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La météo comme jamais auparavant grâce à un nouveau radar d'Environnement Canada

Le radar est essentiel au météorologue : celui de Blainville, en banlieue de Montréal, a été inauguré à l'automne 2018 dans le cadre d'un programme de remplacement des radars d'Environnement Canada à la grandeur du pays. Photo: Radio-Canada / Olivier Bachand
Radio-Canada

Les Canadiens obtiendront des prévisions météo plus précises grâce aux nouveaux radars dont se dote Environnement Canada à travers le pays. Au Québec, le premier de cette nouvelle génération de radars a été installé à Blainville, au nord de Montréal. Tour d'horizon.

Un texte d'Anne Marie Lecomte

Tornade, orage violent, tempête de verglas... Les météorologues d'Environnement Canada veillent au grain 24 heures sur 24, à longueur d'année. « La météo ne va pas se coucher; on ne va pas se coucher non plus », ironise Marie-Ève Giguère, météorologue spécialisée dans la sensibilisation aux alertes.

Et pour les prévisions météo, les radars sont indispensables.

Celui dont s'enorgueillit désormais Blainville est juché au sommet d'une tour d'acier de 28 mètres et abrité sous un radôme qui a l'allure d'une gigantesque balle de golf.

L'ensemble de la structure, qui mesure une quarantaine de mètres, dépasse la cime des arbres. Des 31 structures abritant des radars d'Environnement Canada au pays, c'est l'une des plus élevées. Et c'est la deuxième à être installée dans le cadre du programme de remplacement des radars d'Environnement Canada, la première étant à Radisson, en Saskatchewan.

D'ici 2023, le gouvernement canadien aura remplacé ses 31 radars (et en ajoutera deux) pour un coût de 200 millions de dollars.

Le réseau existant est un réseau vieillissant qui comportait plusieurs types de technologies. L'avantage de le remplacer par un nouveau réseau est d'avoir une technologie de pointe, uniforme à travers le pays.

Sylvain Laramée, directeur du programme de remplacement des radars d'Environnement Canada

« Une technologie de pointe qui permettra aux sept bureaux de prévision météorologique du Canada de recueillir des informations plus précises », ajoute Marie-Ève Giguère.

Un radar plus performant

Auparavant, pour couvrir la région montréalaise, Ottawa louait à l'Université McGill le radar de Sainte-Anne-de-Bellevue; celui de Blainville lui succède donc et il appartient à Environnement Canada.

Le radar de Sainte-Anne-de-Bellevue dispose d'une antenne de six mètres, l'antenne de celui de Blainville mesure neuf mètres. La bande fréquence de l'un et de l'autre sont différentes et le petit nouveau nécessite un entretien une fois par année, alors qu'il était de six fois par an pour le précédent.

Le radar de Blainville a une portée de 300 kilomètres et cueille des informations de Tremblant à la frontière américaine. Advenant qu'une tornade s'abatte de nouveau sur Gatineau, comme ce fut le cas en septembre dernier, le radar de Blainville pourrait la percevoir, contrairement à celui de Sainte-Anne-de-Bellevue, qui ne pouvait le faire.

Au Québec, quatre autres radars sont en fonction :

  • à Landrienne, en Abitibi;
  • à Villeroy, dans le Centre-du-Québec;
  • à Val-d'Irène, dans le Bas-Saint-Laurent;
  • à Lac Castor, au Saguenay (celui-ci appartient à la Défense nationale).

Comment ça marche, un radar?

« L’atmosphère est comme une grande baignoire », décrit Marie-Ève Giguère. Pour prendre la température de l'eau, si on peut dire, les météorologues s'appuient sur un ensemble d'informations colligées en continu et provenant de diverses sources.

Ainsi, pour savoir ce qui se passe au sol (température, vent, humidité, pression), ils s'appuient sur les données emmagasinées par une véritable « couverture » faite de bouées, étalées partout dans le monde.

Dans les airs, ce sont les avions, équipés de petites stations météorologiques qui glanent des informations tout au long de leur trajectoire. Plus haut encore, les ballons lancés en haute atmosphère et les satellites collectent des données.

Vue de l'intérieur du dôme blanc dans lequel sont logés le radar et l'antenne, qui ressemble à une immense soucoupe.L'antenne du radar permet de colliger de l'information sur l'état de l'atmosphère sur une base continue. Photo : Radio-Canada / Olivier Bachand

Les radars sont extrêmement importants, parce qu’ils nous donnent de l’information presque en temps réel. On dit “presque” parce qu’on parle de quelques minutes.

Marie-Ève Giguère, météorologue

Niché dans le radôme, le radar balaie l'horizon d'un faisceau d'ondes électromagnétiques, qui « scanne » l'atmosphère afin d'en tirer une photo en trois dimensions. Un tour, une photo, un autre tour un degré plus haut, une autre photo... Le radar de Blainville fournit une image complète en 5, au plus 6 minutes (comparativement à 10 minutes pour son prédécesseur).

Les ondes disséminées par le radar frappent des cibles; il peut s'agir d'une nuée d'insectes, d'une volée d'oiseaux migratoires... Mais ce sont les précipitations qui intéressent les météorologues, et de cela, le radar est littéralement à l'écoute.

Le radar « émet très peu », explique Marie-Ève Giguère. Une petite impulsion, de plus d'une minute. « Ensuite, il écoute. » Les informations captées par son antenne de neuf mètres sont traitées informatiquement. C'est cette information qu'interprètent les prévisionnistes pour en faire des bulletins météo destinés à vous et moi, mais aussi aux services d'urgence, à la sécurité publique, aux services d'eaux usées, au transport maritime sur le fleuve Saint-Laurent et jusqu'au golfe, etc.

Le radar, l'instrument pour le court terme

« Une tempête hivernale, avec les satellites, on la voit se préparer des jours à l’avance, décrit Marie-Ève Giguère. Ça bouillonne dans le golfe du Mexique... “Dans trois ou quatre jours, préparez-vous”, dit-on aux gens. Puis on raffine en continu l’information, au jour le jour. »

Le radar, lui, sert à prévoir l'arrivée de précipitations de manière précise : à quelle heure elles vont commencer et de quel type elles seront. Dans la grande région de Montréal et dans la vallée du Saint-Laurent, dont le climat est propice à la pluie verglaçante, pareille précision est précieuse.

Une tempête hivernale s'annonce à l'avance par divers signes. L'été, c'est une autre histoire, dit Marie-Ève Giguère : « Il y a de l’instabilité, un risque d’orage, mais les orages, c’est localisé. Ça se déplace rapidement et ça se forme en quelques minutes. »

Chaque jour, le météorologue jongle avec de l'information scientifique qu'il lui faut adapter pour le commun des mortels.

En fin de compte, cette information servira aux citoyens « pour qu'ils prennent de bonnes décisions afin d'assurer leur sécurité quand les conditions météorologiques sont menaçantes », conclut Mme Giguère.

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