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Moins du quart des terres sont exemptes de l'activité humaine, avertissent des scientifiques

Des arbres dans la forêt boréale

La forêt boréale constitue une grande partie des territoires encore intouchés par l'activité humaine au Canada.

Photo : Radio-Canada / Benoît Jobin

Prenez note que cet article publié en 2018 pourrait contenir des informations qui ne sont plus à jour.

Une équipe de chercheurs de l'Université du nord de la Colombie-Britannique (UNBC), de l'Université du Queensland, en Australie, et de la Wildlife Conservation Society (WCS), une organisation établie à New York, sonnent l'alarme sur le rythme auquel diminuent les milieux naturels exempts d'activité humaine.

À l’échelle mondiale, plus des trois quarts des terres, à l’exclusion de l’Antarctique, ont été modifiés par les activités humaines, selon les scientifiques, dont l’étude a été publiée dans la prestigieuse revue scientifique Nature.

« Entre 1993 et 2009, une zone de terres sauvages plus grande que l’Inde – un vertigineux 3,3 millions de kilomètres carrés – a été perdue pour faire place à des établissements humains, des fermes et des mines, ou encore soumise à d’autres pressions », écrivent-ils.

« Nous lançons un appel pour une protection à grande échelle des régions sauvages », déclare l’un des membres de l’équipe de recherche, le professeur en gestion des écosystèmes Oscar Venter, de l'UNBC, pour qui cela est crucial pour éviter une extinction massive des espèces.

L'eau, aussi à protéger

Ce ne sont pas que les terres qui doivent être mieux protégées, selon les chercheurs. Il reste seulement 13 % des eaux de la planète qui sont libres d’activités humaines majeures.

« Dans les océans, les seules régions sans pêche industrielle, sans pollution et sans transport maritime sont presque toutes confinées aux régions polaires », dit le rapport.

Et le Canada a un rôle fondamental à jouer pour protéger ce qui reste des milieux sauvages : c’est le deuxième pays dans le monde, après la Russie, qui en contient le plus grand nombre.

Carte du Canada avec larges pans de territoires coloriés.Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Le Canada possède encore une grande superficie d'espaces sauvages. Seule la Russie en compte plus.

Photo : UNBC

Selon l’étude, cinq pays possèdent plus de 70 % de ces espaces.

« Ce que font la Russie, le Canada, les États-Unis, l’Australie et le Brésil compte énormément. »

— Une citation de  Oscar Venter, professeur en gestion des écosystèmes, UNBC

Le nord-ouest de la Colombie-Britannique, territoire à préserver

Selon M. Venter, il faut que le Canada repense sa stratégie de développement du Nord, notamment en ce qui a trait à l’exploitation du gaz, du pétrole et des mines.

Par exemple, le nord-ouest de la Colombie-Britannique, avec ses nombreuses rivières, qui sont notamment cruciales pour les stocks de saumon, reste encore largement intouché par l’activité humaine.

Mais des projets comme celui de gaz naturel liquéfié de LNG Canada, qui prévoit la construction d'un pipeline long de 670 kilomètres de Dawson Creek à Kitimat, où sera construite une usine de liquéfaction du gaz naturel pour faciliter son exportation vers l'Asie, auront un impact majeur sur ce territoire.

« Le projet de LNG Canada est ce qu’on appelle une infrastructure habilitante brute : une fois que l’usine est construite, on risque d’avoir soudainement une prolifération d’infrastructures pétrolières et gazières, qui couvrent de grands espaces, pour alimenter cette centrale », prévient Oscar Venter.

« Ce que j’aimerais, c’est qu’on essaie d’éviter d’avancer de plus en plus dans ces endroits sauvages », ajoute-t-il.

L'espoir repose à l'international

L'équipe de chercheurs fonde beaucoup d'espoir sur la 14e Conférence sur la diversité biologique, qui réunira les États membres de la Convention des Nations unies sur la diversité biologique (CDB) en Égypte du 17 au 29 novembre prochains.

Les chercheurs souhaitent que les États conviennent d'objectifs ciblés en matière de conservation des espaces sauvages, pour après 2020.

« Si le Canada s'implique et milite pour l'inclusion de la conservation dans les prochains objectifs de la CDB, cela pourrait faire une grande différence », croit Oscar Venter.

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