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Des enfants canadiens détenus en Syrie doivent être sauvés, soutient une ONG

Alexandra Bain du groupe Families Against Violent Extremism (FAVE)  devant John Letts, père de Jack Letts.

Alexandra Bain du groupe Families Against Violent Extremism (FAVE) devant John Letts, père de Jack Letts

Photo : La Presse canadienne / Sean Kilpatrick

La Presse canadienne
Prenez note que cet article publié en 2018 pourrait contenir des informations qui ne sont plus à jour.

Les enfants canadiens détenus en Syrie méritent l'aide du gouvernement fédéral pour les sortir de là avant l'hiver, estime un organisme qui prend leur défense au Canada.

Alexandra Bain, directrice de Families Against Violent Extremism, soutient que parmi les Canadiens détenus par les autorités kurdes en territoire syrien, on compte neuf familles et au moins 10 enfants. Selon elle, certains de ces enfants étaient très jeunes lorsqu'ils ont été emmenés en Syrie et d'autres y sont nés.

En conférence de presse à Ottawa, mardi, Mme Bain a déclaré que ces enfants devront affronter les maladies et un hiver rigoureux. Selon l'organisme, ces enfants vivent de riz et de pâtes, et il n'y a pas de couches ni de lait pour les nourrissons.

Mme Bain estime que le gouvernement canadien a le devoir de protéger ses citoyens.

Le ministère des Affaires étrangères a affirmé qu'il avait ouvert un canal de communication avec les geôliers kurdes détenant ces enfants canadiens et leurs familles en Syrie, mais qu'il n'avait pas été en mesure d'obtenir leur libération en raison de la situation instable.

Le groupe de Mme Bain et un autre organisme bénévole sont prêts à assumer les frais pour sortir ces Canadiens d'une zone de guerre, mais ils ont besoin de l'aide du gouvernement.

L'organisme reconnaît que toutes les personnes emprisonnées en Syrie devraient faire l'objet d'une enquête des autorités canadiennes. Et il est possible que certaines d'entre elles soient poursuivies pour leurs activités à l'étranger, a admis Mme Bain.

Selon Global News, au moins 13 Canadiens, 3 terroristes présumés, leurs femmes et leurs enfants seraient actuellement détenus en Syrie. Parmi eux : Jack Letts, fils d'un Canadien et d'une Britannique, qui a grandi au Royaume-Uni.

Alexandra Bain, directrice de Families Against Violent Extremism (FAVE) et John Letts, père de Jack Letts.Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

John Letts soutient que son fils Jack n'est pas un terroriste et qu'il a plutôt été victime de sa naïveté.

Photo : La Presse canadienne / Sean Kilpatrick

« Jihadi Jack »

Son père, John, était présent sur la colline du Parlement mardi pour demander la libération de ces Canadiens détenus en Syrie.

Il a qualifié de « fausses nouvelles » les informations selon lesquelles son fils serait un terroriste; il a jeté le blâme sur un journaliste britannique, qui l'avait surnommé « Jihadi Jack ».

Mme Bain et M. Letts ont rencontré, mardi, à Ottawa, de hauts responsables d'Affaires mondiales Canada pour plaider leur cause.

Les diplomates canadiens ont établi un canal de communication avec les autorités kurdes locales afin de vérifier le sort et le bien-être des citoyens canadiens.

Stefano Maron, porte-parole d'Affaires mondiales Canada

« Le gouvernement du Canada est investi dans ces dossiers et fournit de l'aide, dans la mesure du possible », a ajouté M. Maron.

Un responsable du gouvernement canadien, qui a requis l'anonymat en raison du caractère délicat de la situation, a affirmé que même s'il leur était possible de quitter la Syrie, les détenus canadiens « seraient très probablement arrêtés par les autorités et feraient l'objet de graves accusations dans des pays voisins ».

État islamique, le règne de la terreur

Un « jeune homme naïf »

Dans une lettre adressée à des députés canadiens, John Letts écrivait récemment que son fils est un « jeune homme naïf parti en Syrie dans l'espoir de contribuer à la création d'un État musulman utopique et pacifique », mais qui s'est retrouvé pris au piège lorsque des terroristes islamistes ont pris le contrôle des points de sortie à Raqqa, la ville syrienne que le groupe armé État islamique revendiquait comme capitale de son « califat ».

M. Letts soutient dans sa lettre que les geôliers kurdes s'étaient publiquement déclarés disposés à livrer son fils aux autorités canadiennes. Il soutient également qu'Affaires mondiales Canada a indiqué à la famille pendant des mois qu'Ottawa travaillait pour la libération du jeune homme, mais que le ministère aurait récemment décidé que l'entreprise était trop périlleuse.

« Cela a évidemment quelque chose à voir avec les élections qui s'en viennent », a soutenu M. Letts mardi.

« Nous avons d'assez bonnes preuves que les Britanniques ont donné le ton en affirmant que [...] personne ne doit rompre les rangs en laissant ces gens revenir, et je pense que le Canada y réagit », a-t-il poursuivi.

Plus tôt ce mois-ci, le chef conservateur Andrew Scheer avait critiqué le gouvernement de Justin Trudeau pour les contacts qu'auraient eus des responsables consulaires avec les Letts.

M. Scheer a décrit le jeune Jack Letts comme un « combattant djihadiste reconnu ».

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