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4,9 millions de sacs de plastique de moins à la Société des alcools de T.-N.-L.

Un homme tient un sac de plastique « Liquor Express ».

Au moins 4,9 millions de sacs de plastique comme celui-ci sont distribués chaque année par la Société des alcools de Terre-Neuve-et-Labrador.

Photo : Radio-Canada

Radio-Canada

La Société des alcools de Terre-Neuve-et-Labrador (NLC) joint la bataille contre la pollution par le plastique et ne remet plus à ses clients de sacs de plastique depuis jeudi.

Les clients reçoivent maintenant leurs achats dans un sac de papier offert sans frais. Ils peuvent aussi apporter leur propre sac réutilisable ou en acheter un sur place pour 0,99 $.

La Société juge qu’elle économisera 180 000 $ par année en ne distribuant plus de sacs de plastique. Elle précise qu’elle ne fera pas de profit avec la vente de ses sacs réutilisables, puisque leur prix couvrira les coûts de fabrication.

4,9 millions de sacs éliminés

Selon le gouvernement de Terre-Neuve-et-Labrador, 120 millions de sacs de plastique sont utilisés annuellement dans la province, et 96 % d’entre eux se retrouvent au dépotoir. Au moins 4,9 millions de sacs sont distribués chaque année dans les succursales de la Société des alcools.

Monticule de sacs de plastique déchirés dans la nature.

Des sacs de plastique jonchent le boisé autour du site d'enfouissement des déchets de Wild Cove, à T.-N.-L., en juillet 2018.

Photo : Radio-Canada / CBC/Lindsay Bird

La NLC avait annoncé en septembre qu’elle renoncerait aux sacs de plastique, disant acquiescer à la demande répétée de ses clients. La société d’État ajoute avoir reçu des commentaires positifs depuis la décision.

La plupart des clients sont heureux et estiment que nous faisons la bonne chose. Même nos fournisseurs le disent, affirme Wally Dicks, le chef des opérations de la NLC.

La disparition des sacs de plastique à la Société des alcools de Terre-Neuve-et-Labrador survient alors que la quantité de plastique utilisée pour les emballages de cannabis fait sourciller un peu partout au pays depuis la légalisation, le mois dernier. Même si les provinces gèrent la vente du cannabis, les directives relatives aux emballages sont imposées par Santé Canada.

Un changement de perception

Tony Walker.

Tony Walker, professeur à l’Université Dalhousie d’Halifax et expert en pollution par le plastique

Photo : Facebook / Tony Walker

À Terre-Neuve-et-Labrador, le gouvernement estime que les sacs de plastique représentent 0,2 % des déchets annuels de la province. La quantité est infime. On peut dire la même chose des pailles, qui ont été critiquées cette année, reconnaît Tony Walker, professeur à l’Université Dalhousie d’Halifax en Nouvelle-Écosse et expert en pollution par le plastique.

La grande réussite de cette mesure, d’un point de vue environnemental, c’est qu’elle est un bon point de départ à une conversation plus approfondie sur le problème de la pollution par le plastique, dit M. Walker.

Cela change probablement la façon dont les gens perçoivent le plastique à usage unique, ajoute-t-il.

En Amérique du Nord, les sacs de plastique à usage unique font l’objet d’une mosaïque de réglementations et de lois. Ailleurs, comme en Chine et dans certains pays d'Europe, ils ont été interdits à l'échelle nationale.

Il n’existe pas de solution unique, de remède miracle pour ce problème. Mais je crois que toutes sortes de solutions, mises ensemble, auront un impact positif.

Tony Walker, expert en pollution par le plastique

Malgré la variété des approches à l’égard du plastique, entre interdictions localisées, surcharge pour l’utilisation d’un sac, et inaction des gouvernements, Tony Walker fait valoir que ce sont les consommateurs qui créent le changement.

La décision prise par la Société des alcools de Terre-Neuve-et-Labrador est, selon lui, un exemple de la pression populaire qui fait changer les choses.

Une première province pourrait bannir les sacs de plastique

L’Île-du-Prince-Édouard pourrait devenir, d’ici 14 mois, la première province canadienne à bannir les sacs de plastique. Une telle interdiction provinciale ne semble pas dans les plans à Terre-Neuve-et-Labrador.

L’Association de l’industrie des plastiques et la Fédération canadienne de l’entreprise indépendante (FCEI) s’opposent à l’interdiction par la province des sacs de plastique. Ces groupes, ainsi que le Conseil canadien du commerce de détail (CCCD) et Municipalités Terre-Neuve-et-Labrador (MNL) ont rencontré en septembre des représentants du gouvernement provincial afin de discuter des sacs de plastique.

Le ministère de l’Environnement de la province affirme que [l]’industrie a indiqué une volonté de travailler avec la province à un plan pour réduire de façon importante les sacs de plastique.

Le professeur Tony Walker se dit favorable à une forme ou une autre d’interdiction des sacs de plastique au Canada. Il met cependant en garde contre une législation fédérale. C’est que la gestion des déchets est le plus souvent de compétence municipale et rarement uniforme selon les collectivités. À l’échelle fédérale, des mesures pour aider les villes seraient préférables, à son avis.

Certains pays imposent aussi une sorte de taxe. L’Angleterre exige depuis 2015 un paiement de 5 pence par sac de plastique demandé par un client. Depuis, le gouvernement clame que 9 milliards de sacs de moins ont été vendus.

L’impact environnemental des sacs réutilisables

Un sac réutilisable de la Société des alcools de Terre-Neuve-et-Labrador sur une table.

Des sacs réutilisables vendus à la Société des alcools de Terre-Neuve-et-Labrador.

Photo : Radio-Canada / CBC/Sherry Vivian

Une étude britannique, basée sur des données de 2006, affirme qu’un sac réutilisable en coton doit être employé 131 fois pour compenser l’empreinte carbone nécessaire à sa fabrication. Pour un sac de papier, trois utilisations seraient nécessaires.

Tony Walker maintient que ces sacs réutilisables demeurent néanmoins la meilleure option.

Le coton, s’il n’y a pas d’imprimé ou d’encre, peut être composté, souligne-t-il. Le papier, à la fin de sa vie utile, a très peu ou pas du tout d’impact environnemental. Mais nous savons que le plastique, s’il est mal géré et aboutit dans l’environnement, a des conséquences qui perdurent.

Nous avons un choix. Nous pouvons choisir le statu quo, la commodité du plastique et faire comme avant. Ou alors, devant l’abondance de preuves sur le sujet, faire le choix, personnellement, d’amener son sac réutilisable, résume-t-il.

Avec des informations de Lindsay Bird

Avec les informations de CBC

Terre-Neuve-et-Labrador

Pollution