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Télécommunications : le président du CRTC appelle à une modernisation majeure

Un gros plan sur l'arrière d'un serveur web dans lequel sont branchés des câbles orange.

Le CRTC réclame une modernisation des infrastructures numériques du pays pour répondre aux besoins des Canadiens.

Photo : iStock

Radio-Canada

L'avenir des télécommunications et de la radiodiffusion comporte son lot de défis que le Canada devra prendre à bras-le-corps, avance le président du Conseil de la radiodiffusion et des télécommunications canadiennes (CRTC), plaidant pour une modernisation et des investissements sans précédent.

Un texte de Hugo Prévost

Dans un discours prononcé jeudi dans le cadre de la conférence annuelle de la Section canadienne de l'Institut international des communications, Ian Scott a ainsi tracé un portrait en demi-teinte du paysage technologique canadien. Accès à Internet haute vitesse, consommation de données sur appareils mobiles, production et diffusion du contenu d'ici...

Le Canada se trouve dans une position enviable, dit M. Scott, mais d'importants obstacles devront être surmontés pour s'assurer que les infrastructures du pays soient suffisamment solides pour soutenir la croissance de la demande et l'enthousiasme des consommateurs.

Pour le président du CRTC, le premier obstacle consistera à s'assurer que tous les Canadiens aient accès à une connexion Internet à haut débit, couplée à une bande passante illimitée.

« Il existe encore un écart considérable entre les régions rurales et urbaines », a expliqué Ian Scott.

Si 95 % des ménages urbains ont accès à une vitesse de téléchargement atteignant les 50 mégaoctets par seconde, à peine 37 % des ménages ruraux jouissent des mêmes avantages. Au total, 84 % des ménages canadiens ont accès à ce type de connexion.

L'objectif du CRTC demeure d'ailleurs de porter ce taux à 90 % d'ici 2021, puis à 100 % d'ici les années 2030.

Pour ce faire, l'organisme précise qu'un fonds de 750 millions de dollars sur cinq ans doit être rendu disponible dès l'an prochain. De plus amples informations seront fournies au printemps, a spécifié M. Scott.

Des services courus

L'enthousiasme des Canadiens pour les services mobiles ne se dément pas : la consommation de données sur téléphones et tablettes a bondi de 30 % en juin 2017, comparativement à la même période l'année précédente.

Photos, vidéos, textos... tout cela a néanmoins un prix. Le ménage moyen consacrait 223 $ par mois aux services de communication, dont 92 $ pour la téléphonie sans fil.

C'est trop cher, juge le président du CRTC, qui souhaite « favoriser la concurrence dans le marché canadien ».

Pas de précisions, toutefois, sur les modalités d'une telle démarche. La précédente tentative d'ouverture du marché canadien du sans-fil, sous le gouvernement Harper, avait donné naissance à de nouveaux joueurs tels que Vidéotron, Wind Mobile, Mobilicity et Public Mobile.

À l'exception de la première de ces quatre nouvelles entreprises, soutenue par le géant des télécommunications du même nom, toutes ont été rachetées par des joueurs canadiens existants.

Vous avez dit Netflix?

Ian Scott, président du Conseil de la radiodiffusion et des télécommunications canadiennes (CRTC). Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Ian Scott, président du Conseil de la radiodiffusion et des télécommunications canadiennes (CRTC).

Photo : La Presse canadienne / Sean Kilpatrick

Autre point de contention, selon le patron du CRTC : la création et la promotion du contenu canadien. Si l'offre télévisuelle, cinématographique et musicale n'a jamais été aussi grande, les frontières existant entre les marchés ont été peu à peu abolies, entraînant une situation d'abondance pour le consommateur, mais aussi un casse-tête pour les producteurs et les distributeurs.

Le contenu canadien est plus difficile à trouver que jamais parmi toutes les options de programmation offertes. Ses soutiens traditionnels sont en déclin.

Ian Scott, président du CRTC

Aux dires de ce dernier, l'approche réglementaire actuelle en la matière est « désuète ». « Elle met trop l’accent sur l’obtention d’un soutien de la part des services traditionnels de radio et de télévision, et elle devient moins efficace au fur et à mesure que la consommation de ces services diminue », affirme-t-il.

La solution? Instaurer de nouvelles approches mobilisant les nouveaux acteurs du domaine, « tels que les acteurs numériques qui profitent grandement de ce nouvel environnement », a précisé Ian Scott, dans une allusion à peine voilée au géant de la vidéo en ligne Netflix, à propos duquel un débat continue de faire rage en lien avec le paiement, ou non, de la TPS.

Améliorer l'efficacité

Enfin, le président du CRTC recommande de mieux définir les lois sur la radiodiffusion et les télécommunications, afin d'« énoncer clairement le but de chaque mesure législative ».

« Plutôt que de fournir à l’organisme de réglementation une longue liste de caractéristiques qui sont évaluées les unes par rapport aux autres, les rédacteurs de ces nouvelles lois devraient nous fournir une déclaration d’intention simple et claire qui permettait au Conseil de réaliser son objectif », a-t-il soutenu.

Toujours dans l'idée d'obtenir plus de clarté, M. Scott réclame aussi la possibilité d'imposer des amendes aux diffuseurs ne respectant pas les quotas de contenus canadiens, québécois ou encore francophones, plutôt qu'être limité à convoquer les fautifs devant le Conseil ou, éventuellement, de leur retirer leur licence.

« Ces processus prennent du temps et coûtent cher aux contribuables », a-t-il rappelé.

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