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Les pêches face aux défis de la relève

Des travailleuses et travailleurs d'usine travaillent à la chaîne afin d’apprêter le crabe.
Des travailleuses et travailleurs d'usine travaillent à la chaîne afin d’apprêter le crabe. Photo: Radio-Canada / Nicolas Steinbach
Radio-Canada

Le mot relève était sur bien des lèvres au premier Colloque sur les pêches et l'aquaculture en Gaspésie et au Bas-Saint-Laurent organisé par le ministère de l'Agriculture, des Pêcheries et de l'Alimentation.

Un texte de Joane Bérubé

La plupart ont plus de 50 ans dans tous les secteurs confondus et la relève est absente, c’est ainsi que Marjorie Chrétien, directrice du comité sectoriel de main-d’œuvre des pêches maritimes décrit la situation.

Et elle ajoute que la situation est la même partout sur les ponts comme dans les usines.

Des gens dans une sallePlus de 170 personnes ont participé au premier colloque sur les pêches et l'aquaculture en Gaspésie et au Bas-Saint-Laurent Photo : Radio-Canada

Si le manque de main-d’œuvre se fait déjà sentir, il est aussi prévisible qu’il soit encore plus important dans les prochaines années.

Selon le comité sectoriel de la main-d’œuvre, 33 % des entreprises du secteur de la capture prévoient embaucher dans les prochaines années, c’est 89 % pour les usines de transformation et 64 % en aquaculture.

Même si les besoins sont criants, le portrait que trace Mme Chrétien n’est pas si noir.

Les travailleurs qui sont dans l’industrie sont généralement satisfaits de leurs conditions de travail, selon une enquête menée par le comité pour effectuer un diagnostic de la situation.

Les relations avec l’équipe et les relations de travail en général semblent compenser pour les conditions de travail jugées difficiles. On parle de froid, de beaucoup d’heures de travail condensées sur de courtes périodes, souligne Mme Chrétien.

Table ronde sur la relève dans le secteur des pêchesTable ronde sur la relève dans le secteur des pêches Photo : Radio-Canada

C’est encore plus évident dans la capture où les travailleurs se disent attirés par un travail en pleine nature. Les métiers à bord des bateaux sont d’ailleurs des choix de carrière effectués en fonction du mode de vie.

Ce sont des gens passionnés, relève Marjorie Chrétien, les gens qui sont là depuis des années, ont toujours travaillé pour l’entreprise et ont vraiment un sentiment d’appartenance pour le secteur. Ce sont des gens de régions.

C’est aussi vrai pour les travailleurs de la transformation, qui, même s’ils sont vieillissants, aiment leur métier. La majorité de ces travailleurs (54 %) prévoient toujours être dans la même entreprise dans deux ans, ce qui garantit tout de même une certaine stabilité.

Améliorations attendues

Reste que les travailleurs manifestent aussi certaines insatisfactions, dont le nombre de congés, les possibilités d’avancement, le salaire, la progression salariale ou le manque d’avantages sociaux.

Pour contrer le problème, les salaires ont été majorés au cours des dernières années.

Malgré tout, la paie reste un enjeu. Plus de 50 % des travailleurs d’usines reçoivent moins de 16 $ l’heure. Les salaires à bord des bateaux se sont aussi améliorés.

Un aide-pêcheur peut maintenant gagner 21 $ l’heure.

D’autres solutions émergent comme la valorisation du secteur des pêches et des métiers qui s’y rattachent. Les formations adaptées aux besoins de l’industrie et plus conformes aux réalités des métiers sont maintenant offertes par l’École nationale des pêches de Grande-Rivière.

Plusieurs industriels se tournent aussi vers les travailleurs étrangers. C'est le cas de E. Gagnon et fils dont la première expérience cet été a été concluante. Les travailleurs mexicains pourraient donc être de retour en Gaspésie l'an prochain.

Ce premier colloque est issu d’une réflexion d’un comité qui a ciblé des enjeux prioritaires pour l’industrie, dont celui de la relève.

Un des objectifs était de partager le portrait du secteur avec tous les membres de l’industrie, indique Louis Bigaouette du ministère de l’Agriculture, des Pêcheries et de l’Alimentation.

Louis Bigaouette du MAPAQLouis Bigaouette du MAPAQ Photo : Radio-Canada

L’expérience s’est avérée concluante, selon M. Bigaouette.

Le sous-ministre des Pêches, Aziz Niang, était absent, retenu à Québec pour une rencontre avec le Cabinet du nouveau ministre des Pêches, André Lamontagne.

Gaspésie et Îles-de-la-Madeleine

Industrie des pêches