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Ottawa lance une campagne pro-immigration sur fond de grogne conservatrice

Ahmed Hussen parle, debout, dans la Chambre des communes.

Pour le ministre Ahmed Hussen, il est essentiel de bien communiquer les avantages découlant de l'immigration.

Photo : La Presse canadienne / Adrian Wyld

Radio-Canada

Le gouvernement fédéral a lancé une campagne pour « faire connaître » les avantages de l'immigration et riposter à ce que le ministre responsable du dossier, Ahmed Hussen, qualifie de « rhétorique anti-immigrants et anti-réfugiés ».

Aux dires du ministre Hussen, le système d'immigration canadien est bien géré et, dans la plupart des cas, fonctionne selon des critères stricts. Tant que les Canadiens voient les avantages de l'immigration, ils l'appuieront, affirme-t-il.

« Nous ne pouvons pas tenir ce que nous avons déjà pris pour acquis. La rhétorique anti-immigrants et anti-réfugiés qui nous entoure – nous n'y sommes pas immunisés », a déclaré le ministre lors d'un discours prononcé dans le cadre d'une séance de questions et réponses organisée au Canadian Club de Toronto.

« Voilà le défi que nous devons surmonter : maintenir le système migratoire, mais aussi vraiment bien communiquer, être à l'écoute et faire connaître les véritables avantages locaux de l'immigration. Parce que si nous ne le faisons pas, il sera difficile pour certaines personnes anxieuses à propos de l'économie et à propos de leur avenir, de considérer l'immigration comme une bonne chose », a-t-il ajouté.

Le gouvernement sous pression

Cette nouvelle campagne de communication survient alors que les libéraux fédéraux sont talonnés à la Chambre des communes par les conservateurs. Ceux-ci considèrent que l'arrivée irrégulière d'un grand nombre de demandeurs d'asile, qui franchissent illégalement la frontière avec les États-Unis, tient de la « crise ». Aux yeux d'Ottawa, il s'agit plutôt d'un défi qui est traité de façon responsable.

La démarche survient au lendemain du dévoilement de nouvelles cibles d'accueil des nouveaux arrivants. Selon les plans du gouvernement libéral, le Canada accueillerait 350 000 immigrants en 2021. Il s'agit d'une hausse de 40 000 personnes comparativement à la cible de 310 000 établie pour 2018.

« Nous avons été isolés par trois océans et notre frontière au sud. Mais comme nous l'avons constaté avec le nombre croissant de demandeurs d'asile entrant de façon irrégulière au pays en provenance des États-Unis, nous commençons à vivre des défis similaires à ceux auxquels doivent faire face d'autres pays, bien que le nombre [de migrants] soit bien moindre, par comparaison », a poursuivi le ministre Hussen.

La stratégie libérale en matière d'immigration s'accompagne toutefois d'une hausse des quotas d'expulsion. Les services frontaliers canadiens augmenteraient ainsi de 35 % le nombre d'expulsions de nouveaux arrivants et de demandeurs d'asile, ce qui fait craindre une trop grande précipitation de la part des autorités fédérales.

Les conservateurs déplorent les « abus »

Le chef des conservateurs, Andrew Scheer, à la Chambre des communes le 19 septembre 2018.Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Le chef des conservateurs, Andrew Scheer, à la Chambre des communes le 19 septembre 2018.

Photo : La Presse canadienne / Sean Kilpatrick

Du côté de l'opposition conservatrice, on parle carrément d'un « abus flagrant » des programmes sociaux du Canada par les demandeurs d'asile entrant « illégalement » au pays, ainsi que d'une mauvaise gestion des priorités par le gouvernement libéral.

« Les Canadiens ont perdu confiance envers [le processus migratoire] en raison du fait que le premier ministre Justin Trudeau a entraîné la création d'un flux constant de gens entrant au pays sans attendre, ce qui s'effectue sans critères de sélection et qui représente un grand poids sur les épaules des programmes sociaux du Canada », a lancé la députée Michelle Rempel, porte-parole en matière d'immigration.

Le chef conservateur Andrew Scheer n'a toutefois pas voulu s'engager à intervenir dans les affaires du Québec et abaisser les seuls d'immigration pour cette partie spécifique du pays, à la demande du premier ministre caquiste François Legault.

Ce dernier avait fait part de son intention, durant la dernière campagne électorale, de réduire d'environ 20 % l'ensemble des seuils d'immigration, soit l'immigration économique, les réfugiés et la réunification familiale. Ces deux dernières catégories sont uniquement gérées par Ottawa.

Les deux hommes se sont rencontrés jeudi avant-midi pour discuter de divers dossiers, dont la question de l'immigration et la construction d'un éventuel troisième lien entre Québec et Lévis.

Avec les informations de CBC News

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