombies? Elles leur donnent de bons coups de patte aux allures de karaté et évitent ainsi de devenir des « morts vivants ».

Le neurobiologiste Kenneth Catania et ses collègues de l’Université Vanderbilt ont filmé des combats en temps réel entre les deux insectes et ont observé comment les coquerelles réussissaient à éviter d’être transformées en zombies.

Ces guêpes sont les prédatrices naturelles de cette espèce de coquerelles en Amérique du Nord. Elles n’ont besoin que de deux piqûres pour transformer une coquerelle en morceau de viande ambulant sans résistance.

Dans un premier temps, la guêpe saisit le bord du bouclier qui recouvre l'arrière du cou de la blatte et la pique, ce qui la paralyse. Ensuite, la guêpe se penche pour la piquer à nouveau à travers la gorge. La coquerelle est ainsi transformée en zombie et la guêpe n’aura qu’à tirer sur son antenne pour qu’elle la suive comme un chien en laisse suit son maître.

La vidéo qui suit décrit (en anglais) le combat entre les deux insectes :

La suite est sans appel. La guêpe pond ses œufs sur la coquerelle et enterre l'insecte vivant qui se transforme ainsi en garde-manger pour les larves qui naîtront.

Le secret de la survie des blattes se trouve dans la vigilance et dans quelques bons coups de patte!

Dans 28 attaques filmées en laboratoire, les cafards n’ont pas eu le temps de réagir à la menace. Leurs attaquants n'ont eu besoin que d'environ 11 secondes pour s'approcher et les piquer. Toutefois, dans 17 cas, des coquerelles alertes ont réussi à combattre et à retenir les guêpes pendant au moins trois minutes, ce qui dans la nature aurait mené à un abandon de la l'insecte volant.


3. Le parfum à l’ère de l’intelligence artificielle

Des parfums.Des parfums. Photo : iStock

L’entreprise allemande Symrise, créatrice de parfums comme DKNY Delicious et Carolina Herrera 212 VIP Men a fait appel aux scientifiques d'IBM pour concevoir de nouvelles fragrances à l’aide de l’intelligence artificielle.

Des produits ont ainsi été créés pour le client O Boticario, et seront commercialisés en 2019.

Symrise met au point des fragrances depuis plus de 200 ans. Ses créateurs travaillent maintenant avec un instrument développé par le géant de l'informatique qui permet d’analyser des milliers de formules, d’ingrédients et de données historiques pour identifier de nouvelles combinaisons qui n’ont jamais été testées jusqu’ici. Selon l’entreprise, le recours à l’IA permet d’accélérer la conception de parfums, un processus qui nécessite une grande précision.

Il faut savoir qu’une toute petite différence dans la quantité d’une substance peut faire d’un parfum un succès ou un flop.

La nouvelle approche permet de guider les créateurs dans une immense banque de données composée de formules et de familles de parfums, tels les fruités, les épicés ou les fleuris.

Ce système combinant IA et savoir-faire ancestral est un trésor pour les concepteurs, qui peuvent désormais mettre au point rapidement un parfum spécialement conçu pour les hommes brésiliens de la génération du millénaire.


4. Quand Spot fait son « moonwalk »

Spot se déhanche sur la chanson Uptown funk de Bruno Mars.Spot se déhanche sur la chanson Uptown funk de Bruno Mars. Photo : Boston Dynamics

Les prouesses des robots captivent les humains, qui se demandent souvent si leurs créations ne finiront pas par les remplacer au travail ou dans leurs tâches quotidiennes.

Il y a quelques semaines, Boston Dynamics présentait son robot quadrupède Spot, capable, entre autres, d’ouvrir des portes ou d’inspecter des matériaux sur un chantier de construction. À l’approche de sa commercialisation, l’entreprise a diffusé une vidéo qui montre maintenant ses talents de… danseur!

La vidéo qui suit montre les qualités de danseurs de Spot:

Spot s’y déhanche sur la chanson Uptown Funk de Bruno Mars, y allant même d’un « moonwalk » bien senti à la Michael Jackson et montrant même son popotin suivant le rythme de la musique. Il accomplit aussi plusieurs séries de pas à faire rougir tous les mononcles qui peuplent les planchers de danse des mariages.


5. L’oiseau-éléphant nocturne, et aveugle?

Représentation artistique d'oiseaux-éléphantsReprésentation artistique d'oiseaux-éléphants Photo : Université du Texas à Austin

Si vous rencontriez un oiseau-éléphant aujourd'hui, il serait difficile de le manquer. Mesurant plus de 3 mètres de haut, il fut, selon nos connaissances actuelles, le plus gros oiseau à fouler la surface terrestre avant de disparaître il y a environ 1000 ans. Mais, selon des paléontobiologistes américains, il ne devait pas être un grand prédateur puisqu’il était nocturne et probablement aveugle.

Les chercheurs expliquent que la partie de leur cerveau qui traitait la vision était minuscule, une réalité qui laisse à penser qu’il était nocturne et peut-être aveugle.

Ces traits sont communs à son plus proche parent actuel, le kiwi, que l’on retrouve en Nouvelle-Zélande.

« L'étude de la forme du cerveau est un moyen très utile de relier l'écologie, la relation entre l'oiseau et l'environnement, et l'anatomie », explique Christopher Torres de l’Université du Texas à Austin.

L’oiseau-éléphant vivait sur le territoire qui correspond aujourd’hui à Madagascar jusqu'à ce qu'a la perte de son habitat et la chasse humaine entraîne sa disparition.


6. Le ciel des photographes récompensé

Les gagnants du concours annuel de photos astronomiques de l’Observatoire royal de Greenwich ont été dévoilés cette semaine, et les images récompensées sont sublimes. La Voie lactée est particulièrement à l’honneur, puisque deux photos dans lesquelles elle apparaît se trouvent au sommet du classement.

La photo de l'année du concours organisé par l’Observatoire royal de Greenwich.La photo de l'année du concours organisé par l’Observatoire royal de Greenwich. Photo : Brad Goldpaint

La première position revient à l’Américain Brad Goldpaint, pour sa photo prise à Moab, dans l'Utah, montrant d'immenses formations rocheuses avec, en arrière-plan, la Voie lactée (à droite) et Andromède (à gauche). M. Goldpaint a battu des milliers d’autres photographes amateurs et professionnels du monde entier et a remporté un prix en argent de 17 000 $.

L’autre finaliste en compétition, le Britannique Andrew Whyte, s’est illustré avec sa photo Espace vivant prise à Pagham, au Royaume-Uni, qui montre la Voie lactée dans le ciel au petit matin dans un quartier où les lampadaires éteints permettaient l’observation du ciel. Une photo qui rappelle à quel point la pollution lumineuse des villes nuit à l’observation du ciel.

La photo finaliste d'Andrew Whyte.La photo finaliste d'Andrew Whyte Photo : Andrew Whyte

Société