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Des bombardements turcs provoquent l'arrêt de l'offensive contre l'EI en Syrie

Une femme habillée d'un habit militaire est assise près d'une tombe.

Des combattants des Forces démocratiques syriennes visitent les tombes de leurs camarades morts au combat contre le groupe armé État islamique, à Kobané.

Photo : Reuters / Erik de Castro

Agence France-Presse
Prenez note que cet article publié en 2018 pourrait contenir des informations qui ne sont plus à jour.

Les Forces démocratiques syriennes, dominées par la milice kurde des Unités de protection du peuple (YPG) et soutenues par la coalition contre le groupe armé État islamique (EI) dirigée par Washington, ont annoncé mercredi la suspension de leur offensive contre les djihadistes dans l'Est syrien, après les bombardements turcs de positions militaires kurdes.

Washington a fait part de sa « préoccupation » après les frappes de l'armée turque ayant visé ces derniers jours des positions des YPG dans le nord-est de la Syrie, près de la frontière.

Le président turc Recep Tayyip Erdogan a même brandi la menace d'une nouvelle offensive contre la principale milice kurde de Syrie, car Ankara voit d'un mauvais oeil l'influence acquise par les YPG dans le Nord-Est syrien.

Les YPG sont classés groupe « terroriste » par la Turquie, même s'ils luttent contre les djihadistes de l’EI avec le soutien de Washington, un allié d'Ankara.

La milice kurde est en effet l'épine dorsale des Forces démocratiques syriennes (FDS), constituées également de combattants arabes, et qui ont lancé le 10 septembre une offensive contre l'ultime réduit de l'EI dans l'est syrien.

Sur ce front, les combattants des FDS ont dû récemment essuyer des contre-attaques meurtrières lancées par les djihadistes.

Dénonçant une « synchronisation » entre les bombardements turcs et les contre-attaques djihadistes, les FDS ont averti mercredi que l'arrêt des opérations anti-EI dans l'est pourrait s'inscrire dans la durée si Ankara poursuivait ses attaques.

« Cette coordination directe entre les attaques de l'armée turque et celles de l'EI contre nos forces nous a amenés à un arrêt temporaire de la bataille » contre « le dernier bastion de l'organisation terroriste », affirment les FDS dans un communiqué. « La poursuite de ces attaques entraînera un arrêt prolongé de notre opération militaire. »

Évoquant les combats menés par les FDS dans l'Est syrien, l'Observatoire syrien des droits de l'homme (OSDH) assure qu'« au sol, tout est à l'arrêt ».

Morts et indignation

Depuis dimanche, quatre combattants kurdes ont été tués dans le pilonnage de l'armée turque visant la région de Kobané et celle de Tal Abyad, directement à la frontière turque dans le Nord syrien, selon l'OSDH.

Mercredi, l'armée turque a d'ailleurs ciblé des positions militaires kurdes dans le secteur de Kobané, selon l'agence de presse étatique turque Anadolu.

Dans la ville syrienne de Qamichli dominée par les Kurdes, des centaines de personnes ont manifesté contre les bombardements turcs, brandissant des portraits d'Abdullah Öcalan, le chef de la rébellion kurde du Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK), détenu depuis 1999 en Turquie.

Une foule est réunie. Un portrait d'Abdullah Öcalan flotte dans un ciel bleu.
Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Des manifestations similaires ont lieu sporadiquement en Syrie pour dénoncer des bombardements turcs sur des positions kurdes. Celle-ci s'est déroulée en janvier, à Afrin.

Photo : Reuters / Rodi Said

« Ces attaques sont un soutien aux mercenaires de l'EI. La communauté internationale et le monde entier doivent stopper l'État turc. »

— Une citation de  Rizan Hamo, un enseignant de 44 ans

Erdogan à la charge

Le président Erdogan était monté à la charge mardi, assurant que les préparatifs en vue d'une nouvelle offensive étaient terminés. « Bientôt, il y aura des opérations plus efficaces et de plus grande ampleur. Nous allons détruire la structure terroriste à l'est de l'Euphrate », a-t-il mis en garde.

Ankara considère la milice syrienne des YPG comme une extension du PKK, un groupe qui livre une sanglante guérilla sur le sol turc depuis 1984. Mais si le PKK est classé comme terroriste par les alliés occidentaux de la Turquie, ce n'est pas le cas des YPG.

Dans les faits, la Turquie redoute que l'établissement d'une entité kurde à sa frontière galvanise les velléités séparatistes sur son sol.

Depuis 2016, la Turquie a mené deux opérations contre les forces kurdes, la dernière contre l'enclave frontalière d'Afrine, conquise en mars et aujourd'hui contrôlée par des rebelles syriens pro-Ankara.

Le département d'État à Washington affirme être en contact avec la Turquie et les YPG en vue d'une « désescalade ». « La coordination et la consultation entre les États-Unis et la Turquie sur des questions de sécurité sont une meilleure approche », a déclaré mercredi son porte-parole, Robert Palladino.

Les antagonismes qui opposent la Turquie aux Kurdes syriens viennent illustrer la complexité de la guerre qui ravage la Syrie depuis 2011 et qui a fait plus de 360 000 morts.

Déclenché en raison de la répression par le régime de Bachar Al-Assad de manifestations prodémocratie, le conflit s'est rapidement transformé avec l'apparition de groupes rebelles armés et d'organisations djihadistes, mais aussi l'implication de puissances étrangères.

Syrie : l'engrenage de la guerre

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