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La peur, vous aimez cela? Voilà pourquoi

Simulation d'un fantôme recouvert d'un drap blanc dans le couloir d'une maison.

La peur est une série de réactions préprogrammées dans notre cerveau, selon François Richer, professeur en neuropsychologie.

Photo : iStock

Radio-Canada

Les films d'horreur, les costumes effrayants et les histoires frissonnantes, il faut bien se l'avouer, beaucoup d'entre nous en raffolent. Mais que se passe-t-il exactement dans le corps lorsqu'il a peur?

Comme toutes les autres émotions, la peur est un instinct, indique François Richer, professeur de neuropsychologie à l’Université du Québec à Montréal (UQAM). « C’est littéralement une série de réactions préprogrammées dans notre cerveau déjà à la naissance », précise-t-il.

Ces réactions incluent, par exemple, une accélération des battements du coeur, de la respiration, une crispation des muscles, ou encore un état d’alerte dans notre cerveau.

« On a un sentiment d’anticipation de ce qui pourrait être dangereux, des idées qui courent dans notre tête et des hormones qui circulent dans notre corps qui nous aident à nous préparer à l’action », explique M. Richer.

Notre survie dépend de notre peur.

François Richer

La peur possède donc une fonction essentielle : il s’agit d’un mode de protection. « Avant qu’on ne soit des prédateurs principaux, on était des proies », rappelle François Richer.

Pourquoi on aime ça?

À chaque fois qu’on a peur, le corps sécrète diverses hormones, dont l’adrénaline et la dopamine. D’après François Richer, même si c’est de façons variables, l'être humain est sensible à la montée soudaine de ces hormones et va donc les rechercher.

Il y a des mécanismes de dépendance ou de plaisir à l’oeuvre.

François Richer

Il précise toutefois qu’il s’agit bien, dans ce cas, d’une peur contrôlée, parce que nous savons qu'il est possible d'échapper à la menace.

Peut-on supprimer la peur?

Si divers médicaments permettent d’en réduire certains aspects, comme l’accélération des battements du coeur ou l’état d’anxiété, M. Richer souligne qu’ils s’accompagnent souvent d’une psychothérapie qui sert à reprogrammer le cerveau pour freiner l’amplification de la peur.

« La peur est galopante, c’est-à-dire qu’on se fait peur soi-même, puis on a peur d’avoir peur, explique-t-il. C’est cette partie-là qu’il faut freiner, la surinterprétation des situations que font certaines personnes. »

Toutefois, les progrès actuels en la matière concernent surtout les stress post-traumatiques. Il s’agit alors de « bloquer les idées envahissantes qui se répètent et qui sont associées à des peurs traumatisantes ». On essaie ainsi, selon M. Richer, d’effacer la facilité à laquelle le souvenir se présente à la conscience.

Manitoba

Santé mentale