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Philanthropie : un rapport donne une mauvaise note à la Fondation des Sénateurs

Le logo des Sénateurs d'Ottawa

Le logo des Sénateurs d'Ottawa

Photo : Radio-Canada / Mathieu Gohier

La Fondation des Sénateurs d'Ottawa n'a redonné à la communauté que 46 cents de chaque dollar qu'elle a reçu en 2017, selon un rapport de la Charity intelligence Canada (CIC) — un organisme qui se présente comme un chien de garde des activités des organisations caritatives.

Le rapport, rédigé en août puis mis à jour le 22 octobre dernier, affirme que la fondation de l'équipe ottavienne a récolté 4 362 000 $ en 2017. La CIC s’est également penchée sur le cas de sept autres œuvres caritatives associées à des équipes sportives professionnelles canadiennes. Au chapitre de l’argent qui parvient à la communauté, la Fondation des Sénateurs est avant-dernière.

En moyenne, 75 cents de chaque dollar donné à une œuvre caritative canadienne, tous secteurs confondus, se rendent aux bénéficiaires voulus, avance la CIC. L’Agence du revenu du Canada ne soulèvera probablement pas de questions ou de préoccupations si la proportion d’argent qui se rend dans la communauté est supérieure à 35 cents par dollars.

En entrevue à l'émission Les Matins d'ici, Nicolas Ruszkowski, vice-président du conseil d’administration de la Fondation des Sénateurs d’Ottawa a tenu à remettre ces chiffres dans leur contexte.

Il faut comparer les pommes avec les pommes, a-t-il expliqué. Ils [CIC] font une analyse brute et mathématique de ce qui est compté comme une dépense par rapport à ce qui est compté comme un don.

Selon M. Ruszkowski, la fondation va chercher des fonds de trois façons différentes, par le biais de la loterie 50/50 - les vainqueurs doivent être notés comme étant une dépense à l'Agence du revenu du Canada -, les événements dont la fondation assure les coûts d'organisation et des collectes de fonds comme pour la tornade, dont 100 % des dons sont directement allés aux sinistrés.

Nos frais d’administration sont de 20 % ce qui est tout à fait en ligne avec la grande majorité des fondations qui font bien leur travail, a-t-il poursuivi.

Des réserves importantes

La CIC précise cependant que ces chiffres ne sont pas forcément anormaux, puisque l’administration d’une fondation peut coûter cher. Ces équipes sportives, pour la plupart, ne gèrent pas directement des programmes de charité. Elles lèvent plutôt des fonds chez les partisans avant de les redistribuer à d’autres fondations. Les équipes passent la rondelle, d’une certaine façon, peut-on lire dans le rapport de la CIC.

N'empêche, l'organisme de surveillance note que beaucoup de Fondations associées à des équipes sportives accumulent des réserves considérables par rapport aux sommes redistribuées pour différentes initiatives de bienfaisance.

Quand on parle d'une fondation qui a accès à des vedettes du sport et tout plein d'autres ressources, on pourrait penser qu'elle sera mieux placée que la moyenne pour lever des fonds, suggère Mark Blumberg, un avocat torontois qui oeuvre auprès de fondations partout au pays. On pourrait aussi faire valoir que ces grandes organisations sont en mesure de lever des fonds pour encore moins cher qu'elles le font en ce moment.

Reddition de comptes et transparence

La Fondation des Sénateurs n’est toutefois pas dernière de classe à tous les égards. La CIC donne à l’organisme la note de B+ en matière de reddition de compte. Elle est donc en tête de liste, ex aequo avec la fondation des Blue Jays de Toronto.

La CIC dénote quand même que le manque de transparence de la Fondation des Sénateurs qui, comme la majorité des organismes étudiés, ne donne aucune information sur ses états financiers. La seule façon d’avoir un aperçu des finances de la Fondation des Sénateurs est de faire une demande auprès de la Direction des organismes de bienfaisance du Canada.

Ces fondations sont dans le 4 % des organismes qui amassent le plus d'argent au Canada, fait valoir la directrice générale de la CIC, Kate Bahen. Les Canadiens s'attendent à ce que ces fondations gardent des livres ouverts et disent aux donateurs comment elles dépensent.

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