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À 14 ans, un éleveur d'agneaux fournit une des plus grandes tables de Montréal

On voit l'adolescent de face, en gros plan, devant la ferme familiale à Saint-Michel-de-Bellechasse.

Le jeune producteur d'agneaux Louis Bilodeau

Photo : Radio-Canada / Pier Gagné

Radio-Canada
Prenez note que cet article publié en 2018 pourrait contenir des informations qui ne sont plus à jour.

Louis Bilodeau a commencé à élever des moutons et à en faire le commerce il y a deux ans déjà, quand il avait 12 ans. Il fournit maintenant en viande un des restaurants les plus connus de la métropole, Joe Beef. Portrait d'un entrepreneur agricole hors norme qui partage son temps entre l'école secondaire et sa bergerie.

Un texte de Julie Vaillancourt, de l’émission La semaine verte

Le soleil n’est pas encore levé et Louis Bilodeau se dirige vers la bergerie juste à côté de la maison familiale à Saint-Michel-de-Bellechasse, en Chaudière-Appalaches. Son père est producteur laitier; il lui a cédé un ancien bâtiment à côté de l’étable pour loger ses protégés, une centaine de brebis et deux béliers.

« Au début, je voulais avoir des cochons, mais mon père ne voulait pas, car il trouvait qu’on n’avait pas la place pour ça. Trois jours plus tard, je lui ai proposé d’élever des moutons », explique Louis.

L’adolescent, alors âgé d’à peine 12 ans, n’en voulait pas à titre d’animaux de compagnie. Il voulait un véritable troupeau.

On voit quelques moutons, en gros plan.Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Les moutons sur la ferme à Saint-Michel-de-Bellechasse

Photo : Radio-Canada / Pier Gagné

Sa mère, une femme d’affaires, raconte la réflexion qui s’est amorcée dans le couple. « On en a discuté, son père et moi, et on s’est dit, coudonc, on est qui, nous, pour lui mettre des bâtons dans les roues? Nous-mêmes, on a toujours une multitude de projets en cours, let’s go! », dit en riant Brigitte Fournier.

Quelques jours plus tard, l’adolescent annonçait à ses parents que le marché était conclu.

Il nous a dit : "Ça y est, j’ai trouvé mon troupeau sur Kijiji et il faut que j’aille le chercher d’ici quelques jours!" J’ai dit : Quoi? Sur Kijiji?

Une citation de : Brigitte Fournier

Un membre de la famille qui s’y connaît en production ovine a accompagné Louis chez l’acheteur, question de s’assurer que tout était en règle. La transaction a été conclue : 6000 $ payés rubis sur l’ongle. « J’ai payé ça en argent comptant », raconte fièrement l’adolescent qui a amassé ce magot, au fil des ans, en vendant du maïs sucré à la ferme familiale.

On voit Louis Bilodeau au centre, son père à gauche et sa mère à droite. Ils sourient à la caméra. Deux chiens les accompagnent.Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Louis Bilodeau entouré de ses parents, Rémi Bilodeau et Brigitte Fournier, devant la ferme familiale à Saint-Michel-de-Bellechasse

Photo : Radio-Canada / Pier Gagné

De Saint-Michel-de-Bellechasse au Joe Beef

Depuis, le troupeau s’est agrandi et les affaires vont si bien que Louis vend la totalité de sa production à un acheteur de choix : le Joe Beef, un restaurant réputé de Montréal dont le célèbre chef et animateur américain Anthony Bourdain disait qu’il était une des meilleures tables du Canada.

Comment cette rencontre plutôt improbable a-t-elle pu se produire? La mère de Louis possède un magasin d’antiquités et fournit de la vaisselle au Joe Beef depuis longtemps.

On voit la façade du magasin-atelier. Mme Fournier s'affaire dans l'entrée. Elle fixe des décorations.Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Brigitte Fournier devant son magasin, à Saint-Michel-de-Bellechasse

Photo : Radio-Canada / Pier Gagné

Louis a eu l’idée de faire appel à ses contacts. Brigitte Fournier a donc demandé aux copropriétaires du restaurant s’ils accepteraient d’acheter l’agneau de Louis. La réponse a été positive.

Depuis, l’adolescent leur envoie quatre agneaux par cycle de production. « C’est une viande qui n’est pas trop maigre et qui résiste bien à la cuisson », fait valoir Frédéric Morin, l’un des copropriétaires du Joe Beef, pour décrire la qualité de la viande produite par Louis.

Mardi dernier, la table du chef faisait d’ailleurs honneur à la production de l’adolescent en mettant bien en vue le « Méchoui d’agneau fumé de Louis » sur l’ardoise.

Je fais un choix éthique en privilégiant d’acheter là plutôt qu’ailleurs. Je suis certain que les animaux sont élevés dans le respect et ont eu une bonne vie avant d’être abattus.

Une citation de : Frédéric Morin, copropriétaire du Joe Beef
On voit Louis Bilodeau et Fred Morin, assis côte-à-côte à table, souriant à la caméra.Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Louis Bilodeau en compagnie du chef Fred Morin du restaurant Joe Beef

Photo : Brigitte Fournier

Chose certaine, ce sont des moutons qui ne s’ennuient pas… L’adolescent les intègre à sa vie sociale… « Les amis de Louis s’informent de l’état de santé des moutons, ils passent des après-midi complets à les soigner, les changer de place, ils trippent! », raconte son père Rémi.

« Le vendredi après l’école, mes amis viennent m’aider dans ma routine de soins aux animaux. On est dans un village ici, ils n’ont rien à faire, donc ça change la routine! », conclut le jeune éleveur le sourire aux lèvres.

On voit trois adolescents assis en cercle dans la paille autour de jeunes agnelets. Ils les nourrissent à l'aide de biberons.Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Les jeunes nourrissent les agneaux au biberon

Photo : Brigitte Fournier

Où en sera le jeune entrepreneur dans 10 ans? Il y a fort à parier qu’il aura persévéré dans le métier et que son entreprise aura pris de l’expansion.

Le reportage de Julie Vaillancourt et Pier Gagné est diffusé à l’émission La semaine verte, samedi, à 17 h, à ICI Radio-Canada Télé.

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