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Le premier train est passé à Churchill

Sur des rails enneigés, un train est arrêté dans l'obscurité.

Le premier train depuis plus d'un an et demi est passé mercredi soir à Churchill.

Photo : Radio-Canada

Radio-Canada

Les habitants de Churchill, dans le nord du Manitoba, ont vu passer le premier train, mercredi soir, depuis les inondations qui ont endommagé la seule voie terrestre les reliant au reste de la province.

« Le train est arrivé vers 18 h 35, on était dehors avec les enfants pour la tournée d’Halloween et l'on a entendu son sifflement. On a bondi de joie », raconte Rhoda Des Meules en décrivant cette heureuse surprise.

Le maire de Churchill Mike Spence avec un résident de la ville et deux opérateurs du train.

Le maire de Churchill Mike Spence (à droite) se réjouit de la réouverture du chemin de fer qui permet à nouveau l'accès à sa municipalité.

Photo : Radio-Canada / Patrick Foucault

Un bruit qui a fendu la nuit pour le plus grand plaisir des habitants. « On n’avait pas entendu le train depuis 17 mois, témoigne Mme Des Meules. Mon mari a couru jusqu’au train. La presse était déjà là, le maire aussi. »

D’après elle, toute la ville est prête pour l’arrivée jeudi du premier ministre, Justin Trudeau, et prépare les festivités de rue pour célébrer le retour d’un chemin de fer pleinement fonctionnel.

Parmi la troupe de curieux venu voir l’arrivée du premier train depuis un an et demi figurait Carly Basler. Elle s’imagine déjà de prochains voyages et a de l'espoir pour l’avenir : « J’espère que les prix vont baisser. »

Georgina Oman en a les larmes aux yeux. « On se sent à nouveau en vie, on va pouvoir amener nos petits enfants voir leurs autres grands-parents », confie-t-elle.

Adeelia Spence, résidente de Churchill, avec son compagnon et leur enfant devant un train à l'arrêt dans la nuit.

Adeelia Spence, résidente de Churchill, est venue voir le premier train à circuler de nouveau sur le chemin de fer qui mène à sa municipalité.

Photo : Radio-Canada / Patrick Foucault

Adeelia Spence, une autre habitante de Churchill, ne parvient pas à mettre de mots sur le sentiment qu’elle ressent en face de ce premier train, qui signifie qu’elle va pouvoir recevoir la visite de sa famille qui est à Norway House.

Je ne trouve pas les mots. C’est un sentiment qui nous submerge, c’est ce qu’on attendait tous.

Adeelia Spence

Un goulot d’étranglement

Le passage de ce premier train a de quoi réjouir la communauté qui subissait une situation étouffante depuis les inondations du printemps 2017.

« La crise des prix, la dépression, les gens qui quittent la ville parce qu’ils avaient perdu espoir, ils ne pensaient pas que le train reviendrait » sont autant de conséquences observées par Maria Mattice Saunders à la suite de l’arrêt de la circulation ferroviaire.

Une dame d'un certain âge avec des lunettes rectangulaires noires et des cheveux aux reflets mauves relevés regarde la caméra.

Comme de nombreux résidents de Churchill, Maria Mattice Saunders n’a pas quitté la ville depuis un an et demi.

Photo : Radio-Canada / Gilbert Rowan

Comme beaucoup d'autres résidents de cette communauté d’environ 800 habitants, elle n’a pas quitté la ville depuis un an et demi. Nombre d’entre eux ont vu les prix des denrées bondir ces derniers mois.

« L’autre jour, j’ai payé 60 $ pour un rôti », confie Rosie Allen, une résidente.

La fermeture du chemin de fer a également fait grimper les tarifs des importations par voie maritime dans cette ville portuaire, obligeant les commerçants à débourser davantage pour leurs produits.

Quand le train s’est arrêté, on a dû s’adapter à un nouveau monde.

John Hrominchuk, restaurateur à Churchill

« Je ne peux pas vendre mes hamburgers 20 $, explique John Hrominchuk, la plupart des commerçants doivent prévoir 0 % de profit. » Si ce restaurateur payait quelques cent la livre de marchandise avant les inondations, il en paie maintenant 2 $ la livre.

Derrière son comtoir, un homme avec une casquette et un manteau parle à la caméra en soulevant son bras droit, comme pour montrer quelque chose de l'autre côté.

John Hrominchuk, restaurateur à Churchill, payait quelques cents la livre de marchandises avant les inondations, et en paie maintenant 2 dollars la livre.

Photo : Radio-Canada / Gilbert Rowan

Il se dit toutefois optimiste avec la réouverture du chemin de fer.

Ce dont il se réjouit, c’est de l’éventuel retour de tous ceux qui ont quitté Churchill. « On a perdu 100 personnes et j’ai grandi dans cette communauté de gens avec lesquels je suis allé à l’école, avec lesquels j’ai grandi ».

La Municipalité dit que le premier ministre Justin Trudeau sera en ville jeudi matin, sans en préciser les raisons.

D'après les informations de Patrick Foucault

Manitoba

Transports