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Club Med de Charlevoix : les élus appelés à « s’ouvrir les yeux »

Des dizaines de troncs d’arbres coupés sont empilés à l’orée d’une forêt. On aperçoit des arbres dont les feuilles ont revêtu leur teinte automnale.

Le déboisement a commencé au pied des pentes du Massif de Charlevoix.

Photo : Radio-Canada / Marc-Antoine Lavoie

Radio-Canada

Alors qu'ils doivent participer à une rencontre avec les promoteurs du Club Med Québec Charlevoix ce mercredi, plusieurs élus de la région sont priés de « s'ouvrir les yeux ». Des opposants au projet leur ont acheminé une lettre dans laquelle ils font état de leurs préoccupations.

Un texte d’Alexandre Duval

Dans un entretien téléphonique avec Radio-Canada, l’une des signataires de la lettre soutient qu’il faut prendre un « temps d’arrêt, un temps de réflexion nécessaire ».

Véronique Tanguay déplore « l’approbation aveugle » des élus envers ce projet de complexe hôtelier. Totalisant 120 millions de dollars, le futur Club Med comprendra plus de 300 chambres et doit voir le jour en 2020.

Malgré l’ampleur du projet, Véronique Tanguay a l’impression que les citoyens n’ont jamais véritablement eu voix au chapitre.

On a comme l’impression que la population a adhéré [au projet] d’une certaine façon, mais la tête baissée.

Véronique Tanguay, opposante au projet de Club Med Québec Charlevoix

En envoyant une lettre à plusieurs maires et conseillers, les opposants espèrent les sensibiliser à plusieurs enjeux.

Plus qu’une question d’arbres

Les médias ont déjà parlé du déboisement qui a commencé au pied du Massif de Charlevoix, mais il y a aussi des questions économiques, sociales et environnementales à poser, selon Mme Tanguay.

« Ce qui nous interpelle, ce n’est vraiment pas juste la question du déboisement. On voulait dépasser cette question-là », dit-elle.

La lettre des opposants évoque notamment les conséquences du « tourisme de masse » qui découlerait de l’implantation d’un Club Med à Petite-Rivière-Saint-François.

La missive rappelle également aux élus que l’ampleur du projet semble en contradiction avec la vision que les promoteurs défendaient au début des années 2000.

Sommes-nous prêts en tant que collectivité à céder nos richesses (paysages, forêts, etc.) à des capitaux étrangers?

Extrait de la lettre des opposants au projet de Club Med Québec Charlevoix

« Pourrions-nous plutôt envisager en projet écoresponsable qui mettrait en valeur la beauté et la richesse de nos ressources sans les altérer? », écrivent aussi les opposants.

Ces derniers affirment que leurs questions sont légitimes, d’autant plus que des prêts totalisant plus de 36 millions de dollars ont été consentis par les gouvernements du Canada et du Québec pour la réalisation du projet.

Pour le développement

Même s’ils sont opposés au Club Med Québec Charlevoix, les signataires de la lettre ne veulent pas pour autant empêcher tout développement de la montagne.

« On ne veut pas que tout arrête, précise Mme Tanguay. Je suis entièrement d’accord qu’il y ait un développement au Massif, je le suis depuis toujours. Je suis venue dans la région pour ça! Mais pas ça, pas un Club Med, pas un resort. »

À son avis, le développement de nouvelles petites unités qui s’inséreraient discrètement dans la forêt du Massif serait beaucoup plus acceptable.

Mme Tanguay espère que lorsque les élus rencontreront Groupe Le Massif, ils auront en tête une perspective qui prend en considération les changements climatiques et la destruction des écosystèmes.

« J’espère que ça va leur ouvrir les yeux sur ces aspects-là qui ont peut-être été très facilement balayés sous le tapis », dit-elle.

« C'est réglé pour le Club Med »

La lettre des opposants n'a pas convaincu la préfet de la MRC de Charlevoix. Claudette Simard reconnaît que Groupe Le Massif aurait pu mieux communiquer sur le démarrage des travaux, mais il n'est pas question de reculer.

C’est réglé pour le Club Med. Il y a aura un Club Med dans Charlevoix. Ils répondent aux normes, aux règles.

Claudette Simard, préfet de la MRC de Charlevoix

Mme Simard rappelle que des consultations ont déjà eu lieu aux balbutiements du projet. À son avis, les propos des opposants vont trop loin.

« C’est comme si on retournait quatre ou cinq ans en arrière, quand on a commencé à travailler sur le projet », illustre-t-elle.

La préfet soutient aussi que la couverture médiatique des dernières semaines était trop négative. « Ça va beaucoup trop loin et c’est toujours de la mauvaise publicité qui se fait en lien avec Charlevoix. »

Quant à la rencontre de mercredi, elle doit permettre à Groupe Le Massif de faire une mise à jour du projet et de répondre aux questions des élus de Charlevoix.

Rappelons que Groupe Le Massif tiendra aussi quatre « rencontres thématiques » au début du mois de novembre avec des organismes et des citoyens, dont des opposants.

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