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Québec cherche à se sortir du projet éolien Apuiat

Une éolienne.

Le projet éolien d'Apuiat aurait coûté de l'argent aux contribuables, selon la direction d'Hydro-Québec.

Photo : Yvon Thériault/Radio-Canada

Radio-Canada

Le gouvernement caquiste planche sur différentes options pour se sortir d'une façon élégante du projet éolien Apuiat, à Port-Cartier, sur la Côte-Nord, a pu faire confirmer Radio-Canada. Cher au gouvernement libéral de Philippe Couillard, le projet était contesté par la haute direction d'Hydro-Québec, qui le jugeait inutile et contre-productif, un jugement partagé en campagne électorale par la CAQ.

Développé en partenariat avec la Nation innue, le projet devait stimuler l’économie de la communauté et y créer des emplois. « Le but premier du projet [Apuiat] reste de créer des retombées économiques structurantes pour les communautés innues, et ce, à un prix compétitif », avait déclaré l'ancien gouvernement libéral par voie de communiqué en août dernier.

Le gouvernement Couillard estimait que le projet d’Apuiat constituait la clé pour le développement du Nord québécois. Il croyait que la concrétisation du projet éolien était essentielle pour s’assurer de la collaboration des Premières Nations pour le développement des autres projets sur des territoires revendiqués par ces dernières.

De son côté, le PDG d'Hydro-Québec s’opposait au projet, le jugeant non rentable, en plus d’ajouter une capacité de production d’électricité inutile dans un contexte de surplus énergétique.

La société d’État s’attendait à perdre de 1,5 à 2 milliards de dollars au cours des 25 prochaines années.

Le changement de gouvernement à Québec a toutefois modifié la donne, et Hydro-Québec a désormais été mandatée par le gouvernement de la CAQ pour trouver des solutions « qui satisferaient les communautés », selon des sources de Radio-Canada.

« Notre position n’a pas changé. Dans un contexte de surplus d’électricité, ce projet n’est pas rentable, a déclaré le ministre de l’Énergie et des Ressources naturelles, Jonatan Julien. « Nous allons prendre le temps de rencontrer les parties prenantes et les Premières Nations avant d’officialiser notre décision. »

Selon La Presse, qui la première a publié l'histoire, les jeux seraient cependant déjà faits.

La Nation innue a conclu un partenariat avec l’entreprise Boralex en septembre 2016, formant la Société Apuiat et Boralex, afin de réaliser le développement du projet. Évalué à 600 millions de dollars, celui-ci créerait 400 emplois durant la phase de construction du projet éolien et de 10 à 15 emplois après la mise en service.

Entente de principe sur Apuiat

En dépit de l’opposition au projet du PDG d’Hydro-Québec, Éric Martel, la société d’État a conclu une entente de principe, le 22 août dernier, avec la société Boralex et les Innus pour développer le projet éolien.

Toutes les parties avaient toutefois convenu d’attendre le résultat des élections provinciales avant d’entériner le contrat d’achat d’électricité.

L’entente de principe prévoyait qu’Hydro-Québec achète l’électricité produite par les Innus et leur partenaire Boralex. Une entente dont se réjouissait le maire de Port-Cartier, Alain Thibault.

Les Innus ne sont plus dans une logique de rente

Dans un communiqué rendu public mardi après-midi, la Société Apuiat et Boralex s'est dite déçue d’apprendre les intentions du gouvernement dans les médias.

Les partenaires affirment que « les Innus sont dans une logique de réaliser leurs propres projets d’investissement, pour construire quelque chose de durable et renouvelable, pour développer une expertise et une fierté ».

C’est près d’une dizaine de millions de dollars de plus qui seraient versés annuellement aux communautés innues.

La Société Apuiat et Boralex, dans un communiqué

La Société Apuiat et Boralex a rappelé que le projet créerait des centaines d'emplois lors de la période de construction dans une région qui en a besoin : « La ville de Port-Cartier, la Côte-Nord et les travailleurs innus ont besoin d’emplois de qualité qui seraient générés par le projet. »

« Les pertes annoncées par Hydro-Québec demeurent inexplicables », a affirmé la Société Apuiat et Boralex. Elle a maintenu que le projet est concurrentiel et qu'Hydro-Québec pourrait en tirer profit en revendant « à bon prix » l’électricité produite par Apuiat.

La Nation innue, c’est le promoteur du projet et, pour moi, c’est important que le promoteur ne soit pas tenu à l’écart.

Ghislain Picard, chef régional, Assemblée des Premières Nations du Québec et du Labrador

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