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Rejet des eaux usées dans l’environnement : plusieurs municipalités doutent pouvoir respecter l’échéance de Québec

Deux tuyaux d'eaux usées

Plusieurs municipalités souhaitent améliorer leur système de récupération des eaux usées.

Photo : Radio-Canada

Radio-Canada

Près d'une vingtaine de municipalités de l'Abitibi-Témiscamingue déversent toujours leurs eaux usées brutes dans l'environnement. Une proportion importante d'entre elles doutent d'être en mesure de se doter d'un système de traitement des eaux usées d'ici le 31 décembre 2020, soit à la date d'échéance fixée par le gouvernement du Québec.

Un texte de Thomas Deshaies

Bien que la quasi-totalité des municipalités de la région ait entamé des démarches depuis parfois plusieurs années, huit d’entre elles estiment qu’il est peu probable qu’elles soient en mesure de respecter l’échéance gouvernementale.

C’est ce que nous ont confié leurs directions générales. Quatre autres estiment pouvoir arriver dans les temps, mais aucune n’en est à l’étape des travaux.

Parmi les municipalités qui n’avaient pas de système d’assainissement en 2016, seuls les secteurs de Dubuisson et Val-Senneville à Val-d’Or, ainsi que la municipalité de Saint-Marc-De-Figuery ont concrétisé leurs projets, ou sont en voie de le faire.

Ce type de projet nécessite des investissements majeurs et des approbations ministérielles. C’est ce qui contribue à la complexité de la réalisation du projet, selon les directions générales avec qui nous avons pu nous entretenir. Elles ne sont pas les seules dans la province, puisque près d’une centaine de municipalités ne traient toujours pas leurs eaux usées au Québec.

On veut garder le cap sur 2020, par contre, je m’attends à ce qu’a un moment donné, dans un bureau, ce soit un peu embourbé et qu’il y ait des délais. Je m’attends à ce que toutes les procédures municipales aboutissent à la même période.

Patricia Lamarre, directrice générale de la municipalité de Roquemaure

L’enjeu de l’entretien

Bien que le gouvernement finance jusqu’à 95 % des coûts reliés aux travaux de construction, ce sont surtout les coûts d’entretien qui causent des maux de tête aux administrations municipales. Il s’agit d’une préoccupation majeure pourPatricia Lamarre, directrice générale de la municipalité de Roquemaure.

Mettre en place un système, c’est une chose, mais veiller à l’entretenir, ça pose autant de questions financières que de questions pour les ressources humaines, explique-t-elle. C’est une préoccupation, surtout dans le contexte qu’on connait. 

La municipalité de Latulippe–et-Gadoury partage cette inquiétude alors qu’elle a opté pour un étang non aéré, plutôt qu’aéré, en raison de son coût d’entretien nettement inférieur. Selon la directrice générale, Julie Gilbert, il faut prévoir 5 000 $ par année, plutôt que 30 000 $.

Le ministère de l’Environnement aurait toutefois préféré un étang aéré, estimant qu’il s’agissait d’une option plus performante pour la protection de l’environnement, explique Mme Gilbert.

« Le conseil municipal a toutefois spécifié que les coûts étaient trop élevés et selon les données de nos ingénieurs, les étangs non aérés sont plus performants que ce qui est entendu présentement », précise Mme Gilbert.

Aucune aide gouvernementale?

Toutes les directions générales déplorent qu’il n’existe à l’heure actuelle, aucun programme d’aide gouvernemental pour l’entretien des systèmes de traitement des eaux usées. Chaque résident devra payer 500 à 600 $ par année, c’est beaucoup de frais, en plus de la taxation annuelle, déplore Josée Beauregard, directrice générale de la municipalité de Champneuf, qui compte moins de 150 habitants.

En raison du manque d’espace, il n’est pas possible pour la municipalité de Champneuf de se doter d’étangs. Elle doit plutôt faire construire des stations d’épuration, qui impliquent parfois des coûts plus importants.

La directrice générale de Roquemaure, Particia Lamarre, rappelle que l’installation d’un système d’assainissement nécessite aussi des travaux sur les conduites et la chaussée, qui impliquent encore plus de dépenses.

Un enjeu de santé publique

Le directeur de l’Organisme de bassin versant Abitibi-Jamésie (OBVAJ), Oumarou Daouda, qualifie l’enjeu de l’assainissement des eaux usées de « prioritaire ».

Le traitement adéquat des eaux usées permet de mieux protéger la santé de la population et d’accroitre la protection de la faune.

Oumarou Daouda, directeur de l’OBVAJ

Il estime que les petites municipalités doivent pouvoir compter sur un appui soutenu et durable du gouvernement provincial.

Il faut que des mesures d’accompagnement suivent, il faut les aider quand même à mettre en place des systèmes pour pouvoir traiter leur eau. Ça doit interpeller Québec pour qu’il puisse les aider et les appuyer, affirme-t-il.

Municipalités qui ne traitent pas leurs eaux usées en Abitibi-Témiscamingue

  • Angliers
  • Authier
  • Belleterre
  • Belcourt
  • Champneuf
  • Chazel
  • Fugèreville
  • Gallichan
  • Guérin
  • La Reine
  • Latulipe-et-Gaboury
  • Nédélec
  • Normétal
  • Poularies
  • Rochebaucourt
  • Roquemaure
  • Saint-Germaine-Boulé
  • Sainte-Hélène-de-Mancebourg
  • Saint-Marc-de-Figuery

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Abitibi–Témiscamingue

Environnement