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Après le meurtre de Khashoggi, Washington appelle à la fin de la guerre au Yémen

Un bâtiment détruit par des frappes aériennes à Sanaa, Yémen, le 6 juin 2018.

Washington fournit une aide logistique à la coalition saoudienne et ravitaille en carburant les avions saoudiens qui combattent au Yémen.

Photo : Reuters / Khaled Abdullah

Agence France-Presse

Les États-Unis ont appelé mardi à la fin de la guerre au Yémen, demandant notamment que cessent les frappes aériennes de la coalition menée par l'Arabie saoudite, un changement de ton après le meurtre du journaliste saoudien Jamal Khashoggi.

Washington, qui réclame l'ouverture de négociations de paix d'ici 30 jours, estime toutefois toujours que le premier pas doit être fait par les rebelles houthis soutenus par l'Iran chiite, bête noire commune des Américains et de leurs alliés sunnites saoudiens.

Le message a été relayé par le secrétaire à la Défense Jim Mattis puis par le chef de la diplomatie américaine Mike Pompeo.

S'ils n'ont fait aucune référence directe à la mort du journaliste critique de Riyad, qui a terni l'image du royaume et fait naître de lourds soupçons sur le rôle du prince héritier Mohammed ben Salmane, cette nouvelle fermeté américaine intervient dans un contexte où l'administration de Donald Trump est pressée par le Congrès pour prendre ses distances avec l'Arabie saoudite.

Négocier la paix

« L'heure est maintenant à la fin des hostilités, ce qui inclut les tirs de missiles et de drones venant de zones contrôlées par les Houthis vers le Royaume d'Arabie saoudite et les Émirats arabes unis », a déclaré Mike Pompeo dans un communiqué.

« Les frappes aériennes de la coalition doivent ensuite cesser dans toutes les zones peuplées du Yémen », a-t-il ajouté.

Jim Mattis a plaidé pour le même enchaînement et a appelé tout le monde à rejoindre la table de négociations sur la base d'un cessez-le-feu qui verrait d'abord un retrait des rebelles houthis de la frontière avec l'Arabie saoudite, puis un arrêt des bombardements de la coalition arabe.

L'arrêt des hostilités permettra à l'émissaire des Nations unies pour le Yémen, le Britannique Martin Griffiths, de réunir les différentes parties en Suède, a poursuivi le chef du Pentagone.

« Nous devons faire ça d'ici 30 jours [...] et je pense que l'Arabie saoudite et les Émirats arabes unis sont prêts », a-t-il ajouté au cours d'une conférence à Washington, après avoir rencontré plusieurs dirigeants arabes le week-end dernier en marge du Dialogue de Manama, une rencontre annuelle sur la sécurité à Bahreïn.

Mike Pompeo a aussi demandé de premières consultations sous l'égide de l'émissaire de l'ONU en novembre dans un pays tiers pour évoquer notamment la démilitarisation des frontières et la concentration de toutes les armes lourdes sous le contrôle d'observateurs internationaux.

La dernière tentative de Martin Griffiths d'organiser des pourparlers de paix, en septembre à Genève, s'était soldée par un échec, en l'absence des Houthis.

 Plus de 5 millions d'enfants menacés par la famille au Yémen selon l'organisme Save the childrenAgrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Un enfant souffrant de malnutrition est soigné dans un hôpital de Sanaa au Yémen.

Photo : Reuters / Khaled Abdullah

La guerre, qui a fait quelque 10 000 morts et engendré la pire crise humanitaire actuelle dans le monde selon l'ONU, oppose des forces progouvernementales aux rebelles soutenus par l'Iran, qui se sont emparés en 2014 et 2015 de vastes régions du Yémen, dont Sanaa, la capitale. En mars 2015, la coalition sous commandement saoudien est intervenue en soutien des forces loyalistes.

Guerre sanglante et allié embarrassant

L'armée américaine fournit une aide logistique à l'Arabie saoudite et aux Émirats et partage des renseignements avec ces alliés-clés.

Face aux accusations de frappes aveugles et de bavures de la part de Riyad, qui ont coûté la vie à des centaines de civiles, l'administration Trump était déjà sous pression pour inciter les Saoudiens à rentrer dans le rang, voire à réduire leur soutien militaire.

Après le meurtre de Jamal Khashoggi, le 2 octobre dans le consulat saoudien à Istanbul, cette pression du Congrès s'est accrue, d'autant que la crise frappant le royaume a des répercussions internationales.

Si les États-Unis, comme la France, excluent de cesser de vendre des armes à Riyad, l'Allemagne a choisi d'arrêter ses exportations d'armements. En revanche, le changement de ton de Washington sur la guerre au Yémen fait écho aux propos de la ministre française des Armées Florence Parly, qui a estimé mardi qu'il était plus que temps que ce conflit cesse.

Du côté canadien, le gouvernement n'a pas complètement fermé la porte à l'annulation du contrat de vente de blindés à l'Arabie, mais il a évoqué une facture qui risquait d'être salée.

Conflits armés

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