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C'est pour aider la communauté, dit le détaillant de cannabis de La Loche

Clay Sparks parle en entrevue.
Clay Sparks veut s'assurer que le nouveau magasin s'adresse à la communauté. Photo: CBC

Clay Sparks, un homme d'affaires de Saskatoon qui envisage d'ouvrir un magasin de cannabis récréatif à La Loche, en Saskatchewan, souhaite que son magasin joue un rôle dans le processus de guérison de la communauté.

« Je veux bien faire les choses », a-t-il déclaré.

Le village de 2300 habitants, situé dans le nord de la province, a été frappé par une tragédie en janvier 2016, lorsqu’un adolescent a tué deux personnes dans une maison, puis deux autres dans son école, où il en a blessé sept autres.

La région est aussi marquée par un taux de suicide élevé en comparaison avec les autres provinces et territoires, par des problèmes de toxicomanie, ce qui a incité la communauté à réclamer davantage de services de santé.

Clay Sparks est l’un des 51 détaillants ayant obtenu un permis de vente de la province.

Il a déclaré qu’il ne voulait pas être perçu comme quelqu’un qui allait « arriver en créant un autre problème ». « Je sens un poids sur mes épaules », a-t-il confié.

Son magasin n'ouvrira toutefois pas avant le printemps 2019, explique-t-il. « Je pense juste à la façon dont cela doit se jouer pour fonctionner de façon responsable et en toute sécurité. »

Des moments de doute

Pour expliquer ce retard, Clay Sparks confie qu'il a fait face à des difficultés logistiques. Il a notamment eu des difficultés à trouver un emplacement pour son magasin initial, en attendant de construire un magasin permanent. « Il y avait étonnamment peu d'options », explique-t-il.

Clay Sparks a confié avoir eu des doutes quant à l'ouverture du commerce. « J'ai eu quelques moments où je regardais vers le ciel. »

Il poursuit son projet, même s’il a eu « beaucoup » d’offres d’achat pour son permis de vente.

Clay Sparks affirme vouloir aider les habitants de La Loche à comprendre les effets des différentes variétés de cannabis et peut-être même de mieux les dissocier de l'alcool et des drogues dures.

« Certaines [variétés] peuvent vous rendre somnolent, d'autres vous rendre heureux, d'autres vous donner de l'énergie, d'autres vous aider à soulager votre douleur, physique ou mentale », a-t-il précisé.

En vertu des lois provinciales et fédérales, il ne peut que renseigner ses clients sur les effets du cannabis, sans faire de recommandations sur les produits.

Une occasion manquée, dit le maire

Le maire de La Loche, Robert St-Pierre, pense que Clay Sparks a « de bonnes intentions ». Il ajoute qu'il a été soulagé que le permis ne soit pas allé à une entreprise située à l'extérieur de la province.

Néanmoins, Robert St-Pierre est frustré que le village, en collaboration avec la Première Nation de Clearwater River, n’ait pas réussi à obtenir le seul permis de cannabis à usage récréatif de La Loche.

Le maire de La Loche, Robert St-Pierre« Depuis la fusillade, la province a toujours dit : "Oui, nous allons vous soutenir. Dites-nous ce dont vous avez besoin" », a déploré Robert St-Pierre. Photo : Radio-Canada / Don Somers

Toutefois, le maire aurait souhaité que le gouvernement provincial accorde une attention particulière aux groupes autochtones intéressés des communautés du Nord lors du processus de sélection des permis de vente.

« La province a eu une occasion de prendre une bonne décision. Et elle ne l'a pas fait. Nous vivons avec cela. Une fois encore, la province nous a rendu un mauvais service. Parce que nous avions une réelle occasion de gérer quelque chose qui aurait pu être bénéfique pour la communauté. »

Un porte-parole de la province a déclaré que le gouvernement était au courant des préoccupations de la Municipalité.

Le gouvernement prévoit « évaluer l'efficacité de l'attribution initiale de magasins de détail et pourrait dégager des permis supplémentaires 12 à 18 mois après la légalisation », a ajouté le porte-parole.

« Nous encourageons les municipalités qui ont permis l'établissement de magasins de cannabis dans leurs communautés à travailler en collaboration avec les propriétaires qui ont remporté le processus de sélection », a-t-il précisé.

Le commerçant veut rendre service à la communauté

Clay Sparks a déclaré que, dans la mesure où le magasin sera une réussite, il est prêt à contribuer au financement d'initiatives communautaires importantes à partir de ses revenus. « Une partie de cette réussite doit être réinvestie dans cette communauté », a-t-il affirmé.

Le commerçant estime que son magasin pourrait créer 8 à 12 emplois.

« Je souhaite jouer un rôle majeur dans le développement, l'avancement et la guérison de la communauté de La Loche et je veux le faire avec et pour cette communauté », a-t-il déclaré.

Avec les informations de Guy Quenneville

Saskatchewan

Drogues et stupéfiants