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Le gouvernement libéral défait, Brian Gallant remet sa démission à la lieutenante-gouverneure

Le chef du Parti libéral du Nouveau- Brunswick, Brian Gallant, n'a pas reçu l'appui de la majorité des élus à l'Assemblée législative après discours du Trône.

Photo : The Canadian Press / James West

Radio-Canada

Les députés ont voté : le gouvernement libéral du Nouveau-Brunswick est défait et Brian Gallant a remis sa démission à la lieutenante-gouverneure du Nouveau-Brunswick vendredi après-midi.

C’est la première fois dans l’histoire politique du Nouveau-Brunswick qu’un vote de confiance fait tomber le gouvernement en poste.

Le Parti vert a donné son appui aux libéraux, mais Brian Gallant n’a pas réussi à récolter de votes chez l’Alliance des gens ou le Parti progressiste-conservateur. Résultat : 23 députés ont appuyé le discours du Trône de Brian Gallant, contre 25 députés.

Sans la confiance de la Chambre, Brian Gallant s'est rendu chez la lieutenante-gouverneure, Jocelyne Roy-Vienneau, vendredi après-midi, pour lui remettre sa démission.

Dans un point de presse avant cette rencontre, le premier ministre sortant a souhaité bonne chance au prochain gouvernement, assurant que son succès sera celui de tous les Néo-Brunswickois.

Il y a une scission dans notre province, entre le sud et le nord, entre les francophones et les anglophones. J’aurais aimé réussir à unir les Néo-Brunswickois.

Brian Gallant, premier ministre sortant du Nouveau-Brunswick
Brian Gallant en compagnie de son épouse lors d'un point de presse.

Brian Gallant a remis sa démission à la lieutenante-gouverneure vendredi, après avoir perdu le vote de confiance de l'Assemblée législative.

Photo : Radio-Canada

Dans ces quatre dernières années, j'aurais dû plus parler du bilinguisme et de ses avantages pour notre économie, ajoute-t-il.

Il a aussi affirmé vouloir continuer à participer à l'avenir du Nouveau-Brunswick, mais ne s'avance pas encore sur la façon dont il le fera. Karine et moi devons voir ce qui est mieux pour notre famille et pour le Parti libéral.

La prochaine étape commence, lance Blaine Higgs

Blaine Higgs, chef du Parti progressiste-conservateur, a également rencontré la lieutenante-gouverneure, peu de temps après Brian Gallant.

La prochaine étape commence, a-t-il dit en sortant de cette rencontre, le sourire aux lèvres.

J'ai dit à la lieutenante-gouverneure que je suis certain d'avoir la confiance de l'Assemblée législative.

Blaine Higgs, premier ministre désigné du Nouveau-Brunswick
Blaine Higgs à l'Assemblée législative de Fredericton.

Blaine Higgs et Kris Austin de l'Alliance des gens font front commun sur la question de la langue de service dans les ambulances.

Photo : Radio-Canada / Michel Corriveau

Il a aussi affirmé vouloir accélérer le processus et vouloir présenter son caucus dès la semaine prochaine et son propre discours du Trône autour du 20 novembre.

J’ai rencontré le premier ministre, Brian Gallant, et j’ai accepté sa démission, a confirmé, par voie de communiqué, la lieutenante-gouverneure Jocelyne Roy-Vienneau. J’ai donc demandé à Blaine Higgs de former le prochain gouvernement, et il m’a assuré qu’il pouvait former un gouvernement qui recevra la confiance de l’Assemblée législative.

Et maintenant?

Il faudra attendre une dizaine de jours pour procéder à l’assermentation [des députés] du nouveau parti. Il y aura aussi une prorogation, c’est-à-dire que la Chambre sera suspendue pour un moment, puis reprendra vers la fin du mois de novembre ou au début du mois de décembre, explique Roger Ouellette, politologue à l'Université de Moncton.

Blaine Higgs a affirmé vouloir présenter un discours du Trône autour du 20 novembre. Puis les mêmes étapes reprendront. Il faudra s’assurer qu’il y a un président de la Chambre avant sa réouverture et avant la présentation d’un nouveau discours du Trône.

En théorie, l’actuel président de la Chambre, Daniel Guitard, peut exercer cette fonction jusqu’aux prochaines élections, mais on peut s’attendre à ce qu’il remette sa démission si M. Gallant n’obtient pas la confiance de la Chambre, précise M. Ouellette.

Un homme dans une mêlée de presse

Le président de l'Assemblée législative du Nouveau-Brunswick, Daniel Guitard.

Photo : Radio-Canada / Élisa Serret

On peut penser que les conservateurs essaieront d’attirer dans leurs rangs un libéral, qui pourrait traverser la Chambre et devenir président, ajoute-t-il en donnant l’exemple de la Colombie-Britannique, où une situation similaire à celle du Nouveau-Brunswick s’est déroulée l’année dernière.

Les progressistes-conservateurs vont vouloir garder leurs 22 députés.

Roger Ouellette, politologue et professeur à l’Université de Moncton

Si les progressistes-conservateurs sont portés au pouvoir et qu’ils perdent un de leurs députés pour assurer la présidence de la Chambre, ils se retrouveront avec 24 voix, si on inclut le vote de l’Alliance des gens. De leur côté, les libéraux se retrouveraient aussi avec 24 voix, si on y ajoute le vote du Parti vert.

Conséquemment, si le président est progressiste-conservateur, il devra donc trancher et offrir son vote au parti au pouvoir.

Peu de chances de déclencher des élections

Il y a de fortes chances que Blaine Higgs obtienne la confiance de la Chambre, comme les chiffres et les intentions l’indiquent, note Roger Ouellette.

Toutefois, si les progressistes-conservateurs ne gagnent pas la confiance de la Chambre, il y aura dissolution de la législature et des élections anticipées seront déclenchées.

Il faut aussi souligner que c'est la troisième fois consécutive qu’un gouvernement aura accompli un seul mandat, rappelle M. Ouellette.

Ça témoigne d’une situation économique instable. On est dans l’incertitude politique. Si on n’avait pas une aussi grosse dette, si on avait une population jeune et sur le marché du travail et une croissance économique comme dans les autres provinces, les gens auraient probablement envie de garder le même gouvernement, conclut le politologue.

Nouveau-Brunswick

Politique provinciale