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Plus de la moitié des professeurs des universités de la N.-É. ont des postes contractuels

En avant-plan, des étudiantes se dirigent vers un des édifices de l'Université Dalhousie.
L'Université Dalhousie, à Halifax, est un des 67 établissements que les auteurs de l'étude ont examinés. Photo: Radio-Canada / CBC/Robert Guertin

Plus de la moitié des professeurs des universités de la Nouvelle-Écosse ont des postes contractuels. C'est ce que montre une récente étude du Syndicat canadien de la fonction publique (SCFP) et du Centre canadien de politiques alternatives.

Un texte de Marc Babin

Les auteurs du rapport se sont penchés sur la situation actuelle dans 67 établissements postsecondaires du pays, qui représentent 90 % des universités financées par des fonds publics.

L’enquête montre notamment que 53 % des enseignants des 10 universités de la Nouvelle-Écosse ont des postes contractuels. La durée de ces contrats varie d’un trimestre à plusieurs années.

Pour les enseignants eux-mêmes, le prix est énorme. La plupart d’entre eux vivent dans l’insécurité. Ils ne savent pas toujours s’ils auront leur emploi dans quatre mois, dans huit mois. Les salaires sont très bas, parfois juste 5000 $ par cours, dit Chandra Pasma, agente principale de la recherche au Syndicat canadien de la fonction publique et coauteure de l’étude.

Et c’est donc possible d’enseigner à temps plein, mais de vivre quand même dans la pauvreté.

Chandra Pasma, agente principale de recherche au SCFP

Elle mentionne que les professeurs contractuels ont moins de temps que les permanents pour préparer leurs cours, qu'ils doivent souvent entreprendre des recherches sans l’aide financière des établissements, qu'ils ont de la difficulté à rester au faîte des avancées dans leur champ de compétence et qu'ils ont peu de disponibilités pour les étudiants, car ils ne disposent pas d'un bureau sur le campus.

Quand les professeurs ne reçoivent pas le soutien institutionnel, quand ils n’ont pas les ressources institutionnelles dont ils ont besoin, quand ils [ne savent pas longtemps à l’avance] qu’ils vont enseigner un cours, quand ils doivent passer beaucoup d’heures à faire de la recherche sans soutien institutionnel et sans récompense, c’est difficile pour eux de présenter la meilleure éducation possible aux étudiants, explique Chandra Pasma.

Disparités entre Halifax et les régions rurales

Les chercheurs ont aussi constaté une différence entre les universités d’Halifax et celles situées en régions rurales. Dans la région de la capitale, 55 % des professeurs sont contractuels. Dans le reste de la province, le taux est de 45 %.

À Halifax, on a beaucoup plus d’universités, c’est une ville plus grande. On a donc plus de choix et c’est peut-être plus facile de recruter des enseignants sans offrir une permanence, dit Chandra Pasma. Tandis qu’ailleurs en Nouvelle-Écosse, c’est plus difficile de recruter et on doit peut-être [...] offrir plus de permanences.

L’étude conclut que le recours aux professeurs contractuels est véritablement un enjeu structurel et qu'il n’est pas que le résultat des compressions budgétaires dans les universités.

La façade de l'Université de King's College, avec sa devanture blanche et ses colonnes. La plupart des enseignants de l'Université de King's College, à Halifax, sont permanents. Photo : Radio-Canada / CBC/Robert Guertin

Les auteurs recommandent de meilleures données sur les conditions de travail dans les écoles postsecondaires, le financement adéquat et durable des établissements, une plus grande transparence au sujet de leur politique d’embauche et un engagement des universités à améliorer les conditions de travail de leur corps professoral.

À l’échelle nationale, la moitié des postes de professeurs sont contractuels, selon l’étude. La Nouvelle-Écosse a la quatrième plus forte proportion au Canada.

Les universités québécoises sont celles qui embauchent le plus d'enseignants contractuels, à 61 %. De l’autre côté du spectre, l’Île-du-Prince-Édouard et l’Alberta ont le plus faible taux, à égalité à 39 %.

Avec des informations de CBC

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