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L’interruption du service d’obstétrique à Bathurst est « inacceptable », affirme une médecin

Un nouveau-né dans les bras de sa mère.

Le service est interrompu pour une deuxième fois en une semaine.

Photo : iStock / Enzo Nguyen

Radio-Canada

La pénurie d'infirmières à Bathurst était prévisible et rien n'a été entrepris pour réagir à cet enjeu, déplore une représentante des médecins de la région d'Acadie-Bathurst au réseau de santé Vitalité, qui critique sévèrement l'Hôpital régional Chaleur d'avoir interrompu son service d'obstétrique.

C’est une situation qu’il faut corriger dès que possible, affirme la Dre Natalie Cauchon, présidente de l’organisation du personnel médical de la zone Acadie-Bathurst.

On met à risque le bien-être de nos patientes et de leur bébé. L’hôpital régional de Bathurst a le devoir et la responsabilité de fournir ce soin-là, ce soin de base, ce soin prioritaire, lance-t-elle.

C’est assez. Ça n’aurait pas dû arriver s’il y avait eu davantage de prévention.

Dre Natalie Cauchon, présidente de l’organisation du personnel médical de la zone Acadie-Bathurst
Natalie Cauchon, présidente de l’organisation du personnel médical pour Acadie-Bathurst et médecin de famille dans la région de Bathurst depuis plus de 20 ans.Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Natalie Cauchon, présidente de l’organisation du personnel médical pour Acadie-Bathurst et médecin de famille dans la région de Bathurst depuis plus de 20 ans.

Photo : Radio-Canada

Vitalité a annoncé mardi que le service d’obstétrique, qui s’occupe des suivis des grossesses et d'accouchement, est interrompu à l’Hôpital régional de Bathurst jusqu’à mardi prochain.

Vitalité maintient que la situation est causée par un manque de personnel infirmier dans cette unité.

C’est la seconde fois en une semaine que l’unité ferme ses portes aux patientes.

Une pénurie prévisible

La docteure déplore que peu d’actions ont été entreprises pour répondre aux manques de personnel. Selon elle, la situation se développe depuis un an.

On savait qu’il y aurait un manque d’infirmières, et pourtant la situation n’a pas été corrigée, signale-t-elle.

La réponse est lente. Beaucoup trop lente. C’est inadmissible.

Dre Natalie Cauchon, présidente de l’organisation du personnel médical de la zone Acadie-Bathurst
Hôpital vu de l'extérieurAgrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

L'Hôpital régional Chaleur, à Bathurst

Photo : ICI Radio-Canada/Serge Bouchard

Une pénurie à l'échelle de la province

La vice-présidente du syndicat des infirmières du Nouveau-Brunswick, Maria Richard, indique aussi qu'elle n'est pas surprise par la situation de Bathurst.

Selon elle, il s'agit de la pointe de l'iceberg. Le manque d'infirmières dans les services de natalités est à l'échelle de la province. Plus de 40 % des infirmières du Nouveau-Brunswick songeraient à prendre leur retraite dans les cinq prochaines années, indique-t-elle.

Ça fait des années que l'on dit qu'il y a une pénurie qui s'en vient.

Maria Richard, vice-présidente eu syndicat des infirmières du Nouveau-Brunswick
Maria Richard en entrevue avec un journaliste.Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Maria Richard déplore qu'au milieu de tout ça, ce soient les mamans qui paient le prix. «Le bébé, il ne va pas attendre», lance-t-elle. «On demande à ces familles-là, à ces mamans-là de se déplacer.»

Photo : Radio-Canada / Pierre Richard

Elle indique toutefois que l'hôpital a pris la bonne décision de fermer le service de natalité, puisque continuer en manquant de personnel aurait été dangereux pour les patients et les infirmières.

Recruter des infirmières pour les services d'obstétrique est un défi supplémentaire pour les hôpitaux, car elles doivent avoir suivi une formation particulière, souligne la vice-présidente.

Des journées de travail de 24 h

En situation de pénurie, les infirmières qui demeurent en poste sont épuisées, souligne la docteure. Elles doivent pour la plupart travailler davantage pour compenser le manque de ressources humaines.

Elles ont été contraintes de mettre de côté leur vie familiale et à faire des sacrifices au niveau de leur santé.

Dre Natalie Cauchon, présidente de l’organisation du personnel médical de la zone Acadie-Bathurst

La médecin indique que les infirmières sont parfois contraintes de travailler pendant 24 heures ininterrompues pour répondre à cette pénurie. Ce qui est inhumain, lance-t-elle.

C’est arrivé. C’est arrivé plus d’une fois. C’est malheureux. Mais elles l’ont fait par sens du devoir.

Le réseau de santé Vitalité ne peut pas indiquer la durée complète de l'interruption de service et la date du retour à la normale. Il fera une mise à jour de la situation lundi prochain, indique-t-il dans son communiqué.

D’ici là, les femmes enceintes sont redirigées vers l’Hôpital régional de Miramichi ou l’Hôpital Régional de Campbellton.

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