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La santé s’engage en français à Winnipeg

Assis derrière des tables disposées en plusieurs rangées, une cinquantaine d'hommes et de femmes lisent les papiers qui sont installés devant eux.

Les personnes présentes à l'assemblée générale annuelle de Santé en français ont applaudi la nomination récente de Réal Cloutier comme président-directeur général de l'Office régional de la santé de Winnipeg (ORSW).

Photo : Radio-Canada / Mathilde Monteyne

Radio-Canada

Des représentants des milieux francophones et de la santé du Manitoba étaient réunis à Winnipeg jeudi à l'occasion de l'assemblée générale annuelle de Santé en français. Celle-ci a permis de souligner le travail mené dans le secteur pour améliorer l'accès à des services de soins en français.

Un texte de Mathilde Monteyne

« Ç'a été une année difficile, mais une année fructueuse », souligne Annie Bédard, la directrice générale de Santé en français. Pour planifier l’avenir, elle explique que Santé en français travaille sur deux projets avec l’organisme Shared Health/Soins Communs, chargé de la planification des services de santé à l’échelle provinciale.

Une dame aux courts cheveux blonds sourit fièrement à l'objectif.

Annie Bédard, directrice générale à Santé en français

Photo : Radio-Canada / Mathilde Monteyne

Le partenariat vise à assurer, dit-elle, l’intégration des services en français dans le fonctionnement de Shared Health/Soins communs et à élaborer une stratégie pour répondre à la pénurie de personnes occupant des postes bilingues.

Le nerf de la guerre, on le sait, c’est vraiment les ressources humaines, c’est à ce niveau-là que les services peuvent être offerts.

Annie Bédard, directrice générale de Santé en français

Le travail entamé avec l'organisme provincial permettra, selon le président de Santé en français, Francis Labossière, « de ne pas planifier quelque chose de majeur sans appliquer la lentille francophone ».

Il s’agit donc de s’assurer d’agir en amont, lors de la planification des services « au lieu de faire toute l'organisation des services et ensuite se dire qu’on n’a pas pensé aux francophones », explique-t-il.

Il rappelle, en outre, que Santé en français appuie les offices régionaux de la santé du Manitoba, notamment en traduisant divers documents administratifs pour les patients. Cette année, l'organisme a dépensé près de 114 000 $ dans des traductions.

Une homme aux courts cheveux gris et portant des lunettes rectangulaires à bords noirs est en costume et cravate, et sourit à l'objectif.

Francis Labossière, président de Santé en français

Photo : Radio-Canada / Mathilde Monteyne

Santé en français fait également passer des tests aux employés occupant des postes désignés bilingues pour évaluer leur niveau de français et, le cas échéant, leur proposer de suivre des cours. Environ 56 000 $ ont ainsi été dépensés dans la formation linguistique par le biais d'un partenariat avec l’Université de Saint-Boniface, qui donne des cours de perfectionnement en français.

On ne s’attend pas à ce que les gens puissent écrire des romans en français, mais plutôt qu’ils soient capables de vraiment comprendre le client et de converser avec lui.

Francis Labossière, président de Santé en français

L’assemblée est suivie, vendredi, d’un forum provincial pour les intervenants et les professionnels de la santé. À cette occasion, Martine Bouchard, la présidente et directrice générale de l'Hôpital Saint-Boniface, annoncera qu’elle a signé la Déclaration d’Ottawa. Au nom d’une francophonie canadienne en santé.

Une Déclaration d’Ottawa à Saint-Boniface

La Déclaration d’Ottawa décline sept points d’engagement pour améliorer l’accès à des services et des programmes de santé en français.

« Pour moi, c’est hyper important, d’abord parce qu’on peut communiquer notre souffrance, notre niveau de douleur, nos inquiétudes, sans qu’il y ait aucune barrière », dit-elle. Elle souligne le fait que l’Hôpital Saint-Boniface a le statut d’établissement bilingue : « Donc, il faut vraiment le vivre à tous les niveaux. »

Pour donner plus de poids à cet engagement, Mme Bouchard désire en faire une résolution signée par son conseil d’administration, qui garantira que l’ensemble de l’établissement travaille dans le même sens.

Une dame aux cheveux blonds mi-longs et en tailleur noir sourit à l'objectif.

Martine Bouchard, présidente-directrice générale de l'Hôpital Saint-Boniface

Photo : Radio-Canada / Mathilde Monteyne

« On parle de désignation de postes dans des endroits clés, de spécialités clés pour faire en sorte qu’on clame haut et fort qu’on est capable de donner un service à la population dans sa langue », précise-t-elle.

Martine Bouchard confie que l'Hôpital travaille sur un projet visant à rendre les panneaux d'indication vers les différents services de soins trilingues, soit en anglais, en français et en cri. Ce sont, dit-elle, les trois langues principales de la population à qui il s'adresse.

Une nouvelle norme pour éliminer les barrières linguistiques

Au printemps, les établissements de santé pourront choisir de se soumettre à une nouvelle norme visant à favoriser les bonnes pratiques pour un accès de qualité aux services de santé en français au pays.

Élaborée par l’Organisation de normes en santé avec le soutien de Société Santé en français, cette norme fournit une douzaine de critères établis à partir d’une revue de la littérature, de consultations et d’apports d'experts de terrain nationaux et internationaux, explique Caroline Vézina, la directrice de la programmation de Société Santé en français.

Ce qu’on est arrivé à démontrer, c’est que la langue est un enjeu de qualité et de sécurité.

Caroline Vézina, directrice de la programmation de Société Santé en français

« Quand un professionnel de la santé ne peut pas parler la langue du patient, le patient ne comprendra pas bien ce qui se passe et ne pourra pas suivre son traitement ou sa médication », soutient Mme Vézina.

Amy Pack, la gestionnaire de programme au sein d’Organisation de normes en santé, explique que les établissements ayant décidé de se soumettre à la norme recevront la visite d’un évaluateur.

Elle précise que la prochaine étape du travail vise à élaborer un programme pour aider les établissements à se conformer aux critères de la norme.

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