•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

L’art autochtone au coeur de la nouvelle bibliothèque de Calgary

Sur le panneau de gauche, trois cavaliers autochtones se baladent dans les Prairies. Sur le deuxième, une mère tient son bambin dans ses bras devant une rivière et des montagnes. Sur le panneau de droite, des adolescents autochtones se racontent des histoires autour d'un feu, entourés par leurs aînés peints en tons de gris.
Un triptyque représentant le passé, le présent et l'avenir des communautés autochtones du Canada accueille les visiteurs dans la nouvelle bibliothèque. Photo: Radio-Canada / Audrey Neveu
Radio-Canada

Dès qu'ils mettront les pieds dans la nouvelle bibliothèque centrale de Calgary, à compter du 1er novembre, les visiteurs seront accueillis par une peinture murale gigantesque, la pièce de résisance parmi les nombreuses oeuvres autochtones présentes dans le bâtiment. Fruit du travail de trois artistes de trois Premières Nations différentes, l'oeuvre offre une vision très personnelle de leur histoire.

Un texte d’Audrey Neveu

Photo à la main, Keegan Starlight met la touche finale au portrait d’un jeune enfant dans les bras de sa mère, au centre de l’oeuvre en trois temps, qui représente le passé, le présent et le futur des communautés autochtones du Canada. Cette oeuvre, qui symbolise le présent, il y met une touche bien personnelle avec ses personnages. « C’est ma femme qui tient mon garçon. Il a 6 mois maintenant », raconte l’artiste de la Première Nation de Tsuu T’ina, les yeux pétillants.

En mettant de l’avant une figure féminine, Keegan Starlight voulait rappeler aux visiteurs l’importance de la famille dans les différentes cultures autochtones. « Les femmes, ce sont les piliers de nos communautés. Ce sont elles qui s’assurent que nos familles sont en bonne santé et qu’elles vont de l'avant, tous les jours », explique-t-il.

Keegan Starlight peint la bouche d'un bébé tenu dans les bras de sa mère sur la murale, en s'inspirant d'une photo de sa femme et son fils qu'il tient dans sa main.L'artiste Keegan Starlight veut démontrer grâce à son oeuvre les progrès et les succès des Premières Nations du Canada. Photo : Radio-Canada / Audrey Neveu

Ce rôle est d’autant plus important que de nombreuses familles souffrent de la disparition et du meurtre de milliers de femmes autochtones depuis des décennies. « Cette oeuvre, c’est ma réponse à cela », ajoute l’artiste.

À ses côtés, Kalum Teke Dan, perché sur une échelle, applique sur la toile du blanc, du jaune et de l'orange pour créer les rayons d’un soleil levant. Sous celui-ci, des aînés veillent sur des adolescents autochtones qui rient autour d’un feu. Les histoires qu’ils se racontent se matérialisent autour d’eux.

Kalum Teke Dan est monté sur une échelle entrain de peindre son oeuvre, représentant une montagne, un chef autochtone et des jeunes autour d'un feu.Kalum Teke Dan a choisi de placer les jeunes au centre de son oeuvre, car il croit qu'il faut prendre soin d'eux pour réussir dans l'avenir. Photo : Radio-Canada / Audrey Neveu

« J’essaie de démontrer qu’on est fiers de notre culture et de m’éloigner des stéréotypes », explique l’artiste de la tribu Blood, chargé d’illustrer la partie de l’oeuvre représentant le futur.

La réconciliation à coups de pinceau

Aux yeux des trois artistes, il n’y a pas de meilleur endroit pour amorcer un dialogue sur la réconciliation qu’une bibliothèque. « Ce projet, c’est le prochain pas dans l’inclusion de toutes les Premières Nations au Canada », dit Keegan Starlight.

Il croit que l’art permet de transmettre des messages difficiles à entendre pour un grand nombre de personnes.

Je crois que beaucoup de personnes ne veulent pas entendre parler des problèmes que nous vivions, notamment à propos des femmes disparues et assassinées. Cette oeuvre, c’est une manière plus subtile d’exprimer nos inquiétudes, le fait que nous sommes en danger.

Keegan Starlight, artiste de la Première Nation de Tsuu T'ina

À l’aube de ses 70 ans, l’aîné du trio, l’artiste Stoney Nakoda Roland Rollinmud, est toutefois optimiste. Responsable de la partie de l'oeuvre sur le passé, il croit que les Albertains, surtout les jeunes, sont réceptifs à leur message. « Il faut raconter ce qu’on a vécu et ils vont comprendre avec le temps », croit-il.

Roland Rollinmud pose devant une portion de son oeuvre représentant des cavaliers autochtones à cheval.L'artiste Roland Rollinmud s'est appuyé sur les traditions orales que lui ont transmis ses ancêtres pour illustrer la partie du passé de l'oeuvre. Photo : Radio-Canada / Audrey Neveu

Comme ses collègues, il espère que la présence de la peinture murale à l’entrée de la bibliothèque suscitera des discussions avec les Albertains et qu’elle ouvrira leur coeur à la réconciliation.

Alberta

Autochtones