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Les États-Unis confirment le retour des sanctions contre l'Iran dès lundi

Une Iranienne marche devant une murale où l'on voit un pistolet peint aux couleurs du drapeau américain.

Une Iranienne marche devant une murale peinte sur le mur de l'ancienne ambassade américaine, à Téhéran.

Photo : Getty Images / ATTA KENARE

Radio-Canada

Les États-Unis rétabliront dès lundi toutes les sanctions contre l'Iran qui avaient été levées dans la foulée de l'accord de 2015 sur le nucléaire iranien, ont confirmé vendredi le secrétaire d'État américain Mike Pompeo et son collègue au Trésor, Steven Mnuchin.

Les sanctions en question prévoient l'imposition de pénalités pour tout État ou entreprise étrangère qui continue de faire des affaires avec des entreprises privées et publiques iraniennes dans les secteurs des finances, de l'énergie et du transport de marchandises inscrites sur une liste noire américaine.

Quelque 700 personnes ou entités ont été ajoutées à cette liste, a précisé pour sa part le secrétaire au Trésor Steven Mnuchin. Cela inclut la banque centrale iranienne, un certain nombre d'institutions financières privées, des ports et des compagnies de transport.

Il s'agit de la deuxième tranche de sanctions à être rétablies depuis que le président américain Donald Trump a annoncé le retrait des États-Unis de l'accord sur le nucléaire iranien en mai dernier. Certaines sanctions avaient été rétablies 90 jours après ce retrait, et d'autres devaient l'être après 180 jours, soit lundi prochain.

Huit pays bénéficieront toutefois de dérogations et seront autorisés à continuer d'importer du pétrole iranien pour une durée limitée, a indiqué le secrétaire d'État américain Mike Pompeo. Il s'agit d'États qui ont bel et bien tenté d'éliminer ces importations, mais qui n'ont tout simplement pas réussi à y parvenir à temps, a-t-il précisé.

Ces États doivent être identifiés lundi, mais des sources d'Associated Press indiquent que l'Italie, l'Inde, le Japon et la Corée du Sud sont du lot. La Turquie dit aussi avoir été exemptée.

Les États-Unis vont aussi couper du circuit bancaire international Swift certaines institutions financières iraniennes frappées par des sanctions, a fait savoir M. Mnuchin. D'autres resteront toutefois liées à ce système, contre l'avis de certains faucons au Congrès américain qui ne souhaitaient aucune exemption.

MM. Pompeo et Mnuchin ont tous les deux affirmé que des exemptions ont été prévues pour des « transactions humanitaires ».

Objectif : modifier le comportement de l'Iran

Selon M. Pompeo, le retour des sanctions vise « à modifier en profondeur le comportement » de la République islamique. Il a d'ailleurs publié une liste de 12 demandes auxquelles Téhéran doit répondre si elle veut leur levée.

Ces demandes comprennent notamment la fin du soutien de l'Iran à des activités considérées terroristes, la fin de leur engagement militaire en Syrie et l'arrêt complet de toutes les activités nucléaires et de développement de missiles balistiques.

Cette partie du processus doit permettre de priver le régime des revenus qu'il utilise pour propager la mort et la destruction dans le monde. [...] Notre objectif ultime est d'obliger l'Iran à abandonner de façon permanente ses activités irrégulières étayées et à agir comme un pays "normal".

Mike Pompeo, secrétaire d'État américain

L'annonce du retour de ces sanctions a été accueillie avec une attitude de défi à Téhéran. « Les États-Unis ne parviendront pas à prendre des mesures contre notre grand et brave pays », a déclaré à la télévision d'État un porte-parole du ministère des Affaires étrangères, Bahram Qasemi. « Nous avons les connaissances et les capacités pour gérer les affaires économiques du pays. »

Le retrait des États-Unis de l'accord sur le nucléaire iranien de 2015 a été décrié par les autres signataires, soit la France, le Royaume-Uni, l'Allemagne, la Chine et la Russie.

Ils ont tous noté que l'Iran respectait les engagements pris en vertu de l'accord, comme le confirme régulièrement l'Agence internationale de l'énergie atomique, chargé de sa surveillance.

De vifs regrets du côté européen

Dans une déclaration conjointe publiée peu après, l'Union européenne (UE), la France, l'Allemagne et le Royaume-Uni ont d'ailleurs réaffirmé leur détermination à poursuivre la mise en oeuvre de l'accord sur le nucléaire iranien. Ils disent « regretter vivement » le rétablissement des sanctions.

« Le JCPOA [acronyme du nom anglais de l'accord, NDLR] constitue un élément majeur de l’architecture mondiale de non-prolifération nucléaire et de la diplomatie multilatérale, approuvé à l’unanimité par le Conseil de sécurité des Nations Unies dans sa résolution 2231. Il est essentiel pour la sécurité de l’Europe, de la région et du monde entier », déclarent-ils.

« Nous avons pour objectif de protéger les acteurs économiques européens qui sont engagés dans des échanges commerciaux légitimes avec l’Iran, conformément à la législation européenne et à la résolution 2231 du Conseil de sécurité des Nations unies », poursuivent-ils.

Nous demeurons engagés dans la mise en œuvre du JCPOA, en lien avec le respect des accords internationaux et notre sécurité internationale commune, et nous attendons de l’Iran qu’il joue un rôle constructif à cet égard.

Extrait de la déclaration commune de l'UE, de la France, du Royaume-Uni et de l'Allemagne

La déclaration est signée par la cheffe de la diplomatie de l'UE, Federica Mogherini, les ministres des Affaires étrangères français Jean-Yves Le Drian, allemand Heiko Maas et britannique Jeremy Hunt, et les ministres des Finances français Bruno Le Maire, allemand Olaf Scholz et britannique Philip Hammond.

Avec les informations de Agence France-Presse, Associated Press, et Reuters

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