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Des candidats à l'immigration s'impatientent et lancent une pétition

Un stylo sur un formulaire d'immigration du gouvernement du Canada.

Plusieurs centaines de candidats à l'immigration au Manitoba et au Nouveau-Brunswick dénoncent des délais trop longs dans le processus d'obtention de la résidence permanente.

Photo : Radio-Canada

Radio-Canada

De nombreux candidats francophones du Manitoba et du Nouveau-Brunswick se sont organisés en collectif et ont lancé une pétition adressée au ministère de l'Immigration du Canada. Ils dénoncent des délais de traitement des dossiers, jugés trop longs pour l'obtention de la résidence permanente.

Un texte de Pierre Verrière

Depuis le mois de mars 2018, Mourad Hachid attend désespérément un signe d'Immigration, Réfugiés et Citoyenneté Canada au sujet de sa demande de résidence permanente. Il vit en Algérie, d'où il est originaire, mais depuis plusieurs années, tous ses efforts sont concentrés vers son projet d'immigration au Canada.

Il a choisi de s'installer dans la province du Manitoba, plus précisément dans sa capitale, Winnipeg. Il a commencé sa procédure d'immigration en 2016 et a déjà obtenu la désignation de sa province d'accueil. Il attend maintenant sa résidence permanente qui ne vient pas.

« On met notre vie professionnelle, familiale, entre parenthèses, car il faut beaucoup d'investissement, et là, on est arrivé à un moment où on se pose des questions », explique le journaliste de 49 ans, qui, en Algérie, est rédacteur en chef du service web du plus grand quotidien national, El Watan.

Reste que le sésame pour le Canada n'est toujours pas dans sa ligne de mire.

Un homme porte des lunettes noires.

Mourad Hachid est un candidat algérien à l'immigration au Manitoba qui a signé la pétition en ligne lancé par le Collectif des candidats francophones des provinces.

Photo : Radio-Canada

Son cas est loin d'être isolé, à tel point que lui et plusieurs centaines d'autres candidats francophones à l'immigration ont décidé de créer un collectif.

Baptisé Collectif des candidats francophones des provinces, il a lancé une pétition adressée au ministre de l’Immigration, des Réfugiés et de la Citoyenneté du Canada, Ahmed D. Hussen.

« Beaucoup d’entre nous avaient accueilli avec enthousiasme l’annonce des objectifs d’immigration sur les trois prochaines années, pensant pouvoir rejoindre notre future terre d’accueil dans les plus brefs délais », peut-on lire dans la lettre soumise au ministre.

« Au lieu de cela, la durée de traitement qui avoisinait les 7 mois il y a de cela 2 ans a été plus que doublée, atteignant les 19 mois aujourd’hui, et ce, sans aucune garantie de voir ce délai se stabiliser ou diminuer. »

Les signataires de la pétition sont, à l'instar de Mourad Hachid, issus du programme des candidats du Manitoba et du Nouveau-Brunswick, et ont souvent obtenu la désignation de ces provinces leur permettant de faire une demande de résidence permanente.

Ceux qui n'hésitent pas à se qualifier de « laissés-pour-compte » du système d'immigration canadienne s'estiment moins bien traités que d'autres candidats à l'immigration, comme les candidats du Québec ou du programme Entrée Express. Ce dernier est un système de sélection pour l’immigration canadienne géré directement par le gouvernement fédéral et conçu pour sélectionner des travailleurs qualifiés souhaitant immigrer au Canada.

« C'est ce décalage entre les candidats des provinces et les candidats Entrée Express qui nous poussent à nous poser cette question : Sommes-nous au même niveau de droit vis-à-vis du fédéral, nous payons les mêmes frais de traitement de dossier, nous payons les mêmes frais de résidence permanente, mais il y a différents traitements », regrette Mourad Hachid.

Conseillère en immigration au Centre de développement économique des municipalités bilingues du Manitoba (CDEM), Brigitte Léger modère ces propos et rappelle que les deux types de candidatures ne sauraient être comparés.

« Il y a toujours eu un programme d'immigration fédéral et il y a toujours eu des programmes différents par province en matière d'immigration », souligne-t-elle.

« Le programme Entrée Express veut dire ce qu'il veut dire, il s'agit d'un programme fédéral très sélectif au bout duquel les candidats obtiennent leur résidence permanente en six mois ou moins. Pour le Manitoba, la durée d'obtention de la résidence permanente varie, mais peut prendre en général jusqu'à 18 mois. »

Malgré les tentatives de Radio-Canada pour contacter Immigration, Réfugiés et Citoyenneté Canada et la province du Manitoba, il n'a pas été possible d'obtenir de réactions.

Manitoba

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