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Accouchements interrompus à Bathurst : les patientes doivent s'y habituer

Une femme enceinte devant un coucher de soleil.

Les femmes enceintes dans la région de Bathurst ayant besoin d'un suivi ou qui accoucheront d'ici mardi seront, à moins d'une urgence, dirigées vers les hôpitaux de Campbellton ou de Miramichi.

Photo : Getty Images / Rostislav Sedlacek

Radio-Canada

Les fermetures temporaires du service d'obstétrique à l'Hôpital régional Chaleur ne seront pas réglées de sitôt, déclare le ministre de la Santé Benoît Bourque. Le problème pourrait aussi se reproduire ailleurs dans la province.

Un texte de Pierre Philippe LeBlanc

Il y a des défis au niveau du recrutement et de la rétention du personnel infirmier et du personnel en santé en général, a affirmé Benoît Bourque, jeudi après-midi. En qui a trait au domaine de l’obstétrique, c’est qu’il faut une formation spécifique, une formation qui prend un certain temps une fois qu’on est une infirmière immatriculée. Donc à cause de ça, ce n’est pas quelque chose qu’on peut régler rapidement.

L'incident pourrait donc se reproduire et même s'étendre ailleurs dans la province. Ce sont des défis qu’on retrouve un peu partout dans la province, lance le ministre de la Santé.

Il assure toutefois que le gouvernement tente de trouver des solutions pour tempérer le problème.

Vitalité cherche des solutions

De son côté , le Réseau de santé Vitalité au Nouveau-Brunswick dit faire des efforts soutenus pour éviter la fermeture occasionnelle du service d'obstétrique à l'Hôpital régional de Bathurst, mais il ne peut promettre que cela ne se reproduira pas.

Vitalité a annoncé mardi que le service d’obstétrique, qui s’occupe du suivi des grossesses et des accouchements, est interrompu à l’Hôpital régional de Bathurst jusqu’à mardi prochain à cause d’un manque de personnel infirmier dans cette unité. C’est la seconde fois ce mois-ci que l’unité ferme ses portes.

On a fait des plans rigoureux [de solutions de rechange] pour s’assurer que les services soient rétablis le plus rapidement possible. Malheureusement, avec le facteur humain, on a parfois des choses qu’on avait pas nécessairement prévues: des maladies, des accidents, des départs, explique Gilles Lanteigne, président-directeur général de Vitalité.

Nous, notre priorité, c’est de rétablir ce service-là.

Gilles Lanteigne, PDG du Réseau de santé Vitalité

Vitalité, assure Gilles Lanteigne, tient compte des critiques, dont celles des intervenants qui disent que la pénurie d’infirmière était prévisible. La pénurie, souligne-t-il, est d’envergure nationale.

Pas plus tard que cette semaine, j’étais à Ottawa avec certains collègues de toutes les autres provinces qui vivent la même situation, affirme Gilles Lanteigne.

Entre-temps, les femmes enceintes sont redirigées aux hôpitaux régionaux de Miramichi ou de Campbellton. La solution contraire, c’est-à-dire réaffecter à Bathurst du personnel infirmier d’autres hôpitaux, n’aurait pas été préférable, selon M. Lanteigne.

Dison que ç’aurait été très complexe parce que les gens, quand ils arrivent dans un milieu, il y a des fonctionnement un peu différents. Pour une période aussi courte, je pense qu’il fallait plutôt [la solution] qu’on a mise en place, dit-il.

Gilles Lanteigne en entrevue

Le président du Réseau de santé Vitalité, Gilles Lanteigne

Photo : Radio-Canada / Nicolas Steinbach

Les femmes de la région de Bathurst risquent-elles de voir à nouveau le service d’obstétrique momentanément interrompu? Tout peut arriver, selon le PDG de Vitalité.

On n’est pas à l’abri de surprise, malheureusement, comme on a vu pour cette semaine-ci. Par contre, on travaille avec tous les gens impliqués pour s’assurer que les services soient maintenus. Pour nous, s’ils ne sont pas assurés de façon sécuritaires et de qualité, c’est pour ça malheureusement qu’on est obligé de prendre ces décisions de temps à autre, conclut Gilles Lanteigne.

Le maire de Bathurst n’est pas rassuré

La situation à l’Hôpital régional de Bathurst demeure inquiétante, estime le maire Paolo Fongemie.

C’est une situation que je sais que les autorités travaillent fort à rétablir, mais n’empêche que pour un hôpital régional qui dessert une grande population, la population de la Péninsule n’a pas accès pour les accouchements dans leurs hôpitaux locaux, c’est préoccupant, affirme M. Fongemie.

Paolo Fongemie

Le maire de Bathurst Paolo Fongemie

Photo : Radio-Canada / François Vigneault

L’instabilité du service d’obstétrique n’est pas rassurante pour les familles qui attendent un nouvel enfant, poursuit le maire.

C’est un événement qui marque une vie familiale, la naissance d’un premier enfant, d’un deuxième ou d’un troisième, et savoir qu’on doit se déplacer dans un autre centre [avec lequel] on est moins familier, toute la réorganisation [pour] se déplacer une heure ou peut-être deux heures de route, ce n’est vraiment pas évident, explique Paolo Fongémie.

Je suis très sensible à la complexité du problème, mais il faut voir à ce que ça ne se reproduise plus.

Paolo Fongémie, maire de Bathurst

Le maire craint aussi que la situation nuise aux efforts déployés afin d'attirer plus de familles dans la région. Un service si critique qui semble être instable pour l’instant, ça ne donne pas un message qui rassure, dit-il.

Nouveau-Brunswick

Établissement de santé