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Le nuage informatique, une technologie très lucrative

Le Québec, pôle mondial du nuage informatique

Le Québec, pôle mondial du nuage informatique

Photo : Radio-Canada

Agence France-Presse

Aujourd'hui, l'informatique dématérialisée ou en nuage (cloud) ne sert pas qu'à sauvegarder vos milliers de photos de vacances, loin de là. Elle fait aussi tourner votre ordinateur au bureau et vous permet de regarder une télésérie où et quand vous le voulez, sur votre téléphone intelligent ou votre télévision connectée.

Qu'on regarde YouTube ou qu'on publie sur Facebook, le nuage numérique est omniprésent. Il désigne la fourniture de logiciels, de services et d'espaces de stockage à la demande via Internet, par opposition à ce qui est situé dans la mémoire ou le disque dur de l'ordinateur ou du téléphone intelligent.

Le nuage fonctionne grâce à des serveurs qui stockent et brassent les montagnes de données. Concrètement, pour le grand public, il permet de sauvegarder les courriels, les photos, les films ou la musique à distance : c'est ce qui a permis l'essor de l'écoute en ligne de la musique et de la vidéo (Netflix, Spotify, etc.).

Côté professionnel, de plus en plus d'institutions et d'entreprises ont recours au nuage, pour faire fonctionner leurs applications, utiliser des logiciels en ligne, stocker ou analyser leurs données.

Elles peuvent recourir pour cela à des systèmes fournis par des tiers, comme Amazon, Google ou Microsoft. Les clients qui utilisent ces nuages publics paient selon le volume de stockage ou la puissance utilisés. Ce système est plus souple et moins coûteux que l'informatique traditionnelle.

Nuage privé ou public?

Si l'entreprise veut garder entièrement la main sur son système, elle peut créer un nuage privé, entièrement sur mesure, qui lui sera dédié, mais sera plus coûteux.

Beaucoup d'entreprises ont en fait besoin d'un système hybride, alliant le coût, la puissance et la souplesse du nuage public et la sécurité du nuage privé.

Certains piochent chez différents fournisseurs de nuages publics : par exemple, Amazon pour l'infrastructure ou Google pour l'analyse de données. Cela permet aussi de ne pas dépendre d'un seul fournisseur, susceptible de subir un piratage par exemple.

Il faut donc que ces différents univers soient compatibles, ce qui explique les rachats de plateformes de logiciels libres qui permettent ces interactions : GitHub par Microsoft pour 7,5 milliards de dollars en juin, par exemple.

En un peu plus d'une décennie, le nuage est devenu un des marchés de l'informatique à la plus forte croissance et aux marges les plus juteuses.

Le ministère de la Défense américain a ainsi lancé un appel d'offres qui pourrait atteindre 10 milliards de dollars.

Les experts considèrent que nous sommes aujourd'hui dans la deuxième décennie du nuage, qui va permettre le déploiement à grande échelle d'une nouvelle vague technologique de laquelle on voit les débuts avec la réalité augmentée ou les innombrables objets connectés.

Selon le cabinet Gartner, le marché de l'infonuagique à lui seul pourrait passer de 187 milliards de dollars dans le monde à près de 340 milliards en 2022.

Amazon Web Services (AWS) domine le marché. Amazon fait figure de pionnier du nuage public depuis qu'il a commencé il y a plus d'une dizaine d'années à louer via Internet de l'espace dans ses serveurs à d'autres entreprises souhaitant y stocker leurs données ou y faire tourner leurs services en ligne.

AWS est le segment le plus rentable du groupe : chiffre d'affaires de 6,7 milliards pour un bénéfice opérationnel de 2,1 milliards de dollars au troisième trimestre.

S'il a pris le train en marche, Microsoft doit aujourd'hui sa santé au nuage. Pour son premier trimestre (juillet-août-septembre) de l'année budgétaire en cours, le nuage commercial a représenté 8,5 milliards de dollars de chiffre d'affaires.

Google ne donne pas de chiffres détaillés, mais ses autres revenus (hors publicité), qui comprennent les activités du nuage, ont représenté 4,6 milliards de dollars au troisième trimestre.

Le Chinois Alibaba Cloud revendique une part de 47,6 % du marché chinois.

Techno