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Des récoltes de maïs rongées par une moisissure rose

Un gros plan d'un épis de maïs.
La présence de vomitoxine crée une mousse rousse sur les grains de maïs. Photo: Radio-Canada / Dale Molnar
Radio-Canada

Les récoltes de maïs de nombreux producteurs agricoles du Sud-Ouest de l'Ontario seront impropres à la consommation cette année. Les agriculteurs touchés risquent de perdre des milliers de dollars avec la baisse de valeur de leurs grains.

Un texte de Floriane Bonneville

Les fortes pluies estivales ont entraîné la prolifération de vomitoxines, ou moisissure rose, sur le maïs. Bien que ce problème soit plutôt commun, il est davantage répandu cette année.

Selon le président de l'Union des cultivateurs franco-ontariens (UCFO), Simon Durand, les plants de maïs n'ont pas pu évacuer l'humidité en raison de l'abondance et de la constance des pluies.

Par conséquent, des champignons se sont formés sur les grains.

M. Durand explique qu'il s'agit là d'un problème habituel en agriculture : Nous travaillons avec dame Nature, donc il est normal que le climat change nos récoltes d'année en année.

Cette année, toutefois, le problème est répandu dans le Sud-Ouest, une région de l'Ontario reconnue pour son nombre élevé de récoltes de maïs.

Un champ inondé. Les champs de maïs sont toujours impraticables et les agriculteurs ne peuvent s'y rendre en ce moment à cause de la boue. Photo : Radio-Canada / Dale Molnar

Contamination du maïs

En raison du degré de contamination du maïs, les distilleries et usines de production d'éthanol achètent les boisseaux à plus bas prix. Plus le taux de toxicité est élevé, plus les agriculteurs perdent de l'argent.

Les acheteurs de maïs réduisent le prix des boisseaux de 25 sous pour chaque unité de parties par million (PPM) de vomitoxine présente dans la récolte. Un boisseau est habituellement vendu au coût de 4 $.

Charles Desmarais est un agriculteur de Pointe-aux-Roches dont les champs sont touchés par la moisissure rose. Il risque de perdre plus de 10 000 $ cette année.

L'un de mes champs est pire que l'autre, il affiche une toxicité de niveau 5 et cela me fera perdre au moins 1,25 $ par boisseau.

Charles Desmarais, agriculteur de Pointe-aux-Roches

Selon M. Desmarais, la situation risque de s'aggraver en raison des fortes pluies qui continuent de s'abattre dans le Sud-Ouest ontarien. En 72 heures seulement, de 50 à 70 millimètres de pluie sont tombés dans la région cette semaine.

Nous ne commençons la récolte que la semaine prochaine au plus tôt, mais pour le moment, nous ne pouvons pas aller dans les champs et l'état de nos épis continue à se détériorer à cause de la pluie abondante.

Charles Desmarais, agriculteur de Pointe-aux-Roches

Maurice Chauvin est le président de l'Organisation des producteurs de grains de l'Ontario. La situation risque d'être très grave pour lui cette année.

Un homme se tient devant son tracteur. Maurice Chauvin est le président de l'Organisation des producteurs de grains de l'Ontario, ses champs n'ont toujours pas été évalués, mais il dit que des dizaines de producteurs à travers la province sont aux prise avec ce problème. Photo : Radio-Canada / Dale Molnar

Il note cependant que les agriculteurs peuvent toucher 70 % du prix de leurs récoltes grâce à une assurance, mais comme une assurance automobile, dit-il, les primes montent lorsque l'on fait des réclamations.

M. Chauvin note d'ailleurs que des agriculteurs de partout dans la province sont touchés par ces toxines.

Selon Gérald Cheng d'Environnement Canada, les précipitations dans le Sud-Ouest, de London à Grand Bend, ont dépassé de 25 % la normale saisonnière cet été.

Dans la région de Windsor-Essex, toutefois, les précipitations ont été en dessous de la normale saisonnière de 25 à 50 %.

Windsor

Agro-industrie